Acrocephalus paludicola
Espèce protégée
Migrateur rare
Statut en Europe et en France
Le Phragmite aquatique est une espèce très rare, dont la population mondiale est concentrée en Pologne, Biélorussie et en Ukraine. L’espèce est fortement menacée après une phase de déclin marquée au xxe siècle.
La France est traversée par des nicheurs biélorusses et polonais, en transit vers les zones d’hivernage d’Afrique tropicale. Ils suivent alors le littoral de la Manche et de l’Atlantique. Les principaux sites de passage français se situent dans les grands estuaires (Seine, Loire, Gironde et baie d’Audierne en Bretagne).
Le Phragmite aquatique est considéré comme Vulnérable en migration en France et comme Vulnérable dans les listes rouges des oiseaux nicheurs d’Europe et de l’Union européenne, comme Vulnérable dans la liste rouge mondiale (UICN).
Statut en Normandie
Longtemps ignorée dans les dernières décennies, la présence du Phragmite aquatique en Normandie a été révélée au passage d’automne (août à mi-septembre) par le baguage des passereaux paludicoles, surtout dans l’estuaire de la Seine car l’espèce, se cantonnant au cœur de la roselière, y est très rarement observée. Le passage en Normandie concerne plusieurs dizaines d’oiseaux, peut-être plus si le temps de séjour de chaque oiseau s’avérait court, ce que l’on ne sait pas en l’état actuel des connaissances. En plus du site de l’estuaire de la Seine, l’espèce a été notée dans les marais de Carentan et la baie du Mont-Saint-Michel, ainsi que sur de plus petites roselières du département de la Manche. Il serait en fait à rechercher sur toutes les zones de roselières littorales, comme celles des marais de la Touques ou de la Dives dans le Calvados.
Les données anciennes de cette espèce discrète et qui fut souvent confondue avec le Phragmite des joncs restent difficilement interprétables. Ainsi, pour la Haute-Normandie, Olivier semble évoquer en 1938 un double passage au printemps et à l’automne d’une espèce qu’il qualifie de « peu commune ».
Écologie et habitat
En période migratoire, le Phragmite aquatique fréquente d’abord les phragmitaies inondées, puis les prairies à joncs et à carex, en bordure de roselière.
Le passage principal commence mi-juillet et se poursuit en août ; il concerne les oiseaux adultes. Un second passage (surtout des immatures) a lieu en septembre. Le passage printanier n’est pas décelé chez nous, il est plus oriental et ne concerne que l’est de la France.
Conservation
La fréquentation de la Normandie par cette espèce rare et mondialement menacée dépend de la gestion des roselières littorales et particulièrement de celle de l’Estuaire de la Seine. C’est, au regard du statut de conservation défavorable de l’espèce, un important enjeu de conservation pour la Normandie, qui héberge un des sites migratoires majeurs pour la survie du Phragmite aquatique.

Suivre le lien pour regarder la carte de l’atlas national du Phragmite aquatique, période de reproduction et d’hivernage.
