Grand Corbeau

Corvus corax

Espèce protégée

Nicheur sédentaire très rare (25 couples)

Statut en Europe et en France

Le Grand Corbeau niche sur l’ensemble de l’Europe du moment qu’il trouve des falaises pour sa reproduction. Il a ainsi ses bastions en Scandinavie, mais aussi en Espagne.

Après avoir subi un fort déclin en France entre le XIXe siècle et la première moitié du XXe siècle, ses effectifs ont commencé à remonter surtout grâce aux mesures de protection. Il reste en France principalement un oiseau des massifs montagneux. Cependant, une petite population a toujours subsisté sur les côtes bretonnes et normandes. Elle a beaucoup décliné en Bretagne, jusqu’à être réduite à une vingtaine de couples avant de remonter grâce à l’occupation des carrières de roches massives. Actuellement plus de la moitié de la population bretonne niche en carrière.

Statut en Normandie

La situation est similaire en Normandie, où l’espèce commence à s’installer aussi dans des carrières. Dans la région, le Grand Corbeau est un nicheur rare, dont la distribution est limitée au Cotentin et tout récemment aux falaises du Bessin. Il y habite comme en Bretagne les falaises littorales ou des carrières, y compris en exploitation. Une dizaine de couples sont présents dont trois en carrières.

Pour la Haute-Normandie, si Olivier, en 1938, signale que le Grand Corbeau était « relativement commun au XIXe siècle » en Haute-Normandie, il le considérait déjà comme « très rare » dans la première moitié du XXe siècle. Pennetier, en 1898, indiquait : « Sédentaire dans plusieurs départements de la France, notamment dans la Seine-Inférieure. Niche le plus ordinairement dans les falaises parfois dans les vieilles tours, plus rarement dans les arbres ». Gadeau de Kerville indique simplement en 1890 : « Sédentaire dans toute la Normandie, assez rare ».

Plus récemment, sur la côte d’Albâtre en Seine-Maritime, un couple s’est reproduit à Antifer en 1998, un autre a peut-être niché au Cap d’Ailly en 2007. Le Grand Corbeau est donc aujourd’hui un nicheur très occasionnel et irrégulier en Haute-Normandie.

Écologie et habitat

Le Grand Corbeau habitait les forêts jusqu’au XIXe siècle, c’est encore le cas dans ses bastions orientaux et nordiques. En France, il n’est plus un hôte que des parois rocheuses, à l’intérieur, sur le littoral, et même dans d’anciennes carrières.

L’alimentation du Grand Corbeau est très éclectique, il est facilement prédateur. La ponte est déposée en mars et la reproduction est terminée à la fin du mois de mai, en règle générale.

Conservation

La dynamique négative de la population des côtes bretonnes et normandes peut laisser craindre une extinction de l’espèce dans la région. Cela apporte peu de chances de voir se reconstituer une population stable de grands corbeaux en Haute-Normandie et une augmentation de la population bas-normande. Tout récemment, on a pu constater toutefois une tolérance à la présence des touristes sur les sentiers littoraux, comme au cap de Carteret. L’espèce est par ailleurs dépendante de l’exploitation de nouvelles carrières et des mesures de gestion qui pourront être mises en œuvre dans ces situations. L’espèce doit donc être suivie très attentivement dans notre région.

Répartition en période de nidification (2005-2012)

Grand Corbeau dans les galets
Grand Corbeau © Antonin Bénard

Nidification

Une vingtaine de couples est présent dont la moitié dans des carrières dans le Cotentin et dans le Bessin. L’espèce a niché occasionnellement sur les falaises cauchoises.

Fréquence sur les échantillons prospectés (%)

Normandie
1 (117ème rang)

Le Grand Corbeau n’a été contacté que sur un seul échantillon dans le Cotentin.

Période internuptiale

Espèce sédentaire, le Grand Corbeau est un hivernant rare en Normandie.

Fréquences sur les échantillons en période internuptiale en Normandie

SeptembreOctobreNovembreDécembreJanvierFévrier
366554
Fréquence (%) par mois sur les échantillons prospectés

La fréquence du Grand Corbeau est stable sur l’ensemble de la saison internuptiale lors de l’enquête.

SeptembreOctobreNovembreDécembreJanvierFévrier
112112
Fréquence (%) par mois d’après les fiches de relevés

Notre base de données montre également la faible fréquence, stable, de l’espèce de septembre à février.

Densités et effectifs en période internuptiale en Normandie

La fréquence trop basse du Grand Corbeau ne permet pas d’évaluer sa densité ou ses effectifs en hiver en Normandie par notre méthode d’échantillonnage.

Suivre le lien pour regarder la carte de l’atlas national du Grand Corbeau, période de reproduction et d’hivernage.