Bécassine des marais

Gallinago gallinago

Espèce chassable

Nicheur éventuel, très rare et irrégulier (2 couples) ; migrateur et hivernant peu commun.

Statut en Europe et en France

La Bécassine des marais est un oiseau d’Europe du Nord. Abondante en Islande et en Scandinavie, elle est encore assez commune en Écosse. Ailleurs, c’est un oiseau de plus en plus rare. Elle est en déclin à l’échelle européenne. En limite méridionale de son aire de répartition, elle est devenue marginale en France. Présente historiquement dans la moitié nord du pays, elle n’a cessé de décliner au point de devenir sporadique et fait partie des espèces nicheuses les plus menacées de France. C’est, par contre, une espèce fréquente en migration et en hivernage, la France étant, avec la Grande-Bretagne et la péninsule Ibérique, un des principaux quartiers d’hiver de la bécassine.

La Bécassine des marais est considérée comme En danger dans la liste rouge des oiseaux nicheurs de France (UICN).

Statut en Normandie

Si la Bécassine a toujours été un nicheur rare en Normandie, sa situation s’est considérablement dégradée. Des quelques dizaines de couples connus il y a une trentaine d’années (estuaire de la Seine, marais de Carentan), on est passé à de rares indices de reproduction, sans preuves irréfutables.

Par contre, la Normandie constitue, avec les autres régions littorales de la Manche et de l’Atlantique, une des principales zones de migration et d’hivernage de l’espèce. Celle-ci peut alors être observée dans toutes les zones humides, de l’intérieur comme proches du littoral.

Pour la Haute-Normandie, Olivier en 1938 la mentionnait comme « migratrice régulière commune ou très commune à son double passage ». Il ne signalait pas de cas de nidification. Pennetier, en 1898, dans son « Ornithologie de la Seine-Inférieure », la signale comme reproductrice, et Gadeau de Kerville en 1892 la note dans toute la Normandie : « De passage régulier en mars, avril et mai, et en août, septembre et octobre ; un petit nombre d’individus sont sédentaires », confirmant ainsi son statut d’espèce nicheuse à cette époque.

Écologie et habitat

La Bécassine est un limicole caractéristique des prairies humides faiblement inondées jusqu’en juin-juillet, voire plus tard.

Si la majorité des pontes a lieu de fin avril à mai, les pontes de remplacement sont classiques et peuvent prolonger la période de nidification jusqu’en août, les jeunes ne devenant autonomes que 6 à 7 semaines après la naissance.

Pendant la période internuptiale, les bécassines fréquentent les prairies humides, surtout si elles sont pâturées de manière extensive, mais aussi toute zone inondée (chaumes de maïs, bords d’étangs).

Ces oiseaux non reproducteurs sont présents de juillet à avril, voire début mai. Il est donc particulièrement difficile de détecter d’éventuels couples nicheurs, ceux-ci développant leurs manifestations territoriales alors que de nombreux hivernants sont encore présents et adoptent un comportement de nicheurs (parades).

Conservation

La Bécassine des marais est d’abord menacée par la disparition des zones humides, mais aussi par leur mode actuel de gestion : un pâturage trop intensif et surtout une gestion de l’eau qui conduit à l’assèchement trop rapide des prairies en début de printemps. Enfin, l’ouverture anticipée de la chasse, en août, dans les zones humides rend pratiquement impossible la reproduction de nombreux couples et réduit de manière drastique les possibilités de pontes de remplacement des éventuels couples nicheurs.

Espérer le retour de la Bécassine des marais en Normandie comme oiseau nicheur pérenne supposera une maîtrise de la gestion des prairies humides (niveau d’eau, pâturage extensif et contrôlé), ainsi qu’une ouverture de la chasse plus tardive, en septembre ou octobre et une fermeture fin janvier comme le préconisent les directives européennes. Compte tenu de son statut européen et national, la Bécassine des marais devrait être retirée de la liste des espèces chassables.

Répartition en période de nidification (2005-2012)

Bécassine des marais
Bécassine des marais © Frédéric Malvaud

Nidification

Si la Bécassine des marais a toujours été un nicheur rare en Normandie, sa situation s’est considérablement dégradée. Des quelques dizaines de couples connus il y a une trentaine d’années (estuaire de la Seine, marais de Carentan), on est passé à de rares indices de reproduction. Quelques couples pourraient se reproduire en Normandie, essentiellement dans les marais du Cotentin.

Période internuptiale

Par contre, la Normandie constitue, avec les autres régions littorales de la Manche et de l’Atlantique, une des principales zones de migration et d’hivernage de l’espèce. Celle-ci peut alors être observée dans toutes les zones humides, de l’intérieur comme proches du littoral.

Fréquences sur les échantillons en période internuptiale en Normandie

SeptembreOctobreNovembreDécembreJanvierFévrier
48128910
Fréquence (%) par mois sur les échantillons prospectés

Les fréquences varient de 4 à 12 %, le maximum étant noté en novembre au passage migratoire.

SeptembreOctobreNovembreDécembreJanvierFévrier
91012111110
Fréquences par mois d’après les fiches de relevés

Notre base de données indique des fréquences mensuelles de 9 à 12 %, avec un pattern d’apparition similaire à celui de l’enquête.

Haute-Normandie en 2007Haute-Normandie en 2019
53
Fréquence sur les échantillons prospectés (%) au cours des enquêtes précédentes

On note une baisse de fréquence en Haute-Normandie en période internuptiale entre les deux enquêtes. 

Suivre le lien pour regarder la carte de l’atlas national de la Bécassine des marais, période de reproduction et d’hivernage.