Fauvette babillarde

Curruca curruca

Espèce protégée

Nicheur migrateur peu commun (2 500 couples)

Statut en Europe et en France

La Fauvette babillarde niche depuis l’ouest de l’Europe jusqu’à l’est de l’Asie. Elle est absente en Espagne, Italie, Irlande et dans les îles de la Méditerranée. Le noyau de peuplement est situé au nord et à l’est du continent, et une expansion modérée a été détectée ces dernières années sur les marges de son aire de répartition. L’effectif européen est cependant stable depuis plusieurs dizaines d’années, l’espèce n’ayant probablement pas été affectée par les années de sécheresse du Sahel en raison d’un hivernage hors de cette zone, dans l’est de l’Afrique.

La France, située en limite sud-ouest de répartition, est peuplée de façon plutôt clairsemée. L’espèce reste totalement absente au sud d’une ligne Brest-Toulon. Si ses bastions sont actuellement le nord et l’est du pays, il semble que le reste de la France n’était pratiquement pas occupée dans la première moitié du XXe siècle, tandis que le XIXe voyait l’espèce sans doute un peu mieux répartie. Une certaine expansion s’est en effet manifestée des années 1950 aux années 1980, en particulier vers l’ouest, illustrant le caractère fluctuant des populations de la Fauvette babillarde, rapporté à une mortalité hivernale et migratoire très variable selon les conditions climatiques.

Statut en Normandie

Bien que la Fauvette babillarde soit aujourd’hui peu commune en Normandie, elle est assurément plus répandue que dans la première moitié du XXe siècle. Elle est actuellement nicheuse dans la partie orientale de la région, généralement de façon très éparse, et le peuplement se poursuit le long des côtes jusqu’au département de la Manche. Le Pays-de-Bray est manifestement son principal bastion régional ; elle y est bien répandue (300 couples estimés). 

Pour la Haute-Normandie, Olivier indiquait en 1938 : « Espèce rare en Normandie, de nos jours tout au moins. Nous n’avons observé sa reproduction qu’une seule fois près de Conches (Eure) le 5 août 1934 ».

Le passage et le retour des nicheurs sont notés à partir de la seconde quinzaine d’avril, mais surtout dans la première quinzaine de mai.

Écologie et habitat

Espèce insectivore,  la Fauvette babillarde s’installe dans des lieux pourvus d’arbustes et de buissons, plus fermés que ceux qu’occupe la grisette, mais toujours bien dégagés en hauteur et lumineux. Elle évite la forêt, mais la présence de grands arbres isolés – lesquels lui servent de poste de chant – est souvent constatée. On la rencontre ainsi sur les pelouses sèches, les landes ou les friches boisées, ou encore dans les haies bocagères garnies de hauts buissons d’épines. Le nid est construit à quelques dizaines de centimètres du sol dans un buisson, et deux couvées sont parfois effectuées.

Conservation

Si la Fauvette babillarde a dû être favorisée par la déprise agricole, laquelle lui a donné de nouveau sites de nidification (coteaux de la Seine par exemple), et par les anciennes carrières où la végétation reprend, elle a à coup sûr souffert en contrepartie de l’arrachage des haies qu’elle affectionne. De plus, les nouveaux sites dont il est question ci-dessus sont loin d’être pérennes, que ce soit par la fermeture du milieu ou par les aménagements divers qui finissent souvent par être effectués dans les friches arbustives, par exemple dans les secteurs industriels. Le réchauffement climatique pourrait affecter à terme cette espèce nordique.

Répartition en période de nidification (2005-2012)

Fauvette babillarde en train de chanter
Fauvette babillarde © Frédéric Malvaud

Nidification

Fréquence sur les échantillons prospectés

Haute-Normandie en 2017Haute-Normandie en 2019Normandie
181312 (73ème rang)
Fréquences (%)

La baisse de fréquence en Haute-Normandie (- 28 %) entre les deux enquêtes semble indiquer un déclin des populations.

Période internuptiale

La Fauvette babillarde est une espèce migratrice qui quitte la France pour rejoindre ses quartiers d’hiver situés juste au sud du Sahara, mais aussi en Inde et dans la péninsule arabique. Les départs de Normandie s’échelonnent de la seconde quinzaine d’août à fin septembre.

Fréquences sur les échantillons en période internuptiale en Normandie

La Fauvette babillarde n’a pas été notée sur nos échantillons de septembre à février. Il en est de même dans notre base de données, avec cependant quelques observations en septembre.

Suivre le lien pour regarder la carte de l’atlas national de la Fauvette babillarde, période de reproduction et d’hivernage.