Dryocopus martius
Espèce protégée
Nicheur sédentaire assez rare (800 couples)
Statut en Europe et en France
Le Pic noir est à l’heure actuelle répandu en Europe du Nord scandinave et de l’Europe de l’Est jusqu’à la chaîne des Pyrénées, au sud-ouest, et à la Grèce, au sud-est.
En France, l’espèce a connu une spectaculaire expansion depuis le début du XXe siècle où on ne le rencontrait que dans les secteurs montagneux. A partir des années 1950, le Pic noir a commencé à coloniser les régions de plaine de la France jusqu’à occuper aujourd’hui presque tout le pays, à l’exception des plaines du Sud-Ouest et du bord de la Méditerranée. La dernière grande région française colonisée est la Bretagne à partir des années 1990.
Statut en Normandie
Le Pic noir est actuellement bien implanté en Normandie orientale (Haute-Normandie, Orne, est du Calvados). Il est encore rare, voir absent dans la Manche et l’ouest du Calvados. Dans le cadre de l’extension nationale de son aire de répartition, le Pic noir est apparu comme nicheur en Normandie à la fin des années 70. Il n’a cessé depuis de progresser vers l’Ouest.
Il était inconnu pour Olivier en 1938 en Haute-Normandie.
Écologie et habitat
Le Pic noir est l’habitant caractéristique de la hêtraie. Il recherche pour creuser sa loge des arbres de 40 à 50 cm de diamètre. Cela dit, il est devenu une espèce très éclectique et se rencontre dans beaucoup de types de boisements.
Il se nourrit principalement de fourmis, mais aussi de coléoptères ou autres insectes trouvés dans le bois mort. Il est possible que l’espèce ait été très favorisée par le type d’exploitation récent des forêts de plaine : hautes futaies à dominance de hêtres et parcelles enrésinées où il va chercher sa nourriture (fourmilières). Il pond ses 2 à 5 œufs en avril ou mai. On le rencontre toute l’année. Il n’est pas impossible que des oiseaux erratiques en automne soient des pionniers issus des régions du Nord ou de l’Est.
Conservation
Il ne pose pas de problème de conservation, l’espèce étant encore en phase de colonisation, mais il a cependant des effectifs assez faibles compte tenu de l’étendue de son territoire (souvent plusieurs centaines d’hectares). Il est limité dans le département de la Manche par la faible couverture forestière et pourrait avoir du mal à s’implanter dans ce département.
Répartition en période de nidification (2005-2012)


Nidification
On estime ses populations à environ 800 couples dans la région.
Fréquence sur les échantillons prospectés
| Haute-Normandie en 2017 | Haute-Normandie en 2019 | Normandie |
| 10 | 11 | 10 (81ème rang) |
L’enquête fait apparaître une stabilité de l’espèce. Si l’expansion géographique se poursuit (particulièrement dans la Manche), les effectifs semblent s’être stabilisés.
Période internuptiale
Les milieux où l’espèce est contactée en période internuptiale sont les mêmes qu’en nidification, mais des observations se font parfois dans des lieux inattendus, témoignant probablement de la dispersion des jeunes et de la recherche de nouveaux territoires par certains oiseaux.
Fréquences sur les échantillons en période internuptiale en Normandie
| Septembre | Octobre | Novembre | Décembre | Janvier | Février |
| 6 | 4 | 3 | 3 | 5 | 6 |
On note une stabilité dans les fréquences lors de l’ensemble de la saison internuptiale lors de l’enquête.
| Septembre | Octobre | Novembre | Décembre | Janvier | Février |
| 4 | 3 | 4 | 5 | 4 | 6 |
Notre base de données indique aussi une régularité des fréquences lors de la période internuptiale.
| Haute-Normandie en 2007 | Haute-Normandie en 2019 |
| 5 | 6 |
La fréquence est similaire entre les deux enquêtes en Haute-Normandie.
Densités et effectifs en période internuptiale en Normandie
Les contacts ont été trop rares en période internuptiale pour évaluer des effectifs.
Suivre le lien pour regarder la carte de l’atlas national du Pic noir, période de reproduction et d’hivernage.
