Rossignol philomèle

Luscinia megarhynchos

Espèce protégée

Nicheur migrateur peu commun (4 500 couples)

Statut en Europe et en France

Le Rossignol philomèle se rencontre dans la plus grande partie de l’Europe et en Afrique du Nord pour ce qui concerne la race nominale. En Europe, il est absent de la Scandinavie, de la plus grande partie de la Grande-Bretagne, de l’ouest de la Bretagne, et de la Galice. Le Rossignol a vu ses populations diminuer à partir du début du XIXe siècle à la limite nord-est de son aire de répartition, avec un déclin important noté ensuite de 1830 à 1920 en Europe centrale. Une expansion géographique associée à une augmentation des effectifs dès 1930 a suivi. Les années 1950, particulièrement en Europe du Nord-Ouest, ont été à nouveau le théâtre d’un nouveau déclin. Ce turdidé apparaît actuellement stable en Europe, voire légèrement en augmentation depuis la fin des années 1980.

En France, son aire de répartition s’est réduite sur son flanc ouest à partir des années 1930 semble-t-il, alors que le Rossignol était présent jusque dans l’ouest de la Bretagne auparavant. Aujourd’hui, il présent sur la majeure partie du territoire français, mais est rare ou absent d’une grande partie de la Bretagne et de la Normandie.

Statut en Normandie

Le Rossignol philomèle est présent essentiellement dans la partie orientale de la région, à influence méridionale : sud-est de l’Eure, vallée de la Seine jusqu’à l’estuaire, est du Calvados et de l’Orne et sporadiquement bordure littorale du Pays-de-Caux.

Pour la Haute-Normandie, Olivier indiquait en 1938 : « Arrive en avril et repart fin août. Très répandu dans les terrains d’alluvions de la vallée de la Seine, sur certains coteaux secs de l’Eure, il est par contre assez rare comme reproducteur en de nombreuses localités ».

Écologie et habitat

Le Rossignol philomèle est un oiseau des petit bois, des lisières, des grosses haies, ou encore des friches en cours de recolonisation par la végétation. Il lui faut plus précisément des milieux arbustifs assez denses, munis de buissons qui doivent être suffisamment volumineux et entourés d’un bon dégagement. Ceci est le cas aussi bien dans la vallée de la Seine, où il occupe souvent de tels milieux, près de l’eau, que sur les coteaux, où les lisières buissonneuses bien exposées des bois de feuillus peu âgés sont appréciées. Le sol doit impérativement être sans « entretien » jardiné, et c’est pourquoi le Rossignol n’occupe pas les parcs et les jardins, alors qu’il peut habiter, par exemple en bord de Seine, à quelques mètres des maisons. L’espèce manque cependant de bien des lieux où l’on pourrait s’attendre à la trouver ; ceci mériterait des études plus poussées pour mieux comprendre ses exigences, en particulier en matière de climat ou de sol.

Le Rossignol, espèce insectivore, arrive chez nous en avril et repart en août, après avoir mené à bien une ou parfois deux nichées, le nid étant situé au sol ou près de celui-ci. La période de chant va d’avril à mi-juin. Les quartiers d’hiver intertropicaux sont situés en Afrique subsaharienne.

Conservation

Les fluctuations passées de l’espèce sont attribuées essentiellement à des variations climatiques (la sensibilité climatique de l’espèce est démontrée en Europe occidentale par la mise en évidence d’un gradient croissant de densités du nord au sud), ainsi que, plus récemment, à l’agriculture moderne, responsable de la destruction de nombre de haies utilisées par le Rossignol, à l’enrésinement massif des bois et à la banalisation des milieux périurbains.

Le rétablissement d’une agriculture et d’un mode de gestion des espaces verts offrant une végétation diversifiée avec le moins possible de traitements pesticides (en particulier dans les lieux jardinés), permettra à l’espèce de retrouver des sites qu’elle avait abandonnés. Une incitation des forestiers à revenir aux feuillus ira dans le même sens.

Il est important de noter que la surveillance de la population normande du Rossignol philomèle revêt désormais un intérêt particulier, dans la mesure où notre région constitue une limite géographique et climatique de sa répartition, laquelle sera un indicateur intéressant des conséquences du réchauffement climatique. Pour le moment, nous constatons une stabilité globale de l’espèce depuis plusieurs décennies.

Répartition en période de nidification (2005-2012)

Rossignol philomèle chanteur
Rossignol philomèle © Guy Corteel

Nidification

La population est estimée à quelques milliers de couples.

Fréquence sur les échantillons prospectés (%)

Haute-Normandie en 2017Haute-Normandie en 2019Normandie
211410 (81ème rang)
Fréquences (%)

L’enquête fait apparaître une forte diminution de fréquence en Haute-Normandie (- 33 %) par rapport à la session précédente. Cette espèce d’affinités méridionales ne semble pas en Normandie profiter du réchauffement climatique.

Période internuptiale

Le Rossignol philomèle est un migrateur très rarement contacté en période internuptiale, car très discret en migration.

Fréquences sur les échantillons en période internuptiale en Normandie

SeptembreOctobreNovembreDécembreJanvierFévrier
0,3NANANANANA
Fréquence (%) par mois d’après les fiches de relevés

L’espèce n’a pas été contactée pendant cette période sur nos échantillons. Elle est présente en petit nombre en septembre dans notre base de données.

Suivre le lien pour regarder la carte de l’atlas national du Rossignol philomèle, période de reproduction et d’hivernage.