Pelecanus onocrotalus
Espèce introduite
Hivernant très rare
Statut en Europe et en France
Le Pélican blanc niche en Europe sur les bords de la mer Noire et plus localement en Macédoine grecque. Son bastion est la Roumanie (4 000 couples, plus de 80 % de la population européenne). Sa distribution est donc extrêmement localisée. Il augmente à l’heure actuelle ses effectifs en Europe, après une phase de déclin.
En France, des observations ont lieu dans tout le pays, sans que l’on puisse savoir quelle est la part d’oiseaux d’origine captive, l’espèce étant fréquente dans les zoos et les parcs.
Statut en Normandie
Le Pélican blanc a été observé à de nombreuses reprises en Haute-Normandie ces dernières années. Si l’oiseau qui a fréquenté le port d’Antifer pendant plusieurs années (au début des années 80) était manifestement d’origine captive, il est plus délicat d’émettre une hypothèse sur celui (ou ceux ?) fréquentant la vallée de la Seine (et surtout Poses) depuis l’hiver 2006. On peut noter que l’apparition du Pélican en vallée de la Seine est concomitant d’une importante vague de froid en Roumanie (bastion européen de l’espèce) où on a relevé -32°C en janvier de cette année-là. Une arrivée d’un oiseau sauvage n’est donc pas à exclure. Il faut en outre noter une ponte à Poses en 2015, dans la colonie de grands cormorans, sans que l’on puisse savoir s’il y a eu une tentative de reproduction puisqu’un seul oiseau est observé. Depuis, cet individu a été retrouvé mort en avril 2016.
Écologie et habitat
Le Pélican blanc se reproduit en Europe dans les grands marais (delta du Danube, lacs de Prespa). En erratisme, on peut le trouver sur tout type de plans d’eau douce ou saumâtre.
Conservation
Cet oiseau fait partie de ces espèces allochtones dites « invasives » qui, à l’instar de l’Ouette d’Egypte, de la Bernache du Canada ou du Cygne noir, font l’objet de rejet voire de mesures de régulation. Ces espèces peuvent en effet concurrencer les espèces indigènes, en plus d’impacter des activités économiques. Concernant l’individu de Poses, des demandes de régulation ont été faites, s’appuyant sur un possible impact sur les colonies de sternes ou de mouettes. Reste qu’aucun dossier scientifique étayé n’a été produit pour appuyer ce type de demande et que, dans le même temps, dans le cadre de l’installation d’un parc zoologique sur le site, des pélicans ont été introduits !
Il convient donc de rester prudent et d’exiger l’évaluation scientifique réelle d’éventuels impacts sur la biodiversité et l’économie avant d’envisager des mesures de régulation pour ces espèces, d’autant que l’origine captive du Pélican de Poses n’est pas démontrée.

Suivre le lien pour regarder la carte de l’atlas national du Pélican blanc, période de reproduction et d’hivernage.
