Busard des roseaux

Circus aeruginosus

Espèce protégée

Nicheur sédentaire très rare (30 couples) ; migrateur et hivernant assez rare

Statut en Europe et en France

Le Busard des roseaux est largement répandu à l’est de l’Europe (Pologne, Allemagne, Pays Baltes) alors qu’il se reproduit de façon plus dispersée dans la partie occidentale du continent.

En France, après avoir décliné jusqu’aux années 1970, surtout à cause de la chasse et du drainage des marais, un renversement de tendance s’est produit après 1975. Depuis, la progression de l’espèce s’est avérée assez irrégulière et reste très variable en fonction des régions. Il est surtout présent dans les marais du Centre-Ouest, du Nord et de l’Est de la France, ainsi que dans les marais de la région méditerranéenne.

Le Busard des roseaux est considéré comme Vulnérable dans la liste rouge des oiseaux nicheurs de France (UICN).

Statut en Normandie

Après sa disparition en début de XXe siècle, le Busard des roseaux a fait un retour en Normandie dans les années 1980. Depuis, il s’est implanté surtout dans deux zones : l’estuaire de la Seine et les marais du Cotentin et du Bessin (une dizaine de couples sur chaque site). Ailleurs il est présent en tout petit nombre dans les autres zones de marais, voire dans des milieux secs (cultures, landes).

Pour la Haute-Normandie, Olivier en 1938 connaissait le Busard des roseaux comme un oiseau « devenu rare, après avoir été relativement commun, par suite de l’assèchement des marais ». Il le notait « de passage régulier de l’automne au printemps, mais un petit nombre de couples seulement se reproduisent dans les marais le long de la Seine à son estuaire ». Le Busard des roseaux est également hivernant dans les mêmes marais.

Écologie et habitat

Espèce typique des zones marécageuses, et tout spécialement des grandes roselières, ce rapace niche à même le sol (de 1 à 8 œufs, avec une moyenne de 4). La période de nidification a lieu de mars à juin, avec un maximum en avril.

Son régime alimentaire est très éclectique (rongeurs, oiseaux, amphibiens…).

Conservation

Le Busard des roseaux reste une espèce en danger. Sa protection efficace et la préservation des marais sont indispensables à son maintien. L’installation de nicheurs dans les cultures ou landes étant un phénomène marginal, aucun suivi n’a pour l’instant permis d’apprécier le taux d’échecs, lié notamment aux travaux agricoles. Ce busard est, par ailleurs, encore trop souvent détruit illégalement.

Répartition en période de nidification (2005-2012)

Busard des roseaux en vol
Busard des roseaux © Photothèque LPO Normandie

Nidification

La population nicheuse est estimée à environ 30 couples en Normandie.

Fréquence sur les échantillons prospectés (%)

Normandie
3 (108ème rang)

Il a été noté sur 3 % des échantillons en Haute-Normandie en 2019.

Période internuptiale

Le Busard des roseaux est surtout présent dans les zones de marais et roselières en période internuptiale, comme pour la nidification. Des migrateurs peuvent être observés un peu partout.

Fréquences sur les échantillons en période internuptiale en Normandie

SeptembreOctobreNovembreDécembreJanvierFévrier
435634
Fréquence (%) par mois sur les échantillons prospectés

On note une stabilité dans les faibles fréquences lors de l’ensemble de la saison internuptiale lors de l’enquête.

SeptembreOctobreNovembreDécembreJanvierFévrier
456435
Fréquences par mois d’après les fiches de relevés

Les fréquences mensuelles dans notre base de données sont basses et assez stables, comme lors de l’enquête.

Haute-Normandie en 2007Haute-Normandie en 2019
33
Fréquence sur les échantillons prospectés (%) au cours des enquêtes précédentes

La fréquence est identique entre les deux enquêtes en Haute-Normandie.

Densités et effectifs en période internuptiale en Normandie

Les fréquences trop basses du Busard des roseaux ne permettent pas d’évaluer sa densité ou ses effectifs en hiver en Normandie.

Suivre le lien pour regarder la carte de l’atlas national du Busard des roseaux, période de reproduction et d’hivernage.