Favoriser la vie du sol

La charte des refuges

Dans la charte des Refuges LPO, parmi les 15 gestes pour protéger la biodiversité, celui qui parle du sol est primordial pour les jardiniers :

« Je maintiens la vie du sol sans utiliser de produits chimiques ».

Le sol regorge de vie, en surface et en profondeur. De nombreux êtres vivants participent à la fabrication de l’humus, à l’aération du sol et permettent l’infiltration de l’eau. Un sol « vivant » est à l’équilibre et toute perturbation le désordonne.

Les produits chimiques

Le terme « produits chimiques » est à prendre au sens large. Le choix a été fait de ne pas parler de produits phytosanitaires (qui soignent les plantes) ou de démarche « zéro phyto » car il s’agit d’une mauvaise utilisation du terme pour ne pas dire pesticides. Ici nous parlons de tous les produits chimiques et pas uniquement des pesticides.

Pourquoi bannir les produits chimiques : sel, chaux vive, sulfate de cuivre, soufre etc… produits contre les mousses. Ils tuent les microorganismes (bactéries, champignons…), modifient le pH (acidité) et aseptisent le sol. Un sol vivant et riche s’identifie à la présence de vers de terre, mais aussi à sa densité. Un sol qui s’émiette facilement ne constitue pas un bon abri pour la faune souterraine.

Pour éviter les produits chimiques : Utiliser les recettes naturelles (savon noir, argile, lait…) pour lutter contre les maladies.

Respecter le sol

Mais pour maintenir un sol vivant, il faut aussi le respecter : ne jamais retourner la terre au- delà de 10 cm, Pour cela, utiliser un outillage adapté comme la grelinette ou l’aérobêche.

aérobêche au jardin
aérobêche © Sylvie Dezailles
protection au jardin avec des cartons qui favorisent les vers de terre
paillis en carton © Sylvie Dezailles

Ne pas bâcher, mais utiliser du carton qui favorise les vers de terre.

Ne pas laisser le sol à nu : couvrir avec des feuilles mortes, de la paille, de la tonte de gazon, le marc de café, les coquilles d’œufs broyées ou encore les pelures de légumes.

paillis au jardin
paillis © Sylvie Dezailles
© Sylvie Dezailles

En plus de la tonte de gazon (ci-dessus), on peut semer de la moutarde ou de la phacélie (à droite) ; ces plantes couvrent le sol en hiver et sont des engrais verts.

fleurs jaunes de phacélie

Ne pas épuiser le sol

La rotation des cultures au potager permet cela. En effet, toutes les plantes n’ont pas les mêmes effets sur le sol : les légumes-feuilles (poireau, pomme de terre, choux, courges etc…) sont très gourmands mais en surface seulement. Les légumes-racines (radis, échalote, betterave etc…) vont chercher leur nourriture en profondeur. Les légumineuses (haricots, pois, fèves etc…) enrichissent le sol. Il faut aussi l’enrichir avec des matières naturelles.

Pour enrichir le sol, quatre approches sont possibles :

Le lombrithé

Dans son lombricomposteur, on récupère deux éléments importants : 

  • Le lombricompost, qui vient enrichir les plantes à la manière d’un terreau.
  • Le lombrithé, appelé aussi lixiviat, thé de vers ou thé de compost, qui joue le rôle d’engrais liquide.
lombrithé
lombricomposteur

Le lombrithé ou jus de lombricompostage est bien équilibré en NPK (azote, phosphore, potassium) ; il reste néanmoins à diluer avec de l’eau à 1/5ème voir un 1/10ème en fonction de la plante à nourrir.

Le compost

On y déverse les épluchures de la cuisine et les déchets organiques du jardin après les avoir fragmentés en morceaux : les tontes de gazon, des feuilles, du carton, des petites branches etc…

bac à compost
bac à compost © Sylvie Dezailles © Sylvie Dezailles

Le compost est de meilleure qualité si l’on alterne les couches de déchets secs et mouillés, verts et bruns, et si l’on mélange chaque couche avec la précédente. Il est conseillé d’ajouter un peu de terre, d’arroser pour empêcher son dessèchement et d’apporter de temps en temps du purin d’ortie. Stocker les feuilles mortes près du tas de compost pour les incorporer peu à peu aux autres déchets. Les feuilles de châtaignier, de laurier ou de noyer sont déconseillées sont par contre déconseillées. L’association matière carbonée (déchets verts et bruns) et matière azotée (déchets mous, tontes…) permet de réaliser un compost haut de gamme.

bac à compost avec déchets de cuisine

Le fumier bio

Les fumiers connaissent une variabilité importante dans leurs compositions chimiques, leurs degrés de composition et la minéralisation de leurs éléments en particulier l’azote. Son apport tend à améliorer l’environnement biologique, chimique et les propriétés chimiques du sol.

Le BRF (bois raméal fragmenté)

Les branches secondaires jeunes sont broyées rapidement après la coupe et étalées en couche de 3 cm sur le sol. Le BRF produit une importante quantité d’humus, améliore la qualité du sol et la santé des plantes, dynamise la microfaune, limite les arrosages et le désherbage.

parterre végétal protégé au pied par du bois de rameaux fragmentés
bois raméal fragmenté © Sylvie Dezailles

Certains conseillent de mettre dessous une couche de compost mûr sinon les champignons produits vont utiliser l’azote du sol et les plantes risquent d’en manquer. Les conseils donnés sont applicables à vos pots et jardinières. Vous pouvez aussi valoriser vos déchets organiques en faisant du compostage de surface.