Locustelle tachetée

Locustella naevia

Espèce protégée

Nicheur migrateur peu commun (1 500 couples)

Statut en Europe et en France

Espèce migratrice nichant du nord de l’Espagne au sud de la Finlande, la Locustelle tachetée est absente dans une grande partie du sud et de l’ouest de la France. Son aire de répartition européenne s’est accrue au nord depuis le milieu du XXe siècle. L’essentiel de la population européenne se situe en Europe nord-orientale : Pays baltes, Pologne, Allemagne.

Elle occupe les deux tiers nord de la France ainsi que la côte aquitaine. Ses effectifs étant très fluctuants et son recensement relativement difficile, il est difficile de préciser son statut français, qui semble stable sur le long terme et en déclin récemment.

Statut en Normandie

La Locustelle tachetée ne manque véritablement en Normandie que dans les secteurs où son milieu de nidification est absent, c’est-à-dire essentiellement les zones de grandes plaines cultivées, mais elle semble aussi être beaucoup plus sporadique, voire absente, dans les régions bocagères de la Normandie armoricaine.

Pour la Haute-Normandie, Olivier notait en 1938 : « Arrive en avril et repart en septembre ; on peut la voir à cette époque en assez grand nombre sur le littoral du Pays-de-Caux, en particulier, volant dans les champs d’avoine d’une javelle à l’autre. Se reproduit en beaucoup de localités, mais passe inaperçue la plupart du temps ».

Écologie et habitat

Elle se cantonne dans des lieux humides ou secs, pourvu qu’elle y trouve une végétation herbacée basse (moins de 60 cm) et dense, parsemée de buissons, d’arbustes ou de hautes herbes. On la trouve ainsi aussi bien dans les prairies, humides ou non, que dans les friches, les jachères ou les parcelles de régénération forestière. Elle y construit son nid au sol ou proche du sol, dans une touffe dense, et effectue deux nichées annuellement. Son régime est strictement insectivore.

Conservation

Il semble que la Locustelle tachetée s’installe de plus en plus volontiers dans des milieux peu ou pas humides. Elle profite de zones en friches, que celles-ci soient d’origine agricole, industrielles (anciennes carrières, remblais) ou issues de coupes forestières où aucune coupe intempestive ne vient détruire les nichées comme cela peut être le cas dans les prairies de fauche. L’espèce se montre peu, et son chant était vraisemblablement peu connu il y a seulement quelques années. Il est donc difficile d’avancer une tendance, les nouveau milieux colonisés ne faisant peut-être que remplacer les prairies de fauche (coupées tard en saison) si répandues il y a encore peu de temps. Les effectifs fluctuants et l’opportunisme de la Locustelle tachetée, prompte à coloniser des milieux devenus favorables, en font une espèce moins fragile que la Locustelle luscinioïde. Cependant, la diminution drastique des prairies de fauche, et leur mode d’exploitation rédhibitoire pour les nicheurs, doivent nous rendre vigilants.

Répartition en période de nidification (2005-2012)

Locustelle tachetée qui chante dans les roseaux
Locustelle tachetée © Frédéric Malvaud

Nidification

Elle est partout peu commune.

Fréquence sur les échantillons prospectés

Haute-Normandie en 2017Haute-Normandie en 2019Normandie
22810 (81ème rang)
Fréquences (%)

L’enquête fait apparaître une très forte diminution de fréquence en Haute-Normandie (- 64 %) par rapport à la session précédente, indice de fort déclin de l’espèce.

Période internuptiale

Migratrice, la Locustelle tachetée arrive surtout en avril, des passages pouvant avoir lieu jusqu’au début de juin. Les départs postnuptiaux s’étalent d’août à octobre.

Fréquences sur les échantillons en période internuptiale en Normandie

SeptembreOctobreNovembreDécembreJanvierFévrier
0,20,1NANANANA
Fréquence (%) par mois d’après les fiches de relevés

La Locustelle tachetée, migratrice, n’a pas été contactée sur les échantillons prospectés ; la base de données indique sa présence avec une fréquence faible, en septembre et octobre ce qui indique des départs tardifs le passage migratoire.

Suivre le lien pour regarder la carte de l’atlas national de la Locustelle tachetée, période de reproduction et d’hivernage.