Favoriser l’accès aux ressources alimentaires naturelles pour la faune sauvage

Dans un jardin Refuge, il est essentiel de préserver ou restaurer l’accès aux ressources alimentaires naturelles pour la faune sauvage : fleurs sauvages, arbres fruitiers, arbres morts, arbustes et arbres indigènes etc… sont autant d’éléments nourriciers pour les insectes, les oiseaux, les mammifères.

Haie variée dans un jardin refuge
Jardin refuge © Sylvie Dezailles

Il existe des essences indigènes spécifiques à chaque territoire (par exemple le pistachier lentisque associé à l’olivier sauvage en zone méditerranéenne). Les espèces exotiques ne sont pas adaptées à la faune locale.

Arbres et arbustes

Arbustes dans un jardin refuge
© Sylvie Dezailles

Les arbres et arbustes permettent à certains insectes de se nourrir du bois (appelés insectes xylophages), d’autres de se nourrir directement de la matière végétale (insectes phytophages). Les oiseaux peuvent alors se nourrir de ces derniers ou encore consommer les graines, baies ou fruits fournis par les plantes.

Les arbres fruitiers comme les pommiers, poiriers, figuiers ou les fraisiers des bois (Fragaria vesca) fournissent une ressource alimentaire abondante pour le renard roux qui glane les baies juteuses dans les haies. Mais aussi aux grives, merles noir, étourneaux sansonnets et mésanges qui prélèvent la pulpe des fruits blets en automne. Laissez-leur un tas vous pourrez vous régalez en les observant !

Arbutes à baies pour la faune sauvage
© Sylvie Dezailles © Sylvie Dezailles

Beaucoup d’arbustes indigènes fournissent des baies en été et en automne à bon nombre d’oiseaux avant ou pendant leur migration (grives, fauvettes, rossignols) mais aussi aux sédentaires comme le merle noir.

Arbres fruitiers au jardin avec pommes à terre

Voici les plus intéressants : l’églantier (Rosa canina) ou certains rosiers (Rosa rugosa,), l’aubépine (Crataegus oxyacantha), le fusain d’Europe (Evonymus europaeus)

… et aussi ’épine noire ou prunellier (Prunus spinosa), le merisier (Prunus avium), le cornouiller sanguin et mâle (Cornus sanguinea et mas), le sorbier des oiseaux (Sorbus aucuparia), le sureau noir (Sambucus nigra), le troëne (Ligustrum vulgare), la vigne vierge (Vitis vinifera ssp sylvestris), le néflier ( Mespilus vulgaris).

Cotoneaster horizontalis
Cotoneaster horizontalis © Sylvie Dezailles

Parmi les exotiques, les plus appréciés sont les cotaneasters (Cotoneaster horizontalis et lacteus).

Cotoneaster lacteus
Cotoneaster lacteus © Sylvie Dezailles

… Et fruits à coque

Les fruits à coques des noyers ou des noisetiers (Corylus avena) ainsi que les pignes des pins (Pinus sylvestris) sont utilisés par l’écureuil roux mais aussi par le pic épeiche, la sittelle torchepot et les mésanges, plus tard en saison.

Inflorescence de lierre
© Sylvie Dezailles

Le lierre (Hedera helix) en plus d’offrir le « gîte » grâce à son feuillage persistant dense possède deux autres vertus : une floraison à une époque tardive de l’année (septembre-octobre) où les sources de pollen et de nectar se font rares pour les insectes ; et des fruits en hiver et jusqu’au mois de mars prisés, entre autres, des merles et des fauvettes à tête noire.

Les graines de fleurs sont aussi très appréciées : pissenlit (Taraxacum vulgare), myosotis (Myosotis arvensis, vipérine (Echium vulgare), sont le régal des linottes, des chardonnerets et des moineaux.

Les graines de fenouil (Foeniculum vulgare) sont un régal pour les pouillots véloces et les chardonnerets mais aussi par les chenilles du papillon machaon qui y pond ses œufs.

Machaon ailes grandes ouvertes pour prendre le soleil
Machaon © Sylvie Dezailles
Un papillon Belle-dame posé sur une cardère
© Sylvie Dezailles

Les graines des chardons aussi, en particulier la cardère (Dipsacus fullonum) qui attire ici une Belle-Dame (photo de gauche).

Il est donc fortement recommander de planter des espèces locales et ne pas couper les végétaux en graines surtout à l’automne, ce qui attire les oiseaux pour se nourrir et permet de belles observations !

En conclusion, la nature est une mécanique complexe et il ne suffit malheureusement pas de poser une mangeoire au jardin pour sauver les espèces. Le plus important est de préserver les petits habitats dont elles dépendent : tas de bois, friches, mares, vergers, arbres morts…