Caille des blés

Coturnix coturnix

Espèce chassable

Nicheur migrateur peu commun (4 000 couples)

Statut en Europe et en France

La Caille des blés occupe presque toute l’Europe, la Roumanie et l’Espagne constituant ses bastions. Les variations d’effectif de l’espèce d’une année sur l’autre sont connues, mais un déclin numérique général a été constaté en Europe sur le long terme, surtout dans sa partie centrale et orientale.

La France a ainsi vu son effectif diminuer depuis la fin des années 1960 malgré certaines bonnes années de reproduction. Il existe en Europe deux populations de cailles : celles qui arrivent en début de printemps et les jeunes nés en Afrique du Nord qui viennent se reproduire en Europe la même année en fin de printemps. Les régions françaises à faible présence de la Caille sont la Bretagne, le Nord et l’Aquitaine.

Statut en Normandie

La Caille des blés occupe toute la Normandie, avec une présence sporadique dans les régions bocagères, en particulier la Manche armoricaine.

Pour la Haute-Normandie, Olivier notait en 1938 : « Très commune autrefois. Cette espèce s’est raréfiée considérablement depuis trente à quarante ans. Elle paraît, à la faveur des protections dont elle a été l’objet depuis quelques années, devoir augmenter ». Ce même auteur mentionne que la Caille s’est raréfiée dans la première moitié du vingtième siècle, après que Gadeau de Kerville et les autres auteurs du xixe siècle l’aient considérée comme commune. Même s’il existe des fluctuations de population, on ne peut plus considérer l’espèce comme commune, et son déclin paraît manifeste sur le long terme.

Écologie et habitat

La Caille est un oiseau d’espaces ouverts, avec une végétation lui permettant de se cacher, mais sans arbres. Elle préfère les lieux secs, chauds et abrités et, quand elle est dans les cultures, opte plutôt pour les céréales, la présence de bandes herbeuses lui étant nécessaire pour s’alimenter. Sa biologie est très particulière, puisque des jeunes nés en Afrique du Nord (ou même dans le sud de l’Europe) au début du printemps, peuvent migrer en Europe tempérée plus tard en saison pour s’y reproduire, et ce la même année. C’est ainsi que les cailles de Normandie nichent chez nous à partir de mai.

Si la Caille mange surtout des graines (graminées, adventices), son régime est majoritairement composé d’insectes lors de la reproduction.

La Caille est un migrateur nocturne. Le passage prénuptial s’étale de fin avril à début juillet, et le passage postnuptial se termine en novembre.

Conservation

La chasse de fin d’hiver, qui était encore largement pratiquée au Maroc avant 1986, a constitué une explication du déclin de l’espèce avant cette date. Depuis son interdiction,  l’intensification agricole et la diminution de son habitat ont la plus grande part des responsabilités, en réduisant les sites de nidification et la disponibilité en graines et invertébrés (réduction des bandes herbeuses et traitements agricoles), et en détruisant les nichées du fait des passages d’engins lors des traitements. La chasse, particulièrement en Afrique du Nord, lors de la migration postnuptiale, est aussi mise en avant, certains auteurs accusant plutôt l’évolution climatique. Le déclin européen serait surtout celui des migrateurs au long cours, causé par l’intensification agricole sur les lieux de reproduction,  la sécheresse dans les quartiers d’hiver (entraînant une diminution des cultures favorables à l’espèce) et les prélèvements cynégétiques au cours de la migration. Enfin, les lâchers, illégaux mais massifs semble-t-il, de cailles japonaises d’élevage, font courir un risque d’hybridation et donc de pollution génétique.

Un retour vers une agriculture moins intensive plus respectueuse de l’environnement, via des mesures agri-environnementales (rôle des jachères, des bandes herbeuses, et d’une diminution des traitements chimiques essentiellement), serait bénéfique à l’espèce. Il faut de plus empêcher toute introduction de cailles japonaises ou d’hydrides, et tenter de faire limiter la chasse et le piégeage dans les pays du sud de l’Europe et de l’Afrique du Nord. Enfin, il conviendrait d’agir pour recréer des milieux favorables à l’hivernage en Afrique, en particulier au Sahel.

Compte tenu de son statut européen et national, la Caille des blés devrait être retirée de la liste des espèces chassables.

Répartition en période de nidification (2005-2012)

dessin de caille des blés en vol
Caille des blés © Serge Nicolle

Nidification

Haute-NormandieCotentin / BessinNormandie
3 7504 000
Estimation du nombre de couples d’oiseaux nicheurs

La Normandie, qui contient des plaines céréalières, est l’une des régions de France où la Caille des blés est présente mais elle y est cependant peu commune (environ 3 % des nicheurs français).

Carte des densités par zones biogéographiques

On constate que dans la zone échantillonnée, la Caille des blés est nettement plus présente dans la partie orientale de la région. Globalement les zones de plaines céréalières de l’est de la région Normandie ont une densité de couples nicheurs plus importante, alors que les zones d’élevage, de bocage (ouest de l’Eure et Cotentin) ou plus forestière (Pays d’Ouche, Lieuvin) montrent une densité plus faible. On pourrait s’étonner de la disparité des densités : >1 couple / km² dans le plateau du Neubourg, mais entre 0,01 et 0,33 dans la plaine de Saint-André, dont le paysage est pourtant proche. Peut-être est-ce dû aux particularités de cet oiseau qui peut changer de zone de nidification d’une année à l’autre ou peut-être d’une pression d’observation un peu plus faible que pour d’autres oiseaux, la Caille des blés, très discrète, étant plus facilement détectable à l’aube et au crépuscule. La densité relativement élevée (> 1 couple / km²) sur la Côte d’Albâtre est également notable.

Comparaison des densités par grandes zones

Haute-NormandieCotentin / BessinNormandie
0,30,2 (66ème rang)
Densité (couples / km²)

La Caille des blés est une espèce dont la densité en Normandie lors de ce travail a été relativement faible (66ème rang).

Fréquence sur les échantillons prospectés

Haute-Normandie en 2017Haute-Normandie en 2019Normandie
182116 (68ème rang)
Fréquences (%)

La Caille des blés est peu fréquemment observée (16 %), avec une augmentation de fréquence (+ 16 %) entre l’enquête 2007 et l’enquête 2019 en Haute-Normandie.

Densité par type d’habitat

BâtiCulturesForêtMosaïquePrairies
0,80,1
Couples / km²

Les cultures, principalement céréalières sont les milieux privilégiés par la Caille des blés, sauf dans le Cotentin où elle habite uniquement les zones de prairies humides.

Période internuptiale

La Caille des blés est un migrateur qui passe l’hiver en Afrique.

Fréquences sur les échantillons en période internuptiale en Normandie

SeptembreOctobreNovembreDécembreJanvierFévrier
010000
Fréquence (%) par mois sur les échantillons prospectés
SeptembreOctobreNovembreDécembreJanvierFévrier
0,90,30000
Fréquences par mois d’après les fiches de relevés

Les premières cailles arrivent en Normandie en avril, la plus grande fréquence se situe en juillet et les dernières cailles partent en octobre. Les fréquences d’observation sont trop faibles pour calculer des densités et des effectifs sur cette période.

Suivre le lien pour regarder la carte de l’atlas national de la Caille des blés, période de reproduction ou d’hivernage.