Botaurus stellaris
Espèce protégée
Nicheur très rare (4 couples) ; hivernant rare
Statut en Europe et en France
Si près des trois-quarts de la population européenne est concentrée en Russie et en Ukraine, le Butor étoilé est devenu dans le reste de l’Europe une espèce rare et de plus en plus localisée, présente surtout dans le nord et l’est du continent. En dehors des pays déjà cités, ses bastions sont essentiellement la Pologne et la Roumanie.
La France abrite une population devenue très clairsemée, surtout présente en Picardie et sur les zones humides de la Méditerranée, des noyaux de population se maintenant encore en Brenne et en Lorraine.
Le Butor étoilé est considéré comme Vulnérable dans la liste rouge des oiseaux nicheurs de France (UICN).
Statut en Normandie
Si Gadeau de Kerville le notait « peu commun » à la fin du xixe siècle en Normandie, il n’a jamais dû être répandu, puisque la région ne lui offre pas les grandes roselières nécessaires à son implantation. Aujourd’hui, c’est une espèce très localisée. Sa répartition est réduite à son bastion de l’estuaire de la Seine (de 10 à 20 couples) où l’extension de la roselière et les mesures récentes de protection ont certainement aidé à la stabilisation de la petite population, et aux marais du Cotentin (environ 10 couples). Il s’est aussi installé récemment dans le Marais Vernier, en bordure de l’estuaire de la Seine. La population normande représente donc une fraction importante (10 %) des effectifs nationaux.
On est cependant loin du statut que décrivait Olivier en 1938 : « Plus commun qu’on ne le croit. Se reproduit en plusieurs points de Haute-Normandie ».
Si les butors normands sont probablement sédentaires, la population nicheuse est grossie par un apport d’hivernants venant des pays du nord et de l’est de l’Europe. Selon Marion (1992), les régions bordant la mer de la Manche constitueraient la zone essentielle de repli des butors du nord du continent, lors des grandes vagues de froid. Les hivernants sont surtout présents de novembre à février.
Ainsi, une trentaine d’hivernants sont présents dans l’estuaire de la Seine, et probablement plus lors des vagues de froid.
Écologie et habitat
C’est l’habitant typique des grandes roselières, particulièrement les phragmitaies. Le nid est construit sur un lit de roseaux âgés et secs à hauteur de l’eau. Il pond d’avril à juin (3 ou 4 œufs), et des jeunes non-volants peuvent encore se rencontrer à la fin du mois d’août. Le Butor étoilé se nourrit surtout de poissons et d’amphibiens. Les jeunes sont laissés seuls pendant de longues heures lorsque la femelle part en quête de nourriture. Le mâle peut être polygame, un seul chanteur peut révéler plusieurs nids.
Conservation
La cause principale du déclin du Butor est la disparition des roselières à la suite d’aménagements (drainage, remblaiements), mais aussi de l’évolution naturelle de ces milieux vers une fermeture et un envahissement par les saules. Il faut y ajouter l’impact non négligeable de la chasse, que ce soit par la destruction directe en hivernage, ou par les dérangements qui perturbent l’élevage des jeunes pendant la saison estivale, dérangements pouvant conduire à leur mort. La dégradation de la qualité des eaux par des pollutions diverses joue probablement un rôle non négligeable dans la diminution des effectifs, par son action négative sur les ressources alimentaires, ou encore, par l’empoisonnement direct des oiseaux. En outre, les vagues de froid déciment les butors hivernants ; il semble à ce sujet que les oiseaux locaux résistent mieux que les individus issus d’Europe du Nord.
La survie du Butor en Normandie passera par la préservation des dernières roselières existantes, mais aussi par une gestion leur assurant une certaine variété de faciès, alternant zones de végétation plus claires (pour la quête alimentaire) et secteurs plus âgés avec tiges sèches (pour la nidification).
Un plan de gestion des zones humides de la région, assurant une réhabilitation et un développement des roselières, pourrait permettre l’existence d’une population plus stable et moins localisée.
Répartition en période de nidification (2005-2012)


Nidification
En augmentation au début des années 2000, l’espèce est depuis en fort déclin. Seuls quelques chanteurs subsistent (2 à 5 couples) dans l’estuaire de la Seine.
Fréquence sur les échantillons prospectés (%)
| Normandie 1 (117ème rang) |
Le Butor étoilé a été noté sur un échantillon lors de l’enquête.
Période internuptiale
Le Butor peut être rencontré un peu partout dans les zones humides, même en bordure de petites rivières.
Fréquences sur les échantillons en période internuptiale en Normandie
| Septembre | Octobre | Novembre | Décembre | Janvier | Février |
| NA | 10 | NA | 1 | NA | NA |
Cet oiseau rare et discret n’a été contacté qu’en décembre lors de l’enquête.
| Septembre | Octobre | Novembre | Décembre | Janvier | Février |
| NA | NA | 23 | 1 | 1 | 1 |
Le même constat se retrouve dans notre base de données avec une présence attestée de décembre à février sur la période internuptiale.
Densités et effectifs en période internuptiale en Normandie
Le Butor étoilé est trop rare en hiver pour pouvoir évaluer ses effectifs avec notre méthode d’échantillonnage.
Suivre le lien pour regarder la carte de l’atlas national du Butor étoilé, période de reproduction et d’hivernage.
