Phragmite des joncs

Acrocephalus schoenobaenus

Espèce protégée

Nicheur migrateur peu commun (13 000 couples)

Statut en Europe et en France

Le Phragmite des joncs niche essentiellement dans les zones humides du nord ou de l’est de l’Europe. Pologne et Pays Baltes constituent son bastion européen.

Il est répandu dans la moitié nord de la France, mais est souvent clairsemé, le territoire national étant en limite sud de répartition.

Statut en Normandie

Le Phragmite des joncs a une distribution en Normandie concentrée dans les zones proches du littoral, de la Seine-Maritime à la Manche. Il pénètre plus profondément à l’intérieur des terres en suivant la vallée de la Seine. Il est particulièrement abondant dans les secteurs de grandes roselières comme dans celles de l’estuaire de la Seine ou dans les marais du Cotentin et de Bessin.

Pour la Haute-Normandie, Olivier en 1938 connaissait le Phragmite des joncs comme « se reproduisant en assez grand nombre dans tous les endroits marécageux ».

Écologie et habitat

A la différence des autres espèces de fauvettes paludicoles, inféodées aux bordures des zones humides, le Phragmite des joncs peut être trouvé dans des milieux très diversifiés : prairies humides, bords de ruisseaux, végétation pionnière des ballastières. Cela dit, il reste une espèce caractéristique des grandes roselières parsemées de bouquets de saules ou de ronciers, où il privilégie les secteurs de fossés et de mares.

La ponte de 4 à 6 œufs est déposée de mi-avril à début mai et une seconde ponte a lieu en juin-juillet. L’espèce est insectivore.

Conservation

Le Phragmite des joncs a connu en Europe et en France une importante phase de déclin dans la seconde moitié du XXe siècle, suivi par une augmentation significative des effectifs depuis la fin des années 90. Cependant, si l’augmentation actuelle a permis de retrouver les densités anciennes dans les régions proches du littoral comme en Normandie, l’espèce est loin d’avoir réoccupé en France tous ses sites situés à l’intérieur des terres.

Cette espèce est un enjeu de conservation important en Normandie, région qui abrite 20 % de la population française. L’avenir de l’espèce dans notre région dépend des politiques de préservation et de réhabilitation des zones humides, en particulier de leurs lisières.

Répartition en période de nidification (2005-2012)

Phragmite des joncs
Phragmite des joncs © Guy Corteel

Nidification

La Normandie est un bastion national pour cette espèce (environ 13 000 couples dans la région).

Fréquence sur les échantillons prospectés

Haute-Normandie en 2017Haute-Normandie en 2019Normandie
8712 (73ème rang)
Fréquences (%)

L’enquête fait apparaître une stabilité de la fréquence en Haute-Normandie par rapport à la session précédente et une fréquence assez élevée dans le Cotentin et le Bessin (28 %).

Période internuptiale

Le Phragmite des joncs est un migrateur précoce, présent de mars-avril à septembre, rarement en octobre. Des oiseaux en migration peuvent être observés aux deux passages.

Fréquences sur les échantillons en période internuptiale en Normandie

Le Phragmite des joncs n’a pas été contacté sur les échantillons lors de notre enquête et montre une fréquence faible (1 %) en septembre sur nos fiches de relevés.

Suivre le lien pour regarder la carte de l’atlas national du Phragmite des joncs, période de reproduction et d’hivernage.