Cisticola jundicis
Espèce protégée
Nicheur sédentaire assez rare (700 couples)
Statut en Europe et en France
Le Cisticole des joncs est une espèce des régions équatoriale, tropicale et subtropicale, de l’Afrique à l’Australie, et de l’Europe méridionale, d’où il a tendance à coloniser la côte atlantique (isotherme de janvier au-dessus de 3,5 °C). Ses bastions sont constitués par trois pays : Portugal, Espagne et Italie. Les années 1970 ont vu l’espèce se répandre de façon spectaculaire vers le nord jusqu’aux Pays-Bas, mais les deux hivers particulièrement rudes du milieu des années 1980 ont anéanti presque toute la population française et celle des pays situés plus au nord.
Aujourd’hui, la population française est présente de nouveau sur l’ensemble de sa zone de répartition traditionnelle (régions méditerranéenne, Aquitaine, côtes atlantique et de la Manche).
Statut en Normandie
Le Cisticole des joncs est un nicheur d’origine méridionale à effectifs très fluctuants en Normandie, très sensibles aux vagues de froid. Il est concentré sur le littoral et plus particulièrement dans son bastion du Cotentin. Arrivé en Normandie dans le début des années 70, le Cisticole s’est rapidement installé sur le littoral et à l’intérieur des terres en vallée de la Seine, avant de pratiquement disparaitre de Normandie, mais aussi du territoire national, après les hivers particulièrement froids de1985 à 1987. Il se réinstallera ensuite à partir de la fin des années 90 jusqu’en 2008. Nous écrivions dans la version précédente de l’inventaire : « Il a pratiquement disparu de notre base de données en 2010 suite à l’hiver froid de 2009. Il est à craindre que l’hiver froid suivant ait sonné le glas du Cisticole dans notre région… jusqu’à la prochaine extension ! » C’est ce qui c’est passé, puisqu’après 5 ans de présence très réduite, l’année 2015 voit de nouveau le Cisticole s’installer en nombre, essentiellement dans le Cotentin. Ce pattern d’apparition en Normandie correspond parfaitement à la situation française globale.
Pour la Haute-Normandie, Olivier, en 1938, ne signalait pas la présence de cette espèce, acquisition récente de l’avifaune normande.
Écologie et habitat
Le Cisticole s’installe chez nous dans des milieux herbacés découverts plutôt en périphérie des secteurs les plus humides, dans des friches, des terrains vagues ou des landes forestières, où il est à rechercher, même en périphérie des agglomérations. Il lui faut une végétation dense et variée pour construire son nid si particulier, lequel est une bourse accrochée dans une touffe haute et dense, afin de le cacher aux prédateurs.
S’il préfère les milieux littoraux, probablement en raison de la douceur du climat, une suite d’hiver doux peut permettre à l’espèce de coloniser l’intérieur des terres, principalement dans les vallées fluviales, comme cela a semblé être le cas avant 1985 dans les vallées de la Risle et de la Seine. Les mâles sont polygames, et les jeunes nés en début de saison peuvent se reproduire dès la fin de leur premier été. Le Cisticole est insectivore, et effectue entre deux et trois pontes chaque année.
Conservation
Le Cisticole est une espèce sédentaire insectivore pour qui les hivers froids peuvent être très meurtriers. Il a la capacité de recoloniser relativement vite les sites laissés vacants à la suite d’un gel ou d’un enneigement prolongé, ce qui lui est possible grâce à un erratisme juvénile et une fécondité importants. Les menaces qui pèsent sur le Cisticole sont la conversion des milieux prairiaux, en particuliers arrière-littoraux, en peupleraies ou en cultures, ainsi que les aménagements tels que lotissements, infrastructures touristiques, industrielles ou encore routières. Cette espèce devrait en toute logique être favorisée à terme par le réchauffement climatique.
Répartition en période de nidification (2005-2012)


Nidification
On estime à 700 le nombre de couples nicheurs, mais ce nombre peut avoir encore augmenté récemment.
Fréquence sur les échantillons prospectés (%)
| Normandie 5 (96ème rang) |
Sa fréquence est logiquement faible sur nos échantillons au vu de la localisation de l’espèce.
Période internuptiale
Fréquences sur les échantillons en période internuptiale en Normandie
| Septembre | Octobre | Novembre | Décembre | Janvier | Février |
| 2 | NA | NA | NA | 2 | 2 |
Cette espèce n’a pas été contactée au milieu de l’hiver sans doute à cause de raisons météorologiques défavorables..
| Septembre | Octobre | Novembre | Décembre | Janvier | Février |
| 5 | 3 | 2 | 2 | 2 | 2 |
Sédentaire, le Cisticole des joncs est contacté pendant tout l’hiver de façon stable entre octobre et février.
Densités et effectifs en période internuptiale en Normandie
Cette espèce est trop rare, avec des effectifs trop fluctuants pour pouvoir estimer ses effectifs en période internuptiale.
Suivre le lien pour regarder la carte de l’atlas national du Cisticole des joncs, période de reproduction et d’hivernage.
