Lullula arborea
Espèce protégée
Nicheur rare (600 couples), migrateur et hivernant assez rare
Statut en Europe et en France
Répandue dans une grande partie de l’Europe, à l’exception du Nord scandinave, l’Alouette lulu a ses effectifs concentrés dans la péninsule Ibérique. Après une phase de déclin en Europe, ses effectifs remontent depuis une dizaine d’années, peut-être à cause du réchauffement climatique.
Si on peut la rencontrer dans une grande partie de la France, elle est rare ou sporadique dans tout le nord de la France, particulièrement le Nord-Ouest. Si les nicheurs français sont sédentaires (au moins dans la partie sud de la France), les migrateurs et hivernants d’Europe orientale (Allemagne, Pologne) viennent grossir les effectifs à la mauvaise saison.
Statut en Normandie
Nicheuse toujours rare en Normandie, l’alouette lulu est aujourd’hui localisée au sud de la région (sud Manche et Orne). Plus anciennement (jusqu’au milieu des années 1980), des alouettes lulus étaient encore rencontrées en saison de nidification dans des landes forestières de la forêt de Bord, et dans la boucle des Andelys.
Pour la Haute-Normandie, Olivier considérait en 1938 l’Alouette lulu comme « régulière et commune comme migratrice d’octobre à mars » et signalait la nidification de l’espèce dans les landes de la boucle de Mauny (Seine-Maritime).
Écologie et habitat
C’est typiquement un oiseau des landes, avec arbres épars, végétation herbacée rase et plutôt thermophile (coteaux bien exposés, sols bien drainés). L’Alouette lulu peut s’adapter à des milieux temporaires ressemblant aux sites semi-naturels qu’elle affectionne, telles des coupes forestières. En migration et sur les sites d’hivernage, elle fréquente les labours, les pelouses et les friches rases.
Elle pond (quatre œufs) de fin mars à avril, puis une seconde fois en mai-juin. Si elle se nourrit de graines à la mauvaise saison, les jeunes sont alimentés avec une importante proportion d’insectes. C’est une espèce très sensible aux froids rigoureux.
Conservation
Très affectée par l’altération ou la disparition des landes d’origine, conséquence de l’intensification agricole et forestière, l’Alouette lulu est connue pour ses fluctuations d’effectifs et on peut espérer une meilleure santé des populations si les modes d’occupation agricole des terres venaient à être plus respectueux de l’environnement, d’autant que cette espèce peut être favorisée par les successions d’hivers doux à l’œuvre depuis une trentaine d’années. Il faut cependant garder en tête que des mesures très locales de protection (réserves naturelles, espaces protégées) ont peu de chance d’être efficaces, tant les populations isolées sont sensibles aux aléas climatiques.
Il faut encore signaler les risques sérieux de confusion avec l’Alouette des champs, qui est une espèce chassable, ce qui constitue un facteur de limitation.
Répartition en période de nidification (2005-2012)


Nidification
L’Alouette lulu est aujourd’hui localisée au sud de la région (sud Manche et Orne). Plus anciennement (jusqu’au milieu des années 1980), des alouettes lulus étaient encore rencontrées en saison de nidification dans des landes forestières de la forêt de Bord, et dans la boucle des Andelys dans le département de l’Eure. Quelques centaines de couples peuvent être raisonnablement estimés.
Période internuptiale
L’Alouette lulu est surtout un migrateur et hivernant peu abondant. Les migrateurs se rencontrent surtout en octobre et novembre à l’époque du passage postnuptial, et singulièrement sur les côtes.
Fréquences sur les échantillons en période internuptiale en Normandie
| Septembre | Octobre | Novembre | Décembre | Janvier | Février |
| NA | 3 | 1 | 2 | 2 | 1 |
Si les fréquences notées sur nos échantillons sont faibles, on notera toutefois un chiffre plus élevé en octobre.
| Septembre | Octobre | Novembre | Décembre | Janvier | Février |
| NA | 7 | 3 | 1 | 1 | 1 |
Notre base de données indique bien un net passage en octobre, décelé aussi lors de l’enquête sur les échantillons prospectés.
| Haute-Normandie en 2007 | Haute-Normandie en 2019 |
| 3 | 1 |
On note une baisse importante de fréquence en Haute-Normandie en période internuptiale entre les deux enquêtes.
Suivre le lien pour regarder la carte de l’atlas national de l’Alouette lulu, période de reproduction et d’hivernage.
