Oriolus oriolus
Espèce protégée
Nicheur migrateur peu commun (2 000 couples)
Statut en Europe et en France
Le Loriot d’Europe est un oiseau tropical que l’on rencontre dans une large zone comprise entre l’Océan Atlantique et l’Asie Occidentale. Au nord, la limite de son aire de répartition se situe au niveau de la pointe sud de la Scandinavie. Il niche sporadiquement sur la frange littorale de l’Afrique du Nord, ceci constituant la limite méridionale de sa distribution. Son principal bastion est en Espagne, mais l’espèce a aussi de fortes densités en Europe orientale, région à climat continental. Il est en augmentation en Europe, aidé peut-être par le réchauffement climatique.
En France, les sites de nidification sont répartis avec une relative homogénéité sur le territoire, à l’exception des zones montagneuses (sa présence au-dessus de 1 000 m reste exceptionnelle) et d’une bande assez nette au nord-ouest du pays où l’oiseau est plus rare (Normandie) voire quasi absent (Bretagne). Cette zone, où la présence du Loriot est très clairsemée, constitue vraisemblablement la limite actuelle de répartition de cette espèce. Cette remarque est d’ailleurs étayée par l’absence presque totale de l’oiseau dans les Iles Britanniques. Le Loriot est une espèce méridionale, manifestement gênée par les influences océaniques, caractéristique illustrée en France par un gradient de peuplement décroissant d’Est en Ouest.
Statut en Normandie
Les affinités méridionales du Loriot d’Europe sont mises en évidence par la carte de répartition qui montre une occupation préférentielle du département de l’Eure (son bastion est constitué par les forêts du Pays d’Ouche et les bois de la plaine de Saint-André et du plateau de Madrie) et l’est du Calvados. Il remonte la vallée de la Seine jusqu’à l’estuaire. Ailleurs, et singulièrement dans la Normandie armoricaine, il est absent ou rare et très localisé.
Pour la Haute-Normandie, Olivier notait en 1938 : « Niche en de nombreuses localités ; très rare dans le Pays-de-Caux, surtout sur la bande littorale ».
Écologie et habitat
Le Loriot d’Europe est un migrateur tardif qui ne revient pas sur ses sites français de nidification avant début mai (au plus tôt fin avril). On le repère alors grâce à son chant typique, très flûté et relativement puissant. C’est d’ailleurs souvent le seul indice de sa présence, l’oiseau ne se laissant en règle générale pas facilement observer et le jaune vif (mâle) de son plumage n’étant en fin de compte pas très visible dans le feuillage dense et verdoyant.
Le nid très caractéristique, sorte de panier ou hamac suspendu à la fourche d’une branche horizontale, est construit par la femelle. Elle y dépose en moyenne 4 œufs fin mai-début juin, qui seront couvés 15 jours environ. Cette ponte est unique dans la saison mais pourra être remplacée en cas de destruction (météo, prédation…). Deux semaines après l’éclosion, les jeunes quittent le nid et vagabondent sur le territoire sous la surveillance des parents. Le régime alimentaire de cet oiseau se compose d’insectes (chenilles, coléoptères, lépidoptères…), d’araignées, d’invertébrés divers ou de fruits (cerises, mûres…).
En général, on rencontre le Loriot dans les hauts boisements de feuillus tels que petits bois, grosses haies, parcs ruraux, lisières des forêts, peupleraies, aulnaies et végétation du bord de l’eau (étangs, cours d’eau…). La migration de retour débute dès la fin juillet (éventuellement début août) et s’effectue souvent en petits groupes familiaux et par étapes.
Conservation
Le statut de conservation du Loriot en Europe n’indique pas, pour le moment, de déclin. Les gros insectes entrent pour une part importante dans le régime alimentaire du Loriot et les traitements divers souvent peu sélectifs, encore utilisés en agriculture ou même sylviculture, voire chez les particuliers (arbres fruitiers), peuvent constituer une menace pour l’espèce. Ainsi cet oiseau, comme d’autres, doit apprendre à se passer des hannetons ou autres coléoptères, de certaines variétés de papillons ou de sauterelles, de bourdons et de leurs larves.
En Normandie, les densités du Loriot sont faibles, l’espèce étant en limite d’aire de répartition ; sa présence dans notre région reste par conséquent fragile. Il semble donc important de suivre cette population dont une régression pourrait signifier un recul plus généralisé du Loriot dans le Nord-Ouest européen. La conservation et l’entretien des grosses haies bocagères et des bosquets, souvent arrachés compte tenu de la mécanisation de l’agriculture, est de grande importance pour l’espèce. L’inversement de la tendance à l’enrésinement de la forêt, qui semble accepté et maintenant engagé, doit se poursuivre au profit d’espèces diversifiées, principalement à feuilles caduques. Enfin la reconquête des milieux naturels par de nombreux insectes (limiter autant que possible les traitements insecticides en agriculture, privilégier les produits sélectifs et non rémanents, informer les professionnels et le grand public, promouvoir la sauvegarde des milieux humides qui favorisent souvent le développement d’une entomofaune riche) profiterait incontestablement au Loriot d’Europe.
Répartition en période de nidification (2005-2012)


Nidification
Environ 2 000 couples sont présents en Normandie.
Fréquence sur les échantillons prospectés
| Haute-Normandie en 2017 | Haute-Normandie en 2019 | Normandie |
| 6 | 12 | 9 (87ème rang) |
L’enquête fait apparaître une très forte augmentation de fréquence en Haute-Normandie par rapport à la session précédente (effet du réchauffement climatique ?).
Période internuptiale
Il hiverne en Afrique tropicale, parfois même plus au sud.
Fréquences sur les échantillons en période internuptiale en Normandie
Le Loriot d’Europe, migrateur arrivant tard et partant tôt, n’a pas été contacté en période internuptiale ni au cours des enquêtes sur les échantillons prospectés, ni dans la base de données.
Suivre le lien pour regarder la carte de l’atlas national du Loriot d’Europe, période de reproduction et d’hivernage.
