Grosbec casse-noyaux

Coccothraustes coccothraustes

Espèce protégée

Nicheur peu commun (4 000 couples) ; hivernant peu commun

Statut en Europe et en France

Le Grosbec casse-noyaux est un nicheur irrégulièrement distribué dans tout le Paléarctique. Il est présent depuis l’est de l’Espagne à la Grèce au sud, et de l’Irlande à la Finlande au Nord. C’est surtout une espèce de l’Est de l’Europe. Globalement, le Grosbec est stable en Europe, noté en déclin cependant en Allemagne et en Pologne.

En France il est peu commun en nidification, et surtout sédentaire, avec quelques mouvements migratoires vers le sud de l’Europe et un apport hivernal de reproducteurs plus septentrionaux. Sa répartition n’y est pas homogène, puisqu’il évite les régions les plus occidentales et reste rare en bordures de celles-ci, ainsi que le sud du pays ; c’est dans le Nord-Est que l’oiseau est le plus répandu. En France, son aire s’étend un peu vers le sud, mais elle a manifestement diminué depuis un siècle dans l’ouest, puisque le Grosbec était nicheur au XIXe siècle dans toute la Bretagne, alors qu’il manque aujourd’hui dans la plus grande partie de cette région, qu’il semble cependant recoloniser récemment. Il est considéré comme en augmentation en France.

Statut en Normandie

Le Grosbec est aujourd’hui vraiment un oiseau forestier en Normandie, présent surtout dans tous les massifs de Haute-Normandie, de l’Orne et de l’Est du Calvados. Il est présent dans les secteurs boisés de feuillus de la région, mais toujours irrégulièrement et en faibles densités. Pour la Haute-Normandie, les forêts du pays d’Ouche dans le sud de l’Eure concentrent l’essentiel des effectifs.

Dans cette partie de la région, en 1938, Olivier indiquait: « Durant l’hiver, on rencontre cet oiseau isolé ou plus souvent par petites bandes de quelques individus. Le nombre de ces oiseaux migrateurs ou erratiques varie d’ailleurs beaucoup suivant les années. Nicheur très localisé, nous n’avons trouvé que quelques nids (trois) de cette espèce, cependant assez commune dans les vergers de la vallée de la Seine ».

Écologie et habitat

La chênaie-charmaie représente l’habitat optimal du Grosbec en période de nidification dans les régions tempérées de l’Europe, alors que la hêtraie est considérée comme ayant sa préférence selon certains auteurs. En Normandie, il semble occuper essentiellement ces deux milieux, ainsi que d’autres types de boisements de feuillus. Les habitats non forestiers comme les vergers et les parcs sont chez nous très peu habités par l’espèce. Le Grosbec niche en petites colonies, dans le houppier des arbres. Il peut faire deux couvées. C’est son régime alimentaire qui détermine ses choix en matière d’habitat, tant en période de reproduction qu’en dehors de celle-ci. Il exploite ainsi, selon les saisons, des graines d’arbres fruitiers sauvages (merisiers, sorbiers, prunelliers…), des fruits (hêtres, charmes, érables) et des bourgeons, et prélève des insectes lors de la nidification.

En dehors de la reproduction, le Grosbec est nettement moins éclectique et peut être plus aisément observé en petits groupes dans les jardins, où il se nourrit de graines tombées au sol, ou même dans les mangeoires.

Conservation

Les vergers, qui étaient bien occupés dans la vallée de la Seine avant la Seconde Guerre mondiale, ne le sont plus aujourd’hui, tant ils sont devenus rares. De plus, la régression de l’oiseau en Bretagne illustre le parallélisme qui peut être fait avec la diminution progressive des vergers, puisque l’ancienne littérature ornithologique bretonne associe presque toujours le Grosbec aux vergers de pommiers et de poiriers.

L’espèce serait favorisée si revenaient les vergers de pommiers en hautes tiges et des haies arborées touffues. En forêt, le retour d’essences variées de feuillus autochtones, et le développement des taillis sous futaies iraient dans le même sens. Enfin, une meilleure connaissance des préférences du Grosbec, et un suivi plus fin de sa population seraient utiles.

Répartition en période de nidification (2005-2012)

Grosbec casse-noyaux sous la neige
Grosbec casse-noyaux © Fabienne Couplan

Nidification

Les difficultés de recensement de cette espèce discrète, évoluant plutôt dans le houppier des arbres, aux manifestations vocales difficiles à reconnaître, et peu fidèle aux sites occupés d’une année sur l’autre, ne permettent pas de dessiner une tendance.

Fréquence sur les échantillons prospectés

Haute-Normandie en 2017Haute-Normandie en 2019Normandie
497 (90ème rang)
Fréquences (%)

La fréquence notée sur nos échantillons a nettement augmenté entre les deux enquêtes en Haute-Normandie.

Période internuptiale

S’il se rencontre toute l’année, il ressort cependant que l’essentiel des observations a lieu pendant les mois de novembre à avril : le Grosbec casse-noyaux est donc dans notre région d’abord un hivernant. Pendant l’hiver 2017/2018, la Normandie a connu une remarquable invasion de plusieurs milliers d’oiseaux orientaux d’octobre à mars.

Fréquences sur les échantillons en période internuptiale en Normandie

SeptembreOctobreNovembreDécembreJanvierFévrier
NA22678
Fréquence (%) par mois sur les échantillons prospectés

On note une certaine stabilité de la fréquence au début de la saison internuptiale puis une nette augmentation à partir de décembre, liée aux apports migratoires.

SeptembreOctobreNovembreDécembreJanvierFévrier
123346
Fréquence (%) par mois d’après les fiches de relevés

Notre base de données confirme une progression de la fréquence à mesure de l’avancée de la saison internuptiale.

Haute-Normandie en 2007Haute-Normandie en 2019
24
Fréquence sur les échantillons prospectés (%) au cours des enquêtes précédentes

La fréquence présente une nette augmentation entre les deux enquêtes en Haute-Normandie, comme pour les oiseaux nicheurs.La fréquence est identique entre les deux enquêtes en Haute-Normandie.

Densités et effectifs en période internuptiale en Normandie

Cette espèce n’est pas assez fréquente pour que l’on puisse estimer les densités et les effectifs inter-nuptiaux dans la région..

Suivre le lien pour regarder la carte de l’atlas national du Grosbec casse-noyaux, période de reproduction et d’hivernage.