Huitrier pie

Haematopus ostralegus

Espèce chassable

Nicheur rare (230 couples) ; hivernant assez rare

Statut en Europe et en France

L’Huîtrier pie niche dans une grande partie de l’Eurasie, très majoritairement près des côtes. Les cas de nidification à l’intérieur des terres sont de plus en plus nombreux, en particulier le long de la mer du Nord et de la Baltique. Ce sont les Pays-Bas et le Royaume-Uni qui possèdent la plus forte population d’Europe, suivis par la Norvège, l’Islande et l’Allemagne. Il est en déclin marqué dans ses pays bastions.

A l’inverse, en France, une augmentation des effectifs des nicheurs, des hivernants et du nombre des sites de reproduction, a été constatée durant tout le XXe siècle, surtout depuis la fin des années 1970, grâce à l’arrêt de la chasse en mars et à la création en différents sites du littoral, de réserves de chasse maritimes assurant la tranquillité des huîtriers, tant migrateurs qu’hivernants. La France abrite 1 200 couples nicheurs répartis du Nord-Pas de Calais au sud de la Bretagne et sur les côtes basses méditerranéennes et une population hivernante de 45 000 individus en moyenne.

L’Huîtrier pie est considéré comme Vulnérable dans la liste rouge des oiseaux nicheurs d’Europe et de l’Union européenne (UICN).

Statut en Normandie

L’Huîtrier pie est une espèce nicheuse très localisée en Normandie, présente essentiellement dans le Cotentin (surtout sur la côte est) et sur les îles Chausey, qui abritent l’essentiel des effectifs (90 %). En Haute-Normandie, les premières nidifications documentées de l’Huîtrier pie remontent à 1979, en baie de Seine. Dans les années suivantes, la nidification régulière de deux à quatre couples a duré quelques années, pour se réduire à 1 ou 2 couples actuellement.

La Normandie représente une importante zone d’hivernage pour l’Huîtrier pie. L’essentiel des mentions de notre base de données concerne des migrateurs et des hivernants, surtout d’août à février, avec un maximum en août-septembre. A part de rares individus isolés à Poses, les données proviennent du littoral.

Pour la Haute-Normandie, en 1938, Olivier notait: « Migrateur. Au printemps et à l’automne, il est quelquefois très commun sur les bancs de l’estuaire de la Seine et le long des côtes du Calvados. D’après Gadeau de Kerville, un certain nombre de couples se reproduiraient chez nous ».

Écologie et habitat

Pour se reproduire, l’Huîtrier pie a besoin de ressources alimentaires abondantes (surtout grands mollusques des zones intertidales), et des sites tranquilles le long des côtes ou des estuaires, du moins pour ce qui concerne les oiseaux côtiers. Les sites intérieurs peuvent être le long des plans d’eau ou des rivières, dans des cultures ou dans les prairies. Le nid est au sol, les pontes sont déposées de fin avril à fin juin, et les derniers juvéniles deviennent indépendants vers la mi-août. Si les nicheurs de nos latitudes moyennes sont sédentaires, ils sont rejoints en hiver par les huîtriers pies nordiques, dont certains se rendent jusqu’en Afrique. Ce sont essentiellement les grands estuaires qui les accueillent. Les oiseaux se nourrissant surtout sur les vasières. La migration prénuptiale débute dans la seconde décade de février, et les premiers cantonnements peuvent être notés à la même période.

Conservation

Les obstacles que l’Huîtrier pie rencontre pour nicher sont avant tout liés à la difficulté pour lui de trouver des lieux tranquilles proches des sites où il peut se nourrir ; ainsi, les aménagements de l’estuaire de la Seine, la fréquentation de certains lieux, les remaniements constants du biotope, la chasse au début de la période de reproduction et à la fin de la période d’élevage des jeunes, sont largement en cause dans sa présence anecdotique comme reproducteur en baie de Seine. La pollution chimique n’est sûrement pas en reste chez ce mangeur de coquillages. Rappelons d’autre part que la France est le seul pays d’Europe où le tir de ce limicole est encore autorisé, tir qui constitue la première cause de mortalité hivernale de l’espèce en France, avec un minimum de 2 000 individus tués lors d’un hiver sans vague de froid. Ces vagues de froid amènent sur nos côtes des milliers d’oiseaux supplémentaires et ont, dans un passé récent, été à l’origine d’hécatombes que le laxisme des autorités en charge de la chasse a pu permettre. Sur ce plan, le respect des dates de chasse préconisées par la directive Oiseaux et la fermeture immédiate de la chasse en cas de gel sont des impératifs.

Au vu de son statut de conservation européen, l’Huîtrier pie devrait être retiré de la liste des espèces chassables.

Répartition en période de nidification (2005-2012)

Huitrier pie au bord de l'eau
Huitrier pie © Guy Corteel

Nidification

La Normandie constitue un bastion national pour cette espèce (un peu plus de 200 couples, environ 15 % des effectifs nicheurs français).

Fréquence sur les échantillons prospectés (%)

Normandie
2 (110ème rang)

L’Huîtrier pie a été noté sur 2 échantillons dans le Cotentin.

Période internuptiale

De 15 à 20 000 individus séjournent dans la région (plus du tiers des effectifs français), surtout dans l’estuaire de la Seine, la baie des Veys, la côte ouest du Cotentin et la baie du Mont-Saint-Michel, secondairement la baie d’Orne, Chausey et le reste du littoral.

Fréquences sur les échantillons en période internuptiale en Normandie

SeptembreOctobreNovembreDécembreJanvierFévrier
1NANANANANA
Fréquence (%) par mois sur les échantillons prospectés

L’Huîtrier pie a été très peu noté sur nos échantillons durant la période internuptiale.

SeptembreOctobreNovembreDécembreJanvierFévrier
654444
Fréquence (%) par mois d’après les fiches de relevés

Notre base de données témoigne de contacts avec une fréquence très stable pendant la période internuptiale.

Densités et effectifs en période internuptiale en Normandie

Cette espèce n’est pas assez fréquente pour que l’on puisse estimer les densités et les effectifs inter-nuptiaux.

Suivre le lien pour regarder la carte de l’atlas national de l’Huitrier pie, période de reproduction et d’hivernage.