Tyto alba
Espèce protégée
Nicheur sédentaire peu commun (4 200 couples)
Statut en Europe et en France
Présente sur tous les continents, l’Effraie des clochers est un des oiseaux les plus largement répandus sur notre planète. En Europe, elle n’évite que l’Islande et la Fennoscandie. Les populations les plus importantes sont en Espagne, puis en France et en Allemagne.
En France, elle n’évite véritablement que les zones montagneuses. En hiver, les oiseaux locaux sont rejoints par un petit nombre d’individus issus des pays voisins plus froids.
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Statut en Normandie
L’Effraie est présente dans toute la Normandie, plus fréquente dans les zones de bocage, particulièrement commune dans le département de la Manche. Elle se raréfie dans les grandes zones agricoles de l’Eure. La Normandie constitue un bastion national pour cette espèce.
Pour la Haute-Normandie, Olivier indiquait en 1938 : « Commune et sédentaire ».
Écologie et habitat
Il est connu que les effectifs de l’Effraie sont fluctuants selon les années, en fonction de la douceur des hivers qui autorisent une meilleure survie chez cette espèce sensible au froid, et en fonction de l’abondance des micro-mammifères certaines années, au premier rang desquels sont les campagnols. Cette abondance de proies conditionne également la date de ponte et le nombre de poussins à l’envol, ainsi qu’une éventuelle seconde ponte. L’Effraie niche dans des cavités, parfois d’arbres creux, parfois de falaises, mais c’est aujourd’hui dans des bâtiments et près des hommes, qu’elle s’installe le plus couramment : clochers d’églises, combles, greniers, pigeonniers.
Conservation
Les risques de déclin de l’Effraie des clochers résident de plusieurs facteurs : diminution des sites potentiels de nidification, au premier rang desquels les clochers d’églises, souvent grillagés ou obstrués dans le but allégué d’empêcher les pigeons de s’installer (plus généralement pour empêcher toute installation d’oiseaux, considérée comme source de souillures), mais aussi les vieux bâtiments agricoles, transformés en résidences calfeutrées ou rénovées. Une autre cause réside certainement dans la diminution des micro-mammifères du fait des modes modernes de stockage des grains, ainsi que des pesticides, et autres produits chimiques (lesquels peuvent aussi tuer les chouettes qui mangent les proies empoisonnées), sans oublier la transformation du paysage agricole, destructrice de haies et de pâturages riches en proies. Enfin, il convient de mentionner le trafic routier tout particulièrement dans les secteurs ouverts à forte circulation, où les chouettes se font tuer lors de leur vol exploratoire de chasse à faible hauteur, principalement les jeunes oiseaux inexpérimentés. Tous ces facteurs s’ajoutent aux hivers froids, mais qui seraient bien entendu sans incidence à moyen terme sur une population pouvant aisément trouver gîte et couvert de bonne qualité, et chasser sans risque de collision, même en tenant compte des destructions directes pour cause de superstitions.
Les remèdes existent : informer et sensibiliser les maires et le clergé pour laisser les effraies s’installer dans les clochers ou accompagner leur fermeture par la pose de nichoirs ; faire de même avec les propriétaires de vieux bâtiments ; promouvoir la pose de nichoirs adaptés, surtout dans les secteurs pauvres en sites potentiels ; éviter les poisons chimiques destinés à réduire les populations de campagnols ; réduire globalement l’usage des pesticides ; revenir à un paysage agricole riche en pâturages et en haies ; planter des haies au bord des routes traversant les zones ouvertes les plus redoutables pour l’espèce, afin de les obliger à s’élever au-dessus des véhicules.
Répartition en période de nidification (2005-2012)


Nidification
| Haute-Normandie | Cotentin / Bessin | Normandie |
| 1 100 | 1 200 | 4 200 |
La Normandie constitue un bastion national pour cette espèce (environ 20 %% des effectifs estimés).
Carte des densités par zones biogéographiques

La densité de l’Effraie des clochers est relativement importante (0,3 couples / km²) dans le Cotentin (bocage et marais) ainsi que dans le Bessin. En Haute-Normandie, la densité observée est moindre, mis à part le Roumois, et très variable. Les zones de grandes cultures semblent moins favorables que les prairies et le bocage mais il se peut que la disparité soit due à la fluctuation des effectifs de l’Effraie ou à une pression d’observation insuffisante.
Comparaison des densités par grandes zones
| Haute-Normandie | Cotentin / Bessin | Normandie |
| 0,1 | 0,3 | 0,1 (72ème rang) |
Au 72ème rang en termes de densité sur 187 espèces en Normandie, l’Effraie des clochers est une espèce peu commune en Normandie. La densité de cet oiseau est plus grande à l’ouest de la région (Manche) qu’à l’est (Haute Normandie). La diversité des régions de bocage et de prairies du Cotentin est sans doute plus favorable à cette espèce que les grandes cultures céréalières.
Fréquence sur les échantillons prospectés
| Haute-Normandie en 2017 | Haute-Normandie en 2019 | Normandie |
| 22 | 25 | 34 (50ème rang) |
L’Effraie est observée dans environ un quart des prospections en Haute-Normandie, avec une légère augmentation de fréquence (+ 13 %) entre l’enquête 2007 et l’enquête 2019. Au 50ème rang de fréquence, l’Effraie est logiquement plus fréquente qu’abondante.
Densité par type d’habitat
| Bâti | Cultures | Forêt | Mosaïque | Prairies |
| NA | 0,1 | NA | 0,2 | 0,3 |
L’Effraie des clochers n’est pas un rapace nocturne forestier. Sa densité est plus grande lorsqu’il y a un milieu ouvert qui lui permet de chasser les petits mammifères qui constituent l’essentiel de ses proies à proximité d’un bâtiment haut (comme le clocher d’une église) qui lui permet de nicher en hauteur. La plupart des nids observés habituellement se situe dans des bâtiments de villages (églises et bâtiments agricoles) avec des nichoirs installés dans les clochers. La faible densité en milieux bâti tient au fait que nos échantillons sur ce type de milieux ont été placés en zone urbaine, tandis que les villages sont intégrés dans les habitats de mosaïque et de prairies.
Période internuptiale
L’Effraie est un nicheur sédentaire en Normandie, mais bien que présente toute l’année, elle est discrète et peu observée en dehors de sa période de reproduction.
Fréquences sur les échantillons en période internuptiale en Normandie
| Septembre | Octobre | Novembre | Décembre | Janvier | Février |
| 54 | 64 | 68 | 80 | 77 | 84 |
| Septembre | Octobre | Novembre | Décembre | Janvier | Février |
| 0,8 | 0,4 | 0,4 | 0,3 | 0,3 | 0,4 |
Entre septembre et février, la fréquence d’observation dans les fiches de relevés est faible (moins de 1 %), ce qui est logique car les fiches de relevés sont réalisées en journée.
| Haute-Normandie en 2007 | Haute-Normandie en 2019 |
| NA | 1 |
Les fréquences très faibles ne permettent pas d’estimer une évolution entre les deux enquêtes en Haute-Normandie.
Densités et effectifs en période internuptiale en Normandie
Les fréquences trop faibles ne permettent pas d’estimer les effectifs en période internuptiale de cette espèce peu commune.
Suivre le lien pour regarder la carte de l’atlas national de l’Effraie des clochers, période de reproduction ou d’hivernage.
