Larus fuscus
Espèce protégée
Nicheur rare (300 couples) ; hivernant assez rare ; migrateur peu commun
Statut en Europe et en France
Le Goéland brun est un oiseau des côtes du nord de l’Europe, présent des Iles Britanniques (son bastion avec les Pays-Bas) à la Scandinavie et à l’Islande. Cette population est en augmentation.
La France et le nord-ouest de l’Espagne sont sur la marge sud de sa distribution (du Pas de Calais au bassin d’Arcachon, avec ses bastions en Bretagne et Normandie).
Statut en Normandie
Si le Goéland brun est présent sur une grande part du littoral normand, à l’instar du Goéland argenté, il est nettement moins abondant et surtout plus localisé. Comme lui, il s’est installé en milieu urbain, comme à Cherbourg, Caen et même récemment Rouen. Jusqu’à récemment, l’essentiel des effectifs était concentré sur quelques colonies (Chausey, Tatihou), complété par une petite population en bas des falaises du Pays-de-Caux.
Le Goéland brun est un migrateur qui voit une partie de ses nicheurs partir vers la péninsule Ibérique et l’Afrique du Nord et sont remplacés, pour partie, en hiver par des nicheurs nordiques. Les oiseaux de passage montrent une distribution nettement plus continentale que les autres espèces de goélands et se rencontrent en nombre dans les grandes plaines de l’intérieur des terres.
Pour la Haute-Normandie, il était connu par Olivier en 1938 comme migrateur « régulier et très commun ».
Écologie et habitat
En général, le Goéland brun s’installe pour nicher sur des îles basses recouvertes de végétation herbacée. L’absence de milieux favorables en Seine-Maritime le conduit à utiliser (comme le Goéland marin) des pentes herbeuses et des éboulis de bas de falaises. Il ne niche pas sur la falaise elle-même comme le Goéland argenté et a donc une population normalement restreinte sur nos côtes. Il peut comme les autres espèces de goélands s’installer en milieu urbain, sur des terre-pleins industriels ou des toits.
Son régime alimentaire est aussi différent, il est nettement plus piscivore et moins dépendant des déchets dus aux activités humaines. La ponte de 3 œufs a lieu en mai, plus tardivement que le Goéland argenté.
Conservation
La forte diminution des populations « naturelles » du Goéland brun doivent conduire à surveiller attentivement sa dynamique de population. Ainsi, son installation en ville pose les mêmes difficultés que pour les autres espèces de goélands et au lieu de vouloir à tout prix limiter sa présence en ville, ne faut-il pas penser autrement en s’interrogeant sur la réalité des nuisances (ainsi, en matière de bruit, nos moteurs sont bien plus impactant pour l’homme en ville !) et aussi en réfléchissant à des façons de cohabiter avec les goélands plutôt qu’en cherchant à faire un monde sans nature ?
Les colonies importantes doivent bénéficier ou continuer à bénéficier d’une protection et d’un suivi attentifs, particulièrement celles installées sur les îles.
Pour ce qui concerne la petite population haut-normande de la côte d’Albâtre, celle-ci est fragile, localisée et sa survie dépend de la protection des zones de nidification (bas de falaises), en particulier la limitation maximale des dérangements pour une espèce qui y est sensible. Les effondrements de falaises, ou coulées de boues, peuvent détruire des nichées, mais on peut penser cependant que de nouveaux milieux de nidification se créent et permettent de compenser les pertes.
Répartition en période de nidification (2005-2012)


Nidification
Les populations de Goéland brun ont considérablement diminué (en particulier à Tatihou) pendant que les populations urbaines augmentaient sans pour cela compenser la perte en effectifs.
Période internuptiale
Nos côtes voient donc un afflux de migrateurs, d’août à novembre, et retiennent un faible nombre d’hivernants, essentiellement sur la côte, mais aussi jusqu’à Rouen, voire plus à l’intérieur des terres.
Fréquences sur les échantillons en période internuptiale en Normandie
| Septembre | Octobre | Novembre | Décembre | Janvier | Février |
| 17 | 12 | 9 | 6 | 7 | 6 |
Les fréquences observées lors de l’enquête, baissent progressivement pour se stabiliser en hiver.
| Septembre | Octobre | Novembre | Décembre | Janvier | Février |
| 18 | 16 | 10 | 5 | 6 | 6 |
Notre base de données marque bien la baisse de fréquence observée lors de l’enquête sur les échantillons prospectés.
| Haute-Normandie en 2007 | Haute-Normandie en 2019 |
| 6 | 11 |
On note une augmentation importante de fréquence en Haute-Normandie en période internuptiale entre les deux périodes.
Suivre le lien pour regarder la carte de l’atlas national du Goéland brun, période de reproduction et d’hivernage.
