Bécassine sourde

Lymnocryptes minimus

Migrateur et hivernant rare

Statut en Europe et en France

La Bécassine sourde niche en Scandinavie (surtout Finlande et Suède), où elle est rare et se cantonne dans les tourbières vacillantes, comme le Bécasseau falcinelle. Elle est en déclin à l’échelle européenne.

En France, c’est un migrateur et hivernant rare, localisé et très mal connu. Sa population hivernante pourrait être de quelques dizaines de milliers d’individus.

Statut en Normandie

La Bécassine sourde est observée n’importe où dans la région dès lors qu’elle trouve des milieux favorables, souvent de très faible superficie et qui plus est instables d’une année sur l’autre, très liés au niveau d’eau.

Pour la Haute-Normandie, en 1938, Olivier la notait « commune, voire très commune à son double passage », ce qui n’est plus du tout le cas aujourd’hui.

Le déclin de l’espèce est donc manifeste. Elle est présente essentiellement d’octobre à mars, en très faible nombre, surtout en novembre et février. Notre base de données indique peu de mentions de cette espèce rare et très discrète, donc certainement sous-détectée.

Écologie et habitat

Difficile à observer, la Bécassine sourde se rencontre dans les prairies humides, plus inondées et plus encombrées de végétation que celles occupées par sa cousine la Bécassine des marais. Elle fréquente essentiellement les zones proches du littoral.

Il faut noter les observations répétées sur les landes sèches du Cotentin en période hivernale, biotope non signalé dans la littérature. Mais il est vrai que ces landes en apparence sèches abritent aussi des plantes de zones humides telles les bruyères à quatre angles ou la Gentiane pneumonanthe.

Conservation

La diminution des zones humides, le remplacement des bas marais par des plans d’eau constituent la principale menace pesant sur cette espèce en période internuptiale. Les possibilités de plus en plus réduites d’accueil des bécassines sourdes en Europe occidentale affectent significativement la population nicheuse européenne. Il faut y ajouter l’impact important de la chasse. La survie de l’espèce tient donc aux mesures de protection et de gestion des zones humides.

Bécassine sourde en vol
Bécassine sourde © Antoine Ybert

Nidification

Cette espèce ne se reproduit pas en France.

Période internuptiale

On note des oiseaux isolés ou en tous petits groupes, d’octobre à mars, en très faible nombre, surtout de novembre à février.

Fréquences sur les échantillons en période internuptiale en Normandie

SeptembreOctobreNovembreDécembreJanvierFévrier
NA1NA1NANA
Fréquence (%) par mois sur les échantillons prospectés

La Bécassine sourde est peu contactée sur les échantillons prospectés, dès octobre.

SeptembreOctobreNovembreDécembreJanvierFévrier
NA11111
Fréquence (%) par mois d’après les fiches de relevés

Dans notre base de données, on constate une situation similaire à celle de l’enquête.

Suivre le lien pour regarder la carte de l’atlas national de la Bécassine sourde, période de reproduction et d’hivernage.