Fuligule morillon

Aythya fuligula

Espèce chassable

Nicheur rare (80 couples) ; migrateur et hivernant peu commun

Statut en Europe et en France

Le Fuligule morillon niche dans une grande partie de l’Europe où ses bastions sont les pays du Nord. Il a connu au XXe siècle une expansion vers le Sud et l’Ouest et colonisé la France.

Le Fuligule morillon habite la moitié nord de la France, principalement les grandes régions d’étangs (Dombes, Brenne, Sologne), mais aussi l’Alsace et l’extrême nord du pays. Il semble cependant que l’espèce stagne en effectifs, voire régresse dans ses bastions français, tandis que les effectifs hivernants en France subissent un déclin prononcé. Le Fuligule morillon montre aussi un déclin à l’échelle de l’Union européenne.

Il est classé comme Quasi menacé comme hivernant en France (UICN).

Statut en Normandie

Si l’espèce a niché dans les années soixante dans l’Orne, puis s’est implantée sur la mare de Vauville dans la Manche, c’est depuis la dernière décennie que le Fuligule morillon s’est vraiment installé comme nicheur en Normandie.

Aujourd’hui, quelques dizaines de couples nichent en vallée de la Seine (de l’estuaire à la frontière avec l’Ile-de-France), mais aussi en vallée de la Varenne, en vallée d’Eure,  sur d’anciennes ballastières.

Pour la Haute-Normandie, Olivier le connaissait en 1938 comme « migrateur très commun à son double passage ». On peut ajouter aujourd’hui que le Fuligule morillon est un hivernant peu commun sur la plupart de nos plans d’eau.

Écologie et habitat

Le Fuligule morillon recherche pour nicher des plans d’eau à végétation immergée abondante lui procurant une nourriture riche (mollusques) et une grande tranquillité.

C’est un nicheur tardif. La ponte (8 à 11 œufs) est déposée en mai (quelquefois avril), l’étalement peut être important et des pontes sont observées jusqu’en juillet. La plupart des jeunes sont éclos seulement en juillet-août et donc ne sont volants qu’en septembre.

Au vu de son statut de conservation défavorable en Europe et en France, le Fuligule morillon devrait être retiré de la liste des espèces chassables.

Conservation

Nicheur rare en Normandie, le Fuligule morillon est particulièrement sensible aux dérangements (tourisme, chasse trop précoce) à cause de sa nidification tardive. Il peut aussi être affecté par des méthodes de gestion des plans d’eau visant à réduire la végétation palustre.

Bien entendu, le respect des dates de chasse imposées par la directive européenne Oiseaux est impérative (pas de chasse en août ni en février).

Répartition en période de nidification (2005-2012)

Fuligule morillon mâle
Fuligule morillon © Guy Corteel

Nidification

C’est un nicheur rare dont le statut est fragile.

Période internuptiale

D’après les comptages Wetlands, on compte environ 2 000 individus hivernants en Normandie, dont une bonne partie sur les étangs de Poses.

Fréquences sur les échantillons en période internuptiale en Normandie

SeptembreOctobreNovembreDécembreJanvierFévrier
32NA234
Fréquence (%) par mois sur les échantillons prospectés

Sur nos échantillons, es fréquences faibles restent néanmoins assez stables au cours de la période internuptiale.

SeptembreOctobreNovembreDécembreJanvierFévrier
769111610
Fréquence (%) par mois d’après les fiches de relevés

La fréquence du Fuligule morillon reste également assez stable dans notre base de données, avec toutefois une augmentation au cœur de l’hiver (décembre et janvier).

Haute-Normandie en 2007Haute-Normandie en 2019
23
Fréquence sur les échantillons prospectés (%) au cours des enquêtes précédentes

Sa fréquence en Haute-Normandie en hiver reste sensiblement la même au cours des deux enquêtes.

Suivre le lien pour regarder la carte de l’atlas national du Fuligule morillon, période de reproduction et d’hivernage.