Sarcelle d’été

Anas querquedula

Espèce chassable

Nicheur très rare (70 couples) ; migrateur assez rare

Statut en Europe et en France

Nicheuse de l’ouest à l’est du Paléarctique entre le 45ème et le 65ème parallèle, la Sarcelle d’été est surtout nicheuse dans les latitudes moyennes de l’est de l’Europe, sa répartition étant nettement plus discontinue dans l’Ouest. Depuis les années 1970, un fort déclin de l’espèce est noté, ayant d’abord affecté le centre et l’ouest de l’Europe, puis la plupart des autre pays du continent, y compris dans ses bastions.

En France, elle niche dans les deux tiers septentrionaux du pays (où elle est en limite d’aire de répartition) par taches surtout littorales ou arrière-littorales, ou bien par couples isolés, et parfois à l’intérieur des terres. Les deux principales zones de peuplement en France sont le Nord-Picardie et la basse vallée de la Loire. Un fort déclin a été également été constaté en France depuis les années 1950, et une baisse des effectifs de presque 50 % a été notée depuis 20 ans. 

Si l’importance numérique des oiseaux traversant la France lors des migrations est inconnu, il est manifeste que notre pays accueille en transit un nombre important d’individus, tant avant qu’après la reproduction.

La Sarcelle d’été est considérée comme Vulnérable dans la liste rouge des oiseaux nicheurs de l’Union européenne et de France (UICN) et Quasi menacée en France en migration.

Statut en Normandie

La Sarcelle d’été était considérée comme un nicheur assez commun au XIXe siècle et au début du XXe par les auteurs de l’époque. Actuellement, sa nidification est très localisée et irrégulière le plus souvent, la reproduction n’étant annuelle ou presque que dans les marais de Carentan, les marais arrière-littoraux de l’est du Calvados (basses vallées de la Dives et de la Touques), et n’est même pas prouvée chaque année dans l’estuaire de la Seine.

La discrétion de l’espèce et la difficulté à prouver sa nidification ne sont pas seules en cause dans cette absence de données de reproduction. Nombre de sites bien suivis et qui lui seraient favorables sont inoccupés, et plusieurs d’entre ceux qui l’hébergeaient autrefois ont aujourd’hui été fortement dégradés.

La Sarcelle d’été est en danger d’extinction en tant que nicheur dans la région normande.

Pour la Haute-Normandie, Olivier indiquait en 1938 : « Espèce migrant régulièrement et commune en Haute-Normandie lors de son double passage. Un certain nombre d’individus est sédentaire et se reproduit chez nous ».

Écologie et habitat

Totalement migratrice, la Sarcelle d’été hiverne pour l’essentiel dans les zones humides de l’Afrique tropicale principalement dans les bassins du Sénégal, du Tchad et du Niger. Elle revient en France à partir de la seconde moitié du mois de février, mais surtout en mars et avril. Les couples se forment sur les lieux d’hivernage et les pontes commencent à la mi-avril. La Sarcelle d’été niche dans les marais, prairies humides ou inondables, avec des petites mares ou des étangs, voire le long de cours d’eau, dans des carrières, ou des marais saumâtres. Le nid est caché dans la végétation riveraine, naturelle ou cultivée. Si l’élevage des jeunes est en principe terminé à la fin de la seconde décade du mois d’août, il reste des oiseaux non volants jusqu’à la fin de ce mois, lequel est aussi celui du début de la migration postnuptiale, qui se poursuit jusqu’en octobre. La Sarcelle d’été est un canard de surface. Elle se nourrit d’insectes, de mollusques, de crustacés et de végétaux dans l’eau peu profonde et généralement le jour.

Conservation

La sécheresse du Sahel a probablement été un facteur important du déclin de la Sarcelle d’été dans les années 1970-1980. Actuellement, les aménagements agricoles entrepris et projetés dans ses bastions d’hivernage, surtout dans le delta intérieur du fleuve Niger, risquent d’avoir de graves conséquences pour l’espèce, d’autant plus qu’elle y est très chassée.

Chez nous, la dégradation de ses sites de nidifications est la cause majeure de son déclin : drainage, plantation de maïs ou de peupliers, fauche précoce des prairies humides, piscicultures intensives. La fréquentation humaine des sites favorables n’est pas en reste, et tout particulièrement les activités de pêche et de chasse (entretien et occupation des gabions en période sensible, déambulation des chiens, coups de feu…). La chasse est ainsi directement responsable en France de la disparition d’environ 12 000 individus par an. Chez nous, la chasse en février et en juillet-août ne peut que lui être préjudiciable. Et à tout cela s’ajoute l’intoxication par les plombs de chasse dans les zones de nourrissage. Un suivi de l’hivernage de la Sarcelle d’été et une protection des sites africains concernés doivent s’ajouter à des mesures concrètes en France : gestion adaptée des zones humides, avec en particulier un niveau d’eau suffisant, maintien d’une végétation riveraine. La tranquillité des couples doit être assurée depuis l’arrivée des migrateurs jusqu’à l’émancipation des jeunes. Il convient aussi de favoriser la présence de sites de qualité pour les haltes migratoires des oiseaux ne nichant pas chez nous.

Compte-tenu de son statut de conservation défavorable à l’échelle européenne, la Sarcelle d’été doit être retirée de la liste des espèces chassables.

Répartition en période de nidification (2005-2012)

Sarcelle d'été mâle
Sarcelle d’été © David Gibouin

Nidification

La population normande est estimée à environ 70 couples, en augmentation récente.

Fréquence sur les échantillons prospectés (%)

Normandie
2 (110ème rang)

La Sarcelle d’été a été notée sur deux échantillons dans le Cotentin.

Période internuptiale

Totalement migratrice, la Sarcelle d’été est absente en hiver.

Fréquences sur les échantillons en période internuptiale en Normandie

La Sarcelle d’été n’a pas été notée lors de cette période sur nos échantillons.

SeptembreOctobreNovembreDécembreJanvierFévrier
10,2NANANANA
Fréquence (%) par mois d’après les fiches de relevés

Dans notre base de données, on peut observer des individus en septembre et plus rarement en octobre lors du passage migratoire. Elle arrive en mars, mais de très rares individus peuvent être notés dès février.

Densités et effectifs en période internuptiale en Normandie

Aucune évaluation d’effectifs n’est possible pour cette espèce migratrice à partir de notre méthode d’échantillonnage.

Suivre le lien pour regarder la carte de l’atlas national de la Sarcelle d’été, période de reproduction et d’hivernage.