Motacilla cinerea
Espèce protégée
Nicheur (3 000 couples) et hivernant peu commun
Statut en Europe et en France
La Bergeronnette des ruisseaux niche dans toute l’Europe moyenne, essentiellement dans les zones montagneuses. Ses deux bastions européens sont l’Espagne et la Roumanie.
Elle est bien présente dans toute la France, nettement plus rare en plaine.
Statut en Normandie
C’est une espèce peu commune en Normandie, répandue de manière assez homogène, surtout dans la partie occidentale de la région (sur le massif armoricain), mais toujours avec des densités peu élevées.
Pour la Haute-Normandie, Olivier en 1938 la connaissait comme hivernante commune d’octobre à mars. Il signalait qu’ « un petit nombre de couples reste pour la reproduction, peu commune en Haute-Normandie par suite du manque d’eaux courantes froides ».
Écologie et habitat
Son habitat est caractéristique, c’est l’oiseau des petits cours d’eau froids et rapides, bien qu’elle puisse occasionnellement nicher loin de l’eau, ainsi à Rouen en pleine ville. Elle niche souvent dans des constructions en pierre : vieux murs, ponts, moulins et souvent à proximité d’une chute d’eau. On la rencontre aussi près de tout petits ruisseaux ; des fossés dans le bocage (par exemple dans le Cotentin) peuvent même lui suffirent. La faible densité de ce genre de milieux en Haute-Normandie (en comparaison avec la Normandie occidentale), explique sa relative rareté dans cette partie de la région.
Elle pond de mars à juin (4 à 5 œufs) et effectue souvent deux nichées. Elle est insectivore. Elle est probablement sédentaire. Les jeunes n’hésitent pas à effectuer des déplacements erratiques en hiver qui peuvent les mener dans des sites que l’espèce n’utilise pas en saison de nidification.
Conservation
Si l’on sait peu de choses, faute de suivi sur la dynamique de population de cette espèce, il est certain qu’elle reste très fragile, dépendante de la qualité des cours d’eau, tant en ce qui concerne l’environnement extérieur que la qualité des eaux. Il est donc indispensable de veiller à la gestion de ces milieux en intégrant les exigences écologiques de l’espèce. Recalibrage des cours d’eau, « nettoyage » des berges, pollution sont autant de menaces qui pourraient affecter cette petite population de Bergeronnette des ruisseaux de Normandie.
Répartition en période de nidification (2005-2012)


Nidification
C’est une espèce peu commune en Normandie, répandue de manière assez homogène, surtout dans la partie occidentale de la région (sur le massif armoricain), mais toujours avec des densités peu élevées. La population nicheuse est estimée à 3 000 couples en Normandie.
Fréquence sur les échantillons prospectés (%)
| Normandie 16 (68ème rang) |
Elle a été notée sur 16 % des échantillons en Haute-Normandie.
Période internuptiale
La Bergeronnette des ruisseaux est un oiseau peu commun en période internuptiale. Des individus nicheurs stationnent en Normandie et notre région accueille en outre des migrateurs du nord de l’Europe en hiver.
Fréquences sur les échantillons en période internuptiale en Normandie
| Septembre | Octobre | Novembre | Décembre | Janvier | Février |
| 10 | 19 | 25 | 24 | 12 | 18 |
On note des fréquences qui varient de 10 à 25 % lors de l’ensemble de la saison internuptiale lors de l’enquête. L’augmentation des mois de novembre et décembre pourrait correspondre à l’ajout de migrateurs venus du nord de l’Europe.
| Septembre | Octobre | Novembre | Décembre | Janvier | Février |
| 15 | 18 | 16 | 16 | 14 | 15 |
Notre base de données indique une stabilité des fréquences mensuelles en période internuptiale.
| Haute-Normandie en 2007 | Haute-Normandie en 2019 |
| 9 | 13 |
La fréquence de l’espèce a nettement augmenté entre les deux enquêtes en Haute-Normandie (effet des hivers moins froids ?
Densités et effectifs en période internuptiale en Normandie
La localisation de l’espèce sur les cours d’eau ne permet pas d’estimer des effectifs hivernants.
Suivre le lien pour regarder la carte de l’atlas national de la Bergeronnette des ruisseaux, période de reproduction et d’hivernage.
