Pic cendré

Picus canus

Espèce protégée

Nicheur sédentaire très rare (5 couples)

Statut en Europe et en France

Espèce orientale, le Pic cendré est assez rare en Europe. Le noyau principal de population est situé dans les pays boisés de l’Europe de l’Est, Allemagne, Lettonie et Roumanie principalement.

En France, sa répartition est remarquable : il est absent de tout le nord du pays, mais aussi de la moitié sud. Il est présent de l’Alsace aux forêts bretonnes en passant par le Massif central. Il subit depuis plusieurs décennies un déclin prononcé. Après avoir pratiquement disparu du Massif central, où il était encore bien représenté dans les années 70, il est en train de déserter tout l’ouest de sa répartition française, Bretagne et Normandie entre autres.

Le Pic cendré est considéré comme Vulnérable dans la liste rouge des oiseaux nicheurs de France (UICN).

Statut en Normandie

Le Pic cendré atteint tout juste la Basse-Normandie dans les forêts du sud de l’Orne. Il y est de plus en plus marginal, les contacts se limitant à quelques massifs forestiers : forêts de Saint-Evroult, du Perche, de Réno-Valdieu, d’Ecouves, d’Andaines. Il est au bord de l’extinction sinon déjà disparu dans le bocage du sud de la Manche.

Pour la Haute-Normandie, Olivier en 1938 signale le Pic cendré comme : « Accidentel ; quelques rares individus ont été capturés au siècle dernier (Dieppe) ». On peut s’étonner, du reste de la localisation des ces données dans le nord de la Seine-Maritime, en contradiction avec toute l’histoire connue du peuplement de la France par le Pic cendré. Du reste Pennetier en 1898 indique : « Très rare dans la Seine-Inférieure, où il est douteux qu’il se reproduise ». Aucune donnée plus récente ne fait état de la présence comme nicheur du Pic cendré en Haute-Normandie. Cependant, à la fin des années soixante, une donnée existe dans un habitat bocager (vergers à pommiers), vers Montreuil-l’Argillé, donc à l’extrême sud du département de l’Eure, en bordure des zones occupées de l’Orne. Il n’est donc pas exclu que le Pic cendré ait pu y nicher à cette époque, dans un habitat aujourd’hui très dégradé, voire quasi disparu.

Écologie et habitat

Le Pic cendré est un habitant des vieux arbres, dès lors que le paysage est ouvert, que ce soit en bocage ou en forêt où il affectionne particulièrement les parcelles aérées en régénération naturelle. Il recherche aussi les arbres tendres et est donc présent dans des peupleraies. Il est donc beaucoup plus exigeant que son cousin le Pic vert.

Il pond de 5 à sept œufs en mai ou juin, souvent dans un arbre pourrissant. S’il est insectivore comme les autres pics, il se nourrit moins souvent au sol que les pics vert et noir.

Conservation

Le Pic cendré est une des espèces les plus menacées de Normandie. A l’instar du Pic à dos blanc, cette espèce a des exigences écologiques très strictes : arbres âgés, sénescents ou dépérissants, uniquement dans des forêts de feuillus. Le Pic cendré est donc une espèce lié au vieillissement forestier, qui plus est de forêts claires et parsemées de clairières. On voit bien que l’intensification des pratiques forestières menace cette espèce. Des mesures d’études et de sauvegarde, puis de restauration sont nécessaires dans les derniers massifs où il est présent si l’on ne veut pas voir le Pic cendré disparaître de Normandie à brève échéance.

Répartition en période de nidification (2005-2012)

Pic cendré posé dans un arbre
Pic cendré © Frédéric Malvaud

Suivre le lien pour regarder la carte de l’atlas national du Pic cendré, période de reproduction et d’hivernage.