Emberiza citrinella
Espèce protégée
Nicheur sédentaire commun (53 000 couples)
Statut en Europe et en France
Présent dans toute l’Europe moyenne, le Bruant jaune est un oiseau plus abondant dans l’est du continent (Pologne, Allemagne, République tchèque, etc.). Il est considéré comme en déclin en Europe. Commun partout en France, en dehors de la région méditerranéenne, le Bruant jaune se rencontre toute l’année. Il montre cependant un déclin marqué depuis plusieurs années, comme dans le reste de l’Europe.
Le Bruant jaune est considéré comme Quasi menacé dans la liste rouge des oiseaux nicheurs de France (UICN).
Statut en Normandie
Le Bruant jaune est réparti dans toute la Normandie ; il est cependant très peu représenté dans le Cotentin. Il est plus fréquent dans les zones de bocage ouvert. La Normandie regroupe une part non négligeable des effectifs nicheurs français (autour de 10 %). Pour Olivier, en 1938, le Bruant jaune « niche en très grand nombre en Haute-Normandie ».
Écologie et habitat
C’est un oiseau de la campagne ouverte, alternant cultures céréalières, zones en herbes, buissons et haies. La nidification (deux pontes régulières de 3 ou 4 œufs) débute assez tard, au milieu du mois de mai, et se poursuit jusqu’en juillet. Il est insectivore au printemps et granivore en période internuptiale. Il fréquente alors les chaumes des zones de cultures.
Conservation
Un paysage trop fermé restreint sa présence, mais un paysage trop remembré, n’ayant plus de réseau d’arbres ou de haies, l’élimine plus sûrement.
Il est en déclin prononcé en France. Il semble diminuer dans la région, au moins depuis 2006. Cette espèce, dépendant d’une agriculture respectueuse de la diversité paysagère, mérite donc un suivi de ses populations. Toutes les mesures agricoles visant à reconstituer les réseaux de haies, à laisser des parcelles en friches et des zones en herbes, devraient le favoriser.
Répartition en période de nidification (2005-2012)


Nidification
| Haute-Normandie | Cotentin / Bessin | Normandie |
| 25 000 | 6 400 | 53 000 |
On peut estimer que la Normandie regroupe une part substantielle des effectifs nicheurs français (environ 7 %).
Carte des densités par zones biogéographiques

Dans la zone échantillonnée, le Bruant jaune a ses plus fortes densités dans le Bessin, le Lieuvin, le Petit-Caux et le Pays-de-Bray. Ces densités élevées se prolongent sur la côte du Bessin à l’ouest et à l’est sur le Pays d’Ouche, le Roumois, le Pays-de-Lyons et le plateau de Rouen. Il n’est plus qu’à 1 à 2 couples / km² dans le bocage du Cotentin, le Pays-de-Caux, la côte d’Albâtre et l’estuaire de Seine. Ses densités sont faibles sur la zone regroupant la vallée de la Seine-aval et amont, le Vexin, la plaine de Saint-André et le plateau du Neubourg, zones d’agriculture aux paysages trop ouverts, ainsi que le littoral du Cotentin. Il est rare dans les marais du Cotentin.
Comparaison des densités par grandes zones
| Haute-Normandie | Cotentin / Bessin | Normandie |
| 2,0 | 1,7 | 1,9 (29ème rang) |
Au 29èmerang en termes d’abondance sur 187 espèces d’oiseaux nicheuses en Normandie, le Bruant jaune est un nicheur commun en Normandie. Ses densités sont un peu plus élevées sur la partie orientale de la région.
Fréquence sur les échantillons prospectés
| Haute-Normandie en 2017 | Haute-Normandie en 2019 | Normandie |
| 92 | 72 | 67 (32ème rang) |
Ce passereau du bocage reste assez facile à observer en Normandie avec une fréquence à 67 %. On note toutefois une forte baisse de fréquence (- 22 %) entre l’enquête 2007 et l’enquête 2019 en Haute-Normandie.
Densité par type d’habitat
| Bâti | Cultures | Forêt | Mosaïque | Prairies |
| 0,3 | 2,1 | 0,3 | 2,6 | 1,8 |
Les habitats en mosaïque (bocages ouverts, à mailles lâches comme dans le Bessin, le Lieuvin et le Pays-de-Bray où sa fréquence est élevée) ressortent nettement en termes de densités pour cette espèce (2,6 couples / km²). Les zones de cultures et de prairies lui conviennent encore avec environ 2 couples / km² (Roumois, bocage du Cotentin). Il est peu abondant en forêt et dans les milieux urbanisés.
Période internuptiale
Le Bruant jaune est un nicheur sédentaire. Des populations hivernantes semblent se joindre aux populations locales pendant la période internuptiale.
Fréquences sur les échantillons en période internuptiale en Normandie
| Septembre | Octobre | Novembre | Décembre | Janvier | Février |
| 17 | 26 | 29 | 24 | 19 | 33 |
Sa fréquence est d’environ 25 % entre septembre et février, avec une légère augmentation de fréquence d’octobre à décembre, ce qui est très cohérent avec les fréquences notées sur nos fiches de relevés comme indiqué ci-dessous. La fréquence plus forte en février pendant l’enquête peut indiquer le retour d’oiseaux des territoires d’hivernage situés plus au sud.
| Septembre | Octobre | Novembre | Décembre | Janvier | Février |
| 19 | 28 | 25 | 24 | 21 | 23 |
| Haute-Normandie en 2007 | Haute-Normandie en 2019 |
| 45 | 25 |
Comme on l’avait constaté en période de reproduction, le Bruant jaune montre une baisse de fréquence nette entre les deux périodes d’enquêtes en Haute-Normandie en période internuptiale (- 44 %).
Densités et effectifs en période internuptiale en Normandie
| Septembre | Octobre | Novembre | Décembre | Janvier | Février | |
| Densité (individus / km²) | 0,4 | 1,4 | 1,1 | 1,0 | 0,5 | 1,5 |
| Effectifs (nombre d’individus) | 11 600 | 40 600 | 33 700 | 30 200 | 16 000 | 43 700 |
Comme pour les fréquences, on constate dans ce travail d’échantillonnage une augmentation de l’abondance du Bruant jaune d’octobre à décembre, sans doute liée à une arrivée d’individus nordiques. On peut estimer le chiffre « plancher » d’environ 35 000 oiseaux sur les zones prospectées en Normandie en hiver.
Suivre le lien pour regarder la carte de l’atlas national du Bruant jaune, période de reproduction ou d’hivernage.
