Ibis falcinelle

Plegadis falcinellus

Espèce protégée

Migrateur très rare

Statut en Europe et en France

Espèce des zones humides méridionales, l’Ibis falcinelle a vu ses populations européennes décimées lors de la première moitié du vingtième siècle. Les mesures de protection des zones humides prises à la fin du vingtième siècle ont permis une spectaculaire remontée des populations en particulier dans l’ouest de sa répartition. C’est ainsi que l’Ibis falcinelle est passé de 400 couples au début des années 2000 en Espagne à près de 4 000 aujourd’hui.

L’Ibis s’est ensuite installé en France, à partir de 2006, en Camargue et comprend aujourd’hui 250 à 500 couples. Dans ce contexte, les observations d’individus au nord de son aire de répartition se font évidemment plus régulières et l’espèce s’est reproduite au lac de Grand-Lieu (Loire-Atlantique) en 2011.

Statut en Normandie

Migrateur marginal en Normandie, l’Ibis falcinelle est observé de plus en plus fréquemment sur les grandes zones humides littorales de Normandie, lors de l’erratisme postnuptial. Ces observations sont à relier évidemment à l’installation et à l’expansion de l’espèce en France. Il est donc logique que des nidifications isolés (et pour le moment non pérennes) se produisent en France. C’est ainsi qu’une reproduction probable est notée en Normandie par Purenne (Alauda 2016) sur la Tourbière de Baupte (50) en 2014.

L’Ibis falcinelle était considéré par Olivier en 1938 comme « De passage accidentel ; assez nombreuses captures. Une au marais d’Anneville-sur-Seine le 21 octobre 1909 ».

Écologie et habitat

L’Ibis falcinelle fréquente les roselières, les massifs de saules des grandes zones humides en période de reproduction. Il peut s’installer aussi dans les arbres, en colonies mixtes avec d’autres ardéidés (hérons cendrés, aigrettes). L’espèce, pour se nourrir, a cependant besoin de lagunes peu profondes, douces ou saumâtres, riches en invertébrés.

Il arrive en avril et sa migration postnuptiale le conduit essentiellement en Afrique tropicale. Cela dit, une petite tradition d’hivernage existe en Afrique du Nord et des oiseaux hivernants sont devenus réguliers en Camargue.

Conservation

Cette espèce pourrait être favorisée par le réchauffement climatique, mais sera aussi restreinte par la diminution et la dégradation des zones humides. On ne peut toutefois exclure une implantation future au nord de son bastion camarguais, comme l’attestaient les premières reproductions certaines ou probables au lac de Grand-Lieu (Loire-Atlantique) ou dans la Dombes (Ain). L’espèce, à l’instar des ardéidés comme les aigrettes, pourraient donc un jour s’installer en Normandie.

Ibis falcinelle
Ibis falcinelle © Frédéric Malvaud

Suivre le lien pour regarder la carte de l’atlas national de l’Ibis falcinelle, période de reproduction et d’hivernage.