Combattant varié

Philomachus pugnax

Espèce chassable

Migrateur assez rare ; hivernant rare

Statut en Europe et en France

Aujourd’hui, la population européenne du Combattant varié est concentrée dans les trois grands pays scandinaves (Norvège, Suède, Finlande). Toutes les autres populations européennes sont au bord de l’extinction (Pologne, Pays-Bas, Danemark, Allemagne, Royaume-Uni). Le déclin est donc important.

En France, pays situé à la marge sud-ouest de l’aire de répartition de l’espèce, le Combattant a toujours été un nicheur rare et irrégulier, même si quelques mentions du XIXe siècle laissent persister un doute. Il est malgré tout acquis qu’il était mieux représenté au siècle dernier. Actuellement, il est considéré comme nicheur irrégulier, localisé à certains sites très ponctuels de l’ouest de la France.

Le Combattant est surtout représenté en France par les migrateurs et les hivernants, le nombre de ces derniers (250 individus en moyenne) étant en fort déclin depuis les années 1970. Les oiseaux de passage sont issus du nord de l’Europe et de la Russie, et se rendent dans le sud-ouest de l’Europe, en Afrique du Nord et en Afrique tropicale. Des estivants non nicheurs sont parfois notés ça et là dans notre pays.

Le Combattant varié est considéré comme Quasi menacé comme migrateur en France et comme En danger dans la liste rouge des oiseaux nicheurs de l’Union européenne (UICN).

Statut en Normandie

Le Combattant varié est un migrateur assez rare en Normandie, en net déclin, localisé dans les grandes zones humides littorales (Baie de Seine, baie des Veys, estuaires), plus rare encore à l’intérieur des terres. Aucune preuve formelle de nidification n’existe en Normandie, mais des oiseaux en parades ont été observés (marais du Cotentin, baie de Seine) qui correspondent cependant probablement à des migrateurs.

Actuellement, seuls quelques oiseaux sont notés au passage postnuptial, de juillet à mi-novembre (surtout août-septembre), et au passage prénuptial de mars à mai. Les observations concernent souvent des oiseaux isolés ou de tout petits groupes, mais lors du passage de printemps, les groupes peuvent rassembler quelques dizaines d’individus.

Pour la Haute-Normandie, Olivier indiquait en 1938 : « Commun à son double passage ».

Écologie et habitat

Son milieu optimal est représenté par les pâturages extensifs humides avec mares, zones vaseuses, et idéalement une couverture végétale irrégulière et basse comportant des touffes. En dehors de la période des nids, le Combattant fréquente une plus grande variété de milieux humides tels que prairies, vasières, et même parfois des cultures. Surtout insectivore, il mange également des petits crustacés et des mollusques, auxquels s’ajoute, en dehors de la période de nidification, des graines, des fleurs et des algues.

Le Combattant présente un comportement reproducteur particulier, avec les « combats » de mâles, qui ont lieu dans des arènes auxquelles l’espèce est fidèle. Les femelles, nettement plus petites que les mâles, sont beaucoup plus discrètes et ne sont présentes sur ces lieux que pour la le contact avec les mâles, les éventuels nids se situant bien souvent loin des arènes. Elles sont les seules à s’occuper des poussins. Du fait que les joutes des mâles peuvent avoir lieu lors des arrêts migratoires, et que les mâles sont parfois polygames, il est extrêmement difficile de prouver la nidification et de dénombrer les nicheurs.

La ponte (4 œufs le plus souvent, couvés 21 jours) se situe dans la seconde quinzaine de mai, et les pontes de remplacement sont fréquentes. Les poussins ne savent voler qu’au bout d’un minimum de 25 jours.

Conservation

La disparition des milieux humides favorables et des ressources alimentaires de l’espèce sont en grande partie responsables du déclin du Combattant en tant que nicheur, et ont bien entendu un impact négatif sur les migrateurs et les hivernants, qui ne trouvent plus les milieux de qualité (aux premiers rangs desquels sont les prairies « naturelles ») nécessaires à leurs haltes migratoires et à leur survie hivernale. La gestion actuelle de la plus grande partie des prairies humides restantes, avec en particulier l’intensification du pâturage, les fauches précoces et une gestion hydraulique non adaptée, sont au premier plan. La chasse n’est pas non plus absente des causes de ce déclin, le Combattant ne faisant pas actuellement partie des espèces protégées en France (bien qu’il soit inscrit à l’annexe I de la directive Oiseaux). Les dates d’ouverture et de fermeture encore en vigueur dans notre pays lui sont de plus défavorables, tant pour les premiers migrateurs de février que pour les jeunes non ou à peine volants de l’été. Diverses mesures agri-environnementales sont déjà appliquées, mais cette politique ne portera réellement ses fruits que si elle est généralisée, encourageant le maintien (ou le retour) d’une exploitation extensive traditionnelle des prairies. L’arrêt des incitations financières à la culture du maïs et des peupliers est bien sûr indispensable. Des précautions particulières en ce qui concerne l’urbanisation et les aménagements industriels doivent être prises et respectées dans les zones sensibles.

Au vu de son statut, le Combattant varié doit être retiré de la liste des espèces chassables.

Répartition en période de nidification (2005-2012)

Combattant varié en plumage nuptial
Combattant varié © Frédéric Malvaud

Nidification

Nicheur rare et irrégulier en France, le Combattant varié s’est probablement reproduit en Baie des Veys ces toutes dernières années

Période internuptiale

Le Combattant est franchement rare en hiver, mais ses effectifs augmentent sur la réserve de Beauguillot (une centaine d’individus en moyenne)

Fréquences sur les échantillons en période internuptiale en Normandie

SeptembreOctobreNovembreDécembreJanvierFévrier
NANANANA1NA
Fréquence (%) par mois sur les échantillons prospectés

Cet hivernant rare n’a été noté qu’en janvier sur les échantillons prospectés.

SeptembreOctobreNovembreDécembreJanvierFévrier
10,410,30,50,7
Fréquence (%) par mois d’après les fiches de relevés

Sa fréquence est plus régulière en période internuptiale d’après notre base de données mais demeure faible.

Suivre le lien pour regarder la carte de l’atlas national du Combattant varié, période de reproduction et d’hivernage.