Serin cini

Serinus serinus

Espèce protégée

Nicheur peu commun (4 500 couples) ; hivernant rare

Statut en Europe et en France

Habitant du pourtour méditerranéen auparavant, le Serin cini a colonisé la France et l’Europe moyenne de l’ouest du continent à partir de l’Espagne. Cette colonisation s’est faite progressivement depuis la seconde moitié du XIXe siècle. Les trois-quarts de la population européenne sont concentrés en Espagne. Le Serin cini est considéré comme en déclin en Europe.

La France était entièrement occupée à la fin des années 1960, avec toutefois un occupation plus clairsemée dans la partie nord-ouest du territoire. Depuis vingt ans, le Serin montre un déclin marqué en France.

Statut en Normandie

En période de nidification, la Normandie est occupée presque entièrement. L’espèce est cependant nettement moins fréquente dans l’intérieur du Pays-de-Caux et de la Normandie occidentale. Ainsi, le Serin cini est localisé à la bordure littorale dans le département de la Manche.

Pour la Haute-Normandie, Olivier indiquait en 1938 : « Arrive en mars-avril et repart en septembre-octobre. Reproducteur commun ou très commun en certains endroits (Vernon, Elbeuf). Absent localement à la même latitude et très rare au nord de Rouen. (Quelques observations seulement : un à Harfleur, deux à Fécamp). Progresse toutefois en direction de la Manche ».

Écologie et habitat

Granivore, le Serin cini occupe chez nous les parcs et les jardins arborés comportant suffisamment de dégagement, particulièrement s’il y a des conifères. Il construit son nid à la fourche d’une branche, souvent assez loin du tronc. Deux nichées sont habituelles, et son alimentation est surtout constituée de graines (graminées, aulne, bouleau), mais aussi d’insectes.

En période internuptiale on peut voir, dès le mois d’août, des groupes d’oiseaux se déplaçant en quête de nourriture. A partir de la mi-septembre et jusqu’en octobre, la plupart des oiseaux quittent la région essentiellement pour l’Espagne. Seuls restent quelques rares individus, probablement des hivernants issus des contrées voisines de l’Est ou du Nord. Le retour des migrateurs a lieu en mars.

Conservation

Le Serin cini, espèce méridionale,  a sans doute profité dans un premier temps de la mode des résineux d’ornement et du réchauffement climatique. Mais, à l’instar du Moineau friquet et de beaucoup de passereaux granivores, cette espèce prend de plein fouet les modifications de l’agriculture : pesticides, disparition des « mauvaises » herbes dont ces oiseaux mangent les graines. Son statut dépend donc des mesures qui seront prises pour rendre de nouveau les modes d’agriculture compatibles avec le maintien de la biodiversité.

Répartition en période de nidification (2005-2012)

Dessin de serin cini
Serin cini © Serge Nicolle

Nidification

On peut estimer 4 500 couples en Normandie.

Fréquence sur les échantillons prospectés

Haute-Normandie en 2017Haute-Normandie en 2019Normandie
19510 (81ème rang)
Fréquences (%)

L’enquête fait apparaître une très importante diminution de fréquence entre les deux sessions en Haute-Normandie. A l’instar du Rossignol philomèle, cette espèce méridionale ne semble pas profiter du réchauffement climatique dans notre région. 

Période internuptiale

Fréquences sur les échantillons en période internuptiale en Normandie

SeptembreOctobreNovembreDécembreJanvierFévrier
121010
Fréquence (%) par mois sur les échantillons prospectés

On note une stabilité des fréquences pendant la saison internuptiale lors de l’enquête, avec des fréquences faibles.

SeptembreOctobreNovembreDécembreJanvierFévrier
332212
Fréquence (%) par mois d’après les fiches de relevés

Notre base de données indique également une stabilité des fréquences de septembre à janvier.

Suivre le lien pour regarder la carte de l’atlas national du Serin cini, période de reproduction et d’hivernage.