Blongios nain

Ixobrychus minutus

Espèce protégée

Nicheur migrateur très rare et irrégulier (1 couple)

Statut en Europe et en France

Le Blongios nain a une large répartition mondiale et sa race nominale habite l’Europe et l’ouest de l’Asie, évitant les Iles britanniques, la Scandinavie et le nord de la Russie. La population de ce petit héron est concentrée en Europe de l’Est, principalement en Roumanie qui constitue son bastion. La population d’Europe de l’Ouest a décliné et les tendances sont très mal connes à l’est du continent. 

Pour la France, Toussenel, en 1884, écrivait qu’il était le plus commun de tous les hérons de France. Désormais, sa répartition est assez sporadique, avec quelques bastions plutôt dans la moitié est du pays et le midi méditerranéen, surtout en Camargue. Le Val de Loire, encore bien peuplé au début des années 1970, est maintenant presque déserté, en particulier la Loire-Atlantique. La régression du Blongios dans notre pays est patente et très importante depuis plusieurs dizaines d’années.

Le Blongios nain est considéré comme Quasi menacé dans la liste rouge des oiseaux nicheurs de France (UICN).

Statut en Normandie

Le Blongios nain est un nicheur très rare et irrégulier en Normandie. Les données manquent pour notre région jusqu’en 1977, où une nidification certaine est mentionnée à Jumièges et une autre au marais du Hode (Seine-Maritime). Ensuite, la nidification a été notée certaines années, très irrégulièrement, en différents points de la région, dont la boucle de Poses, l’estuaire de la Seine, le marais Vernier et la boucle des Andelys. Il s’est reproduit  à Poses en 2010 et 2014. Sa présence est donc centrée sur la partie orientale de la région.

Le Blongios nain semble avoir été, selon les auteurs, peu commun à commun autrefois en Normandie. Les collections du début du XXe siècle, comportant de nombreux oiseaux naturalisés, semblent en attester. Ainsi, pour la Haute-Normandie, Olivier notait en 1938 : « Se reproduit en de nombreux points et nous quitte en septembre ».

Écologie et habitat

Le Blongios nain est un migrateur qui revient nicher chez nous fin mai ou début juin et repart en août-septembre pour hiverner en Afrique subsaharienne, essentiellement au Soudan et en Éthiopie. Pour se reproduire il choisit d’habiter des zones humides, même petites : roselières, végétation dense des bords de rivières calmes, bords d’étangs, marais, mares, avec une préférence pour la présence d’arbres tels que des saules par exemple. L’oiseau se nourrit de proies attrapées à la surface de l’eau (poissons, batraciens et surtout insectes). Il niche solitairement, son nid étant installé dans la végétation dense à moins d’un mètre de hauteur, souvent près d’un trou d’eau. Les jeunes quittent le nid deux semaines avant de pouvoir voler.

Conservation

La sécheresse du Sahel dans les années 1970, et plus récemment en Afrique de l’est, a privé les oiseaux de nombreux milieux humides où ils séjournaient, allongeant l’épreuve migratoire de la traversée de la mer Méditerranée et du Sahara, que le Blongios effectue d’une seule traite.

Sur son aire de nidification, le Blongios a probablement souffert de la diminution et de l’aménagement des zones humides, de la pollution, de la baisse volontaire des niveaux d’eau dans les marais pour l’agriculture et de dérangements depuis les années 1960. Le Blongios pourrait retrouver sur son aire de nidification des effectifs comparables à ce qu’ils étaient avant l’effondrement de ceux-ci, sous réserve que ses conditions de migrations et d’hivernage s’améliorent. Des mesures en faveur de son habitat sont bien entendu à prendre : conservation et restauration des roselières, même petites, et ce pas seulement dans des lieux particulièrement protégés, mais partout où cela est possible.

Répartition en période de nidification (2005-2012)

Blongios nain en bord de marais
Blongios nain © Frédéric Malvaud

Suivre le lien pour regarder la carte de l’atlas national du Blongios nain, période de reproduction et d’hivernage.