Petit Gravelot

Charadrius dubius

Espèce protégée

Nicheur migrateur assez rare (180 couples)

Statut en Europe et en France

L’aire de répartition du Petit Gravelot comprend presque tout le continent, les deux tiers nord de la Scandinavie, l’Islande, l’Écosse et l’Irlande n’étant pas habités par l’espèce. L’Espagne est son principal bastion européen. Le Petit Gravelot, depuis les années 1990, connaît une réelle diminution en Europe.

Les données de nidification les plus anciennes remontent, en France, à la fin de la première moitié du XIXe siècle.  L’espèce semble avoir connu dans notre pays une période d’expansion du début des années 1960 aux années 1980 avec le développement des carrières de granulats dans les vallées alluviales. En France, il paraît stable, présent dans tout le pays, surtout dans les grandes vallées alluviales.

Statut en Normandie

Le Petit Gravelot a une distribution localisée en Normandie, en trois noyaux de population : les vallées de la Seine et de l’Eure (Eure et Seine-Maritime), les vallées de la Touques et de la Dives (Calvados) et les marais du Cotentin et du Bessin (Manche). Il est nettement rare ailleurs.

Il a largement profité de l’exploitation des granulats, en particulier dans la vallée de la Seine, qui lui ont permis de connaître une certaine expansion dans les années 1960-1980. Depuis, la population haut-normande de l’espèce semble – au mieux – stable, en parallèle avec le ralentissement des ouvertures de nouvelles carrières.

Pour la Haute-Normandie, Olivier notait en 1938 : « De passage en avril, mai et en septembre. Cet oiseau se reproduit chez nous régulièrement, en particulier sur les digues caillouteuses (en amont d’Elbeuf) destinées à réunir les îles de la Seine ».

Le Petit Gravelot est un migrateur qui hiverne en Afrique subtropicale et dans le bassin méditerranéen. Il arrive chez nous à partir du milieu du mois de mars, et les sites de nidification sont occupés courant avril.

Écologie et habitat

Les milieux d’origine du Petit Gravelot sont représentés par les plages de graviers ou de galets et les îles des cours d’eau, les bordures d’étang. Actuellement, ces habitats étant devenus rares ou indisponibles (aménagements, dérangements), le Petit Gravelot occupe préférentiellement les carrières de sable ou de gravier des vallées alluviales (très souvent en cours d’exploitation), ainsi parfois que des terrains en friche, remblais ou bassins de décantation, y compris dans les zones industrielles ou artisanales en bordure des agglomérations. La présence d’eau douce proche est une constante.

Le nid est une simple excavation du sol dans laquelle les œufs se confondent avec les cailloux environnants. Si l’oiseau tolère une végétation clairsemée autour de son nid, il évite systématiquement les endroits où celle-ci est plus dense. Une seconde ponte est parfois effectuée, pouvant être déposée avant la fin de l’élevage des premiers poussins, pris en charge alors par le mâle. Les derniers poussins non volants sont notés début août. Le régime alimentaire du Petit Gravelot est constitué essentiellement de petits invertébrés attrapés sur le sol ou dans l’eau. En migration, il peut être observé dans des milieux plus variés, en bord de mer par exemple.

Conservation

Les milieux d’origine étant devenus marginaux, les menaces qui pèsent sur l’espèce sont bien réelles puisque les milieux de substitution aujourd’hui utilisés sont précaires : ils sont détruits par l’activité d’extraction des granulats, la plantation d’arbres, la recolonisation végétale spontanée.

Une gestion adaptée de sites correspondant à l’habitat naturel de l’espèce serait l’idéal : restauration de rivières trop régularisées, tranquillité assurée dans certains sites favorables, création de réserves. Mais, le plus envisageable aujourd’hui est, en accord avec les carriers, une gestion des ballastières procurant des sites favorables à l’espèce dans les carrières en exploitation, mais surtout dans les anciens chantiers, par le maintien de plages ou d’îlots caillouteux à des endroits où la tranquillité est assurée. Ce dernier point est important car les dérangements dus à la présence humaine conduisent à d’importantes pertes dans les nichées.

Répartition en période de nidification (2005-2012)

Petit gravelot sur le sable
Petit Gravelot © Frédéric Malvaud

Nidification

Ses effectifs sont faibles en Haute-Normandie. A l’inverse, il est plutôt en augmentation dans la Manche.

Fréquence sur les échantillons prospectés (%)

Haute-Normandie en 2017Haute-Normandie en 2019Normandie
334 (100ème rang)
Fréquences (%)

L’enquête fait apparaître une stabilité de la fréquence lors des deux enquêtes en Haute-Normandie et une faible fréquence sur l’ensemble de la région.

Période internuptiale

La majorité des individus nous quitte au cours du mois d’août, et des migrateurs de passage sont observés jusqu’à la mi-octobre.

Fréquences sur les échantillons en période internuptiale en Normandie

L’espèce n’a pas été contactée lors de l’enquête pendant cette période. Il en est de même dans notre base de données, avec toutefois quelques données en septembre (fréquence de 1 %). 

Suivre le lien pour regarder la carte de l’atlas national du Petit Gravelot, période de reproduction et d’hivernage.