Somateria mollissima
Espèce chassable
Nicheur très rare et irrégulier (1 couple) ; hivernant rare
Statut en Europe et en France
L’Eider à duvet, gros canard marin, est une espèce coloniale holarctique (des zones arctiques de l’Ancien Monde), qui niche en Europe essentiellement des pays nordiques jusqu’au nord des Pays-Bas. Son principal bastion européen se situe en Islande.
C’est un nicheur marginal en France sur le littoral atlantique. La présence d’oiseaux estivants non nicheurs est régulière ça et là sur le littoral français. La plupart des eiders passe l’hiver à l’intérieur de leur aire de nidification, et la France constitue la limite sud de l’aire d’hivernage de l’espèce, avec moins de 1 000 individus actuellement. Cette population hivernante est en fort déclin depuis la fin des années 90, comme l’est la population européenne.
L’Eider à duvet est considéré comme En danger critique dans la liste rouge des oiseaux nicheurs de France. Il sera probablement réévalué comme Vulnérable dans la liste nationale des hivernants, au vu du déclin actuel. Il est considéré comme Vulnérable dans la liste rouge des oiseaux nicheurs d’Europe et En danger dans la liste rouge des nicheurs de l’Union européenne (UICN).
Statut en Normandie
L’espèce a niché sporadiquement en Normandie depuis la fin des années 70 (familles observées sur les côtes du Bessin et de la Manche). C’est un hivernant régulier (surtout baie des Veys, pointe d’Agon et Chausey (côte ouest du Cotentin) ainsi qu’en baie d’Orne. Récemment, un couple s’est reproduit sur les îles Saint-Marcouf (Manche) en 2018, probablement aussi en 2017 et 2019.
A l’heure actuelle, les côtes du département de la Manche constituent son principal site d’hivernage national. Il peut être observé en nombre réduit un peu partout ailleurs sur les côtes (le secteur d’Antifer est privilégié en Haute-Normandie), avec de très rares observations (femelles ou jeunes) sur les plans d’eau de l’intérieur. Il est présent toute l’année, mais avec la très grande majorité des observations de septembre à mars, et un maximum en novembre et décembre. Il s’agit en général de quelques oiseaux, jusqu’à des groupes de plusieurs centaines sur la pointe d’Agon-Coutainville.
Pour la Haute-Normandie, Olivier notait en 1938 : « Cette espèce, rare autrefois, est de nos jours de passage régulier sur nos côtes d’octobre à mai. Plusieurs captures et observations ont été faites depuis 1920. Le Dr Engelbach a observé, en 1928, un mâle adulte à La Hève, près du rivage ».
Écologie et habitat
En nidification, les milieux privilégiés sont les îlots marins, où il niche à même le sol. Le reste du temps, l’Eider est surtout marin, et séjourne non loin des côtes. L’Eider est en bout de chaîne alimentaire, mangeur de mollusques marins, de crustacés, voire d’oursins.
Conservation
Il a été constaté une extension vers le sud de l’aire de répartition de l’Eider depuis les années 1950, en relation avec une augmentation des ressources alimentaires de la mer Baltique du fait de son eutrophisation, de la création de vastes réserves, ainsi que de l’interdiction de la collecte des œufs et de la chasse de printemps. Un déclin a cependant été relevé récemment dans le golfe de Finlande en lien avec une augmentation de la mortalité des poussins. Pour la nidification, les menaces rencontrées par l’espèce sont les dérangements humains, la pollution marine ; en hivernage, c’est la pollution par les hydrocarbures qui est en Normandie au premier plan.
Le statut de l’espèce est considéré comme très défavorable à l’échelle européenne. L’Eider devrait être retiré de la liste des espèces chassables.
Répartition en période de nidification (2005-2012)


Suivre le lien pour regarder la carte de l’atlas national de l’Eider à duvet, période de reproduction et d’hivernage.
