Sternula albifrons
Espèce protégée
Nicheur éventuel, très rare et irrégulier (1 couple) ; migrateur rare
Statut en Europe et en France
Largement répandue dans le monde, la Sterne naine a en Europe une répartition par taches. Les pays du Sud représentent le principal bastion de l’espèce : Italie et Espagne.
La France est quant à elle occupée surtout sur le pourtour du golfe du Lion et le long de la vallée de la Loire et de l’Allier. En bordure de la Normandie, quelques couples se reproduisent dans le Pas-de-Calais, l’Aisne et la Seine et Marne.
Statut en Normandie
En Normandie, la Sterne naine a niché dans l’estuaire de la Seine en 1981, en 1985, et peut-être en 1987. Plus récemment, en 2007, cette espèce a peut-être niché à Poses (Eure). Elle est actuellement seulement une migratrice rare, à ses deux passages.
Notre base de données indique des données printanières en mai et juin, sur les ballastières de la vallée de la Seine tandis que les observations d’automne (d’août jusqu’en octobre) sont surtout en bord de mer. Les oiseaux sont isolés ou en tout petits groupes (moins de10 individus).
Pour la Haute-Normandie, Olivier la notait « migratrice régulière en mai et de juillet à septembre ».
Écologie et habitat
Des îlots sableux ou sablo-caillouteux, et dénudés, constituent le milieu de nidification de cette espèce coloniale, que ce soit dans des rivières ou au bord de la mer, et maintenant dans des ballastières ou sur des radeaux. Des plages ayant ce type de configuration peuvent également l’accueillir, c’est le cas des sites de l’estuaire de la Seine où elle a niché par le passé. Elle installe son nid, simple cuvette dans le sable, près de l’eau. Les sternes naines d’Europe hivernent sur le littoral de l’Afrique de l’Ouest, reviennent nicher en mai, et repartent de fin juillet à fin septembre. L’espèce se nourrit de petits poissons, de crustacés et d’insectes.
Conservation
Après un déclin de plusieurs dizaines d’années dû à l’aménagement des rivières, l’effectif européen a commencé à croître à partir du milieu des années 1970 dans certains pays, croissance manifeste en France à partir du début des années 1980. L’espèce a ainsi colonisé ou recolonisé de nouveaux sites, souvent grâce à une protection assurant aux oiseaux suffisamment de quiétude pour nicher. Cette constatation doit malgré tout être tempérée par les déclins constatés récemment dans ses bastions européens (Turquie, Russie et Italie), même si son statut n’est pas considéré comme inquiétant en Europe.
Le principal facteur limitant réside pour la Sterne naine dans les dérangements causés par la fréquentation touristique, qui l’empêchent de nicher ou compromettent la réussite des couvées. Les colonies qui sont en bonne santé sont ainsi le plus souvent situées dans des sites protégés. En Normandie, ceci peut concerner l’estuaire de la Seine et certaines ballastières des vallées de la région (Seine, Risle, Bresle, Epte, etc.), où l’existence d’une véritable protection permettrait peut-être à l’espèce de nicher en certains lieux propices. L’aménagement de radeaux et d’îlots dénudés serait aussi susceptible d’attirer des nicheurs. Enfin, les massacres toujours perpétrés sur les côtes d’Afrique de l’Ouest constituent aussi un réel problème, que des actions internationales de sensibilisation tentent de réduire.

Suivre le lien pour regarder la carte de l’atlas national de la Sterne naine, période de reproduction et d’hivernage.
