Milan noir

Milvus migrans

Espèce protégée

Nicheur éventuel, très rare et irrégulier (1 couple) ; migrateur rare

Statut en Europe et en France

Le Milan noir occupe, en tant que nicheur, l’Eurasie, l’Afrique et l’Australie. C’est la sous-espèce nominale qui habite l’Europe, principalement en Russie, en Espagne, en France et en Allemagne. La France abrite son principal bastion (près de 30 % des effectifs) suivi par l’Espagne et l’Allemagne. Le Milan noir est absent du nord-ouest de l’Europe. Un très net déclin de l’espèce a été noté du sud-est à l’est du continent européen. Ailleurs, et en particulier en France, l’espèce est en augmentation.

En France, une extension vers le nord de l’aire de répartition du Milan noir a été constatée, de 100 km par endroits, dans les années 70 et 80. Aujourd’hui, c’est plutôt sur le flanc nord-est que l’espèce progresse légèrement. L’absence de l’espèce de toute la frange nord-ouest atlantique (de la Bretagne au Danemark), mais aussi de Galice, semble indiquer une limite climatique.

Statut en Normandie

Notre base de données indique l’espèce annuellement, un peu partout, de mars à juillet, très majoritairement en avril et mai. Il s’agit donc d’un passage prénuptial d’individus isolés, dépassant leur aire de répartition habituelle vers le Nord. Quelques données de septembre attestent d’un passage postnuptial marginal. La nouveauté vient du cantonnement d’un couple à Poses au printemps 2015 qui a vu cependant l’échec de la tentative de reproduction. Il faut noter que ces dernières années des indices de reproduction ont été aussi notés dans le Calvados. Cette espèce pourrait donc s’installer en Normandie à l’avenir.

Anciennement, le Milan noir n’était connu en Haute-Normandie par Olivier en 1938 que comme « très rarement capturé et observé au siècle dernier ».

Écologie et habitat

Le Milan noir occupe une grande variété de milieux, mais préfère les lieux arborés proches de l’eau, sans que cela soit indispensable. Les couples nichent plutôt isolément les uns des autres, du moins en Europe, et le nid est situé dans un arbre. C’est probablement seulement à partir de l’âge de trois ans que les oiseaux se reproduisent, ceci expliquant la longue période d’erratisme des immatures « célibataires » à l’origine des fréquentes observations de l’espèce en période de reproduction.

Enfin, le Milan noir est plutôt omnivore, se nourrissant surtout de poissons dans les zones aquatiques, des petits mammifères, d’oiseaux, d’insectes et de cadavres ailleurs, ainsi que d’ordures ; il est souvent attiré par les décharges et les abattoirs. Il se pourrait qu’il profite des poissons morts du fait de l’eutrophisation et de la pollution des eaux douces, cette dernière pouvant alors avoir des effets toxiques sur les oiseaux.

Le Milan noir est un migrateur qui hiverne en Afrique subsaharienne et au Proche-Orient, les nicheurs arrivant en France en mars et repartent fin juillet.

Conservation

Les insecticides organochlorés comme le DDT ont été, par le passé, une menace importante pour le Milan noir, comme pour toutes les espèces situées en bout de chaîne alimentaire. Les populations ainsi détruites ont pu au moins partiellement se reconstituer après l’interdiction en Europe des plus dangereux d’entre eux.

Si l’espèce reprend son expansion dans les régions limitrophes de la Normandie, on pourra s’attendre à son installation dans notre région. Il faudra alors envisager des mesures de protection locales pour éviter le dérangement. L’avenir de ce rapace tient à la bonne santé des zones humides, particulièrement des secteurs de prairies. Toutes les mesures favorisant l’élevage extensif, la préservation des prairies et des rideaux d’arbres devraient favoriser l’espèce.

Répartition en période de nidification (2005-2012)

Milan noir en vol
Milan noir © LPO Normandie

Suivre le lien pour regarder la carte de l’atlas national du Milan noir, période de reproduction et d’hivernage.