Grus grus
Espèce protégée
Migrateur rare
Statut en Europe et en France
La plus grande partie de la population européenne de Grue cendrée se trouve en Suède, en Pologne et en Finlande. L’espèce est plus dispersée dans le reste du nord de l’Europe. La population européenne est toujours en expansion numérique.
En France, l’espèce semble avoir été assez commune au moins jusqu’au moyen-âge, avant de disparaître vers 1600, sans doute en lien avec l’ampleur des travaux d’assèchement et une chasse immodérée. Ce n’est ensuite que beaucoup plus tard, à partir de 1985, que des couples isolés ont niché plusieurs années dans le département de l’Orne puis en Lorraine dix ans plus tard. La population française connaît ainsi un accroissement marqué dans sa principale région d’implantation, la Lorraine, où se reproduisent aujourd’hui une quinzaine de couples. En France, la Grue cendrée est surtout un oiseau de passage sur un large front de la Lorraine et de la Champagne à l’Aquitaine (environ 300 000 individus) et depuis peu un hivernant en nombre (près de 100 000 individus).
La Grue cendrée est considérée comme En danger critique dans la liste rouge des oiseaux nicheurs de France et comme Quasi menacée en hivernage (UICN).
Statut en Normandie
La Normandie ne se trouve pas sur la route migratoire normale de la Grue cendrée (nettement plus à l’est, au plus près en Champagne), mais des individus sont parfois observés dans notre région, tant avant qu’après la saison de reproduction. Les rares observations de notre base de données se rapportent au passage postnuptial, mais aussi à des oiseaux en hivernage ou au passage de printemps. Les données sont irrégulières et concernent souvent des oiseaux isolés ou en tout petits groupes, en stationnement plus ou moins prolongé. Ils sont notés un peu partout dans la région.
Un couple s’est reproduit de 1985 à 1991 dans un secteur bocager de l’Orne. Cette nidification très isolée n’a pas eu de suite.
Olivier notait en 1938 : « De passage irrégulier en Haute-Normandie. De nombreuses captures ont été faites au siècle dernier ; peu depuis 1920 ».
Écologie et habitat
La Grue cendrée niche au sol dans divers milieux humides, volontiers boisés. Grégaire en hiver, elle fréquente alors des zones humides ouvertes et les cultures proches, dans lesquels elle pâture. Elle stationne en migration dans ce même type d’habitat. La Grue se nourrit de végétaux divers (racines, graines, fruits), d’invertébrés et de petits vertébrés.
Conservation
En migration ou en hivernage, la principale menace que la Grue pourrait rencontrer en Normandie réside dans les lignes à haute tension, à l’origine fréquente de collisions mortelles sur sa route habituelle. Le développement des éoliennes pourrait aussi constituer un risque pour ce grand voilier.

