Bergeronnette printanière

Motacilla flava flava

Espèce protégée

Nicheur migrateur peu commun (4 000 couples)

Statut en Europe et en France

La Bergeronnette printanière, toutes sous-espèces confondues, niche dans presque tout le Paléarctique. Pologne, Roumanie et Espagne sont ses bastions européens. Elle a décliné dans de nombreux pays d’Europe depuis le début des années 1970.

Les sous-espèces nicheuses en France sont au nombre de quatre, la forme dite « type » (M. f. flava), étant la mieux représentée, à l’échelle du pays. Les trois autres sont la Bergeronnette flavéole (M. f. flavissima), qui niche aussi en Normandie, la Bergeronnette ibérique (M. f. iberiae), et la Bergeronnette d’Italie (M. f. cinereocapilla), ces deux dernières étant très localisées dans le sud de la France. Les populations du sud de la France sont en fait en grande partie des hybrides des différentes sous-espèces. La Bergeronnette printanière type niche surtout dans la partie nord du territoire avec de grandes poches peu ou pas occupées, en particulier dans l’ouest et dans l’est de la France. Elle a décliné ces dernières années en Alsace et dans certaines régions méridionales.

Statut en Normandie

La Bergeronnette printanière type apparaît dominante dans la région haut-normande.

Pour la Haute-Normandie, Olivier notait en 1938 : « Arrive en mars-avril ; se reproduit et repart en septembre (les jeunes jusqu’en octobre). Pas très commune, elle fréquente de préférence les grandes plaines ».

Écologie et habitat

La Bergeronnette printanière type arrive courant avril ou début mai, et repart de fin août à fin septembre. Les sites de nidification sont pratiquement désertés au moment des moissons de juillet, des regroupements post-nuptiaux et des passages en nombre étant parfois notés alors, en particulier dans les vallées.

L’habitat traditionnel de la Bergeronnette printanière est constitué par les prairies humides, qu’elles soient vouées à une fauche tardive (juillet) ou au pâturage extensif. Actuellement, il est exceptionnel que la Bergeronnette printanière type occupe ce milieu, pour la simple raison que celui-ci n’existe pratiquement plus dans l’aire de répartition régionale de cette sous-espèce. Tout au plus trouve-t-on de très rares couples installés dans des friches herbeuses d’anciennes carrières ou, certaines années très humides, dans des secteurs de vallées alluviales laissées en prairies en raison de l’impossibilité d’y faire circuler les engins agricoles sur un sol trop mouillé.

L’habitat largement dominant, et qui présente les plus fortes densités d’occupation, est maintenant constitué par les champs de blé ou de colza. Les champs d’orge, de pois ou de betterave accueillent aussi quelques couples. La présence de chemins de terre et de cultures laissant longtemps des zones de sol nu est, semble-t-il, favorable à l’installation des couples. Des secteurs entiers a priori favorables ne sont cependant pas occupés, tandis que les couples isolés semblent inexistants, ce qui laisse penser que l’espèce niche plutôt en colonies lâches.

La Bergeronnette printanière est insectivore. Elle installe son nid au sol dans la végétation dense, tandis qu’elle se nourrit surtout sur les sols dégagés proches. La ponte a lieu de fin avril à juin – une seconde couvée semblant rare – et les jeunes sortent du nid en juin-juillet.

Conservation

Dans l’état actuel de nos connaissances, il n’est pas possible de connaître un éventuel impact des travaux agricoles et des pesticides sur la santé des populations de bergeronnettes nichant dans les cultures. Le retour de la Bergeronnette printanière type dans les milieux humides passe par la réhabilitation de ceux-ci et le retour à des pratiques agricoles respectueuses de l’environnement : fauches tardives, pâturage extensif, limitation drastique de la culture des peupliers et du maïs.

Répartition en période de nidification (2005-2012)

Bergeronnette printanière mâle
Bergeronnette printanière © Frédéric Malvaud

Nidification

Nicheur peu commun en Normandie, la Bergeronnette printanière type apparaît dominante dans la région haut-normande, où elle occupe la plus grande partie des plaines cultivées de l’Eure et de la Seine-Maritime, y compris la vallée de la Seine en amont de Rouen. Cependant, elle manque totalement dans certains secteurs favorables, et les densités sont très variables. Ce sont ainsi les plateaux bordant les vallées de la Seine, de l’Eure et de l’Andelle qui paraissent les plus densément habités. Par contre, l’espèce type est très nettement minoritaire par rapport à la flavéole dans l’estuaire de la Seine, la vallée de la Seine en aval de Jumièges, ainsi que sur la bordure littorale, et probablement à l’intérieur du Pays-de-Caux. En Basse-Normandie, mis à part dans la plaine de Caen, la Bergeronnette printanière type est nettement plus rare que la flavéole. L’estimation des couples nicheurs est de 4 000 en Normandie.

Fréquence sur les échantillons prospectés (%)

Normandie
12 (73ème rang)

Elle a été notée sur 12 % des échantillons en Haute-Normandie en 2019.

Période internuptiale

L’espèce est migratrice et quasiment absente en période internuptiale.

Fréquences sur les échantillons en période internuptiale en Normandie

SeptembreOctobreNovembreDécembreJanvierFévrier
31NANANANA
Fréquence (%) par mois sur les échantillons prospectés

On note des fréquences faibles en septembre qui correspondent aux derniers oiseaux migrateurs présents en Normandie, puis la disparition de l’espèce à partir d’octobre.

SeptembreOctobreNovembreDécembreJanvierFévrier
91NANANANA
Fréquences par mois d’après les fiches de relevés

Notre base de données indique sans surprise une absence de l’espèce à partir de novembre en période internuptiale.

Suivre le lien pour regarder la carte de l’atlas national de la Bergeronnette printanière, période de reproduction et d’hivernage.