Egretta garzetta
Espèce protégée
Nicheur rare (600 couples), hivernant peu commun
Statut en Europe et en France
L’Aigrette garzette a fortement étendu son aire de répartition vers le Nord ces dernières décennies en Europe, effectuant la reconquête des Iles Britanniques et des Pays-Bas. Elle est cependant considérée comme en déclin en Europe, dû fait de la diminution de ses effectifs dans deux de ses bastions européens (Italie et Espagne).
En France, qui concentre la plus importante population européenne, elle progresse à l’heure actuelle vers le nord et, après avoir été essentiellement méditerranéenne, elle occupe une grande partie du territoire (vallées du Rhône et de la Loire ainsi que le littoral atlantique et celui de la Manche). Elle est en forte augmentation dans notre pays.
Statut en Normandie
L’Aigrette garzette s’est implantée à partir de 1993 en Basse-Normandie, d’abord sur les îles (Saint-Marcouf, Tatihou, Chausey, rocher de Tombelaine en baie du Mont St Michel), puis s’est implantée dans les marais du Bessin et du Cotentin (Manche et Calvados), la côte ouest du Cotentin (Annoville, Carteret) et à Bréville les Monts dans le Calvados. Elle compte aujourd’hui environ 400 couples dans cette partie de la région (une dizaine de colonies). Son installation comme espèce nicheuse en Haute-Normandie date de 2006, année où 5 couples se sont installés en vallée de la Seine à Heurteauville (76). Elle est actuellement présente sur deux colonies, Heurteauville (moins de 10 couples) et dans l’estuaire de la Seine (environ 30 couples).
Actuellement, elle est présente régulièrement en Normandie, en période internuptiale, surtout sur le littoral, mais aussi à l’intérieur des terres, y compris en hiver, le long des petits cours d’eau, surtout en Seine-Maritime. Après avoir été rare jusqu’au début des années 90, elle est devenue un hivernant assez commun.
Pour la Haute-Normandie, Olivier notait en 1938 : « Il n’y a pas de record authentique pour ces deux espèces (Aigrette garzette et Grande aigrette) dans la région. Il semble cependant que l’Aigrette garzette s’y soit montrée, tandis que la chose est moins certaine pour la Grande aigrette, bien que toutes deux aient été capturées dans le Calvados. »
Écologie et habitat
Si elle recherche les milieux aquatiques littoraux pour se nourrir, elle a besoin de dortoirs dans des bois proches des zones de gagnage, qu’elle choisit ensuite souvent pour nicher. Les lieux d’alimentation sont des zones inondées de faible profondeur.
A l’instar du Héron cendré, c’est un ardéidé arboricole au moment de la nidification, bien qu’elle puisse localement nicher au sol. Les pontes (3 à 5 œufs) ont lieu en avril et mai. Les jeunes seront émancipés deux mois plus tard. Elle se nourrit de poissons, d’amphibiens, mais aussi de larves, de mollusques, d’insectes.
Conservation
Deux problèmes peuvent se poser pour l’espèce : la disparition ou la dégradation des milieux humides qu’elle fréquente et le dérangement sur les dortoirs, les sites d’alimentation ou de nidification.
Le statut de l’Aigrette garzette est lié directement à la protection réglementaire des sites fréquentés par les colonies en période de reproduction.
Répartition en période de nidification (2005-2012)


Nidification
L’Aigrette garzette s’est implantée à partir de 1993 en Basse-Normandie, d’abord sur les îles (Saint-Marcouf, Tatihou, Chausey, rocher de Tombelaine en baie du Mont Saint-Michel), puis s’est implantée dans les marais du Bessin et du Cotentin (Manche et Calvados), la côte ouest du Cotentin (Annoville, Carteret) et à Bréville les Monts dans le Calvados. Elle compte aujourd’hui environ 600 couples dans une quinzaine de colonies. Son installation comme espèce nicheuse en Haute-Normandie date de 2006, année où 5 couples se sont installés en vallée de la Seine à Heurteauville (76). Elle est actuellement présente à Heurteauville, dans l’estuaire de la Seine et à Poses. Elle s’est aussi installée récemment dans l’Orne.
Fréquence sur les échantillons prospectés (%)
| Normandie 1 (117ème rang) |
Elle a été notée sur un échantillon en Haute-Normandie.
Période internuptiale
Actuellement, elle est présente régulièrement en Normandie, en période internuptiale, surtout sur le littoral, mais aussi à l’intérieur des terres, y compris en hiver, le long des petits cours d’eau. Après avoir été rare jusqu’au début des années 90, elle est devenue un hivernant assez commun.
Fréquences sur les échantillons en période internuptiale en Normandie
| Septembre | Octobre | Novembre | Décembre | Janvier | Février |
| 12 | 10 | 16 | 13 | 13 | 14 |
On note une stabilité dans les fréquences lors de l’ensemble de la saison internuptiale lors de l’enquête.
| Septembre | Octobre | Novembre | Décembre | Janvier | Février |
| 26 | 25 | 23 | 20 | 19 | 22 |
| Haute-Normandie en 2007 | Haute-Normandie en 2019 |
| 11 | 11 |
La fréquence est identique entre les deux enquêtes en Haute-Normandie.
Densités et effectifs en période internuptiale en Normandie
| Septembre | Octobre | Novembre | Décembre | Janvier | Février | |
| Densité (individus / km²) | 0,3 | 0,3 | 0,5 | 0,5 | 0,4 | 0,4 |
| Effectifs (nombre d’individus) | 56 300 | 69 000 | 76 500 | 85 300 | 75 500 | 133 400 |
Novembre et décembre montrent les densités les plus fortes. Entre 9 000 et 16 000 aigrettes garzettes passent l’hiver dans notre région, ce qui correspondrait à un tiers des effectifs français estimés.
Suivre le lien pour regarder la carte de l’atlas national de l’Aigrette garzette, période de reproduction et d’hivernage.
