Ardea alba
Espèce protégée
Nicheur très rare (30 couples) ; hivernant assez rare
Statut en Europe et en France
La Grande Aigrette avait jusqu’aux années 90 une distribution restreinte à la partie orientale de l’Europe, (Ukraine, Hongrie, Roumanie). En forte expansion depuis une vingtaine d’année, elle a colonisé presque toute l’Europe de l’ouest. Cependant, mis à part la Hongrie qui compte plusieurs milliers de couples, elle est présente dans les autres pays d’Europe avec des effectifs plus restreints, de quelques dizaines à quelques centaines de couples.
La Grande Aigrette a d’abord visité la France en période internuptiale de plus en plus régulièrement, puis est devenue une hivernante régulière à partir de la fin des années 70. Enfin, elle s’est installée comme nicheuse en 1994 en Loire-Atlantique, puis en Camargue et en Dombes. Des colonies se créent ces dernières années un peu partout (baie de Somme, Nord, Sud-Ouest, Vendée). La Grande Aigrette est considérée comme Quasi menacée dans la liste rouge des oiseaux nicheurs de France (UICN).
Statut en Normandie
La Grande Aigrette est devenue un oiseau occasionnel avant d’accéder, depuis ces dix dernières années, au statut de migrateur et hivernant assez rare et régulier. Enfin, elle s’est installée en 2013 comme nicheuse, en deux colonies (tourbière de Baupte dans la Manche et dans l’estuaire de la Seine). Un indice de reproduction est noté sur la tourbière d’Heurteauville (Seine-Maritime) dans le nouvel atlas des oiseaux nicheurs de France.
Il est remarquable de constater que ces sites étaient fréquentés assidument en hiver par plusieurs grandes aigrettes avant qu’elles ne s’y reproduisent. Aujourd’hui, la Grande Aigrette est notée tous les mois de l’année en Normandie (avec un maximum d’octobre à janvier), sur toutes les zones humides du littoral ou de l’intérieur. Les observations sont en augmentation. Elle était inconnue dans l’inventaire d’Olivier de 1938 en Haute-Normandie.
Écologie et habitat
La Grande Aigrette est observée en hiver pratiquement uniquement à l’intérieur des terres, à la différence de sa cousine l’Aigrette garzette qui se rencontre volontiers sur les rivages maritimes. Elle fréquente tous les plans d’eau, mais aussi les prairies et même les cultures, à l’instar du Héron cendré. Pour la reproduction, elle était connue d’abord comme utilisant seulement les phragmitaies comme le Héron pourpré. Mais les nicheurs français s’installent souvent dans des héronnières d’espèces arboricoles. C’est le cas en Normandie. Les poissons constituent l’essentiel de sa nourriture, mais elle a pu aussi être favorisée par l’expansion des écrevisses américaines introduites.
Conservation
La capacité d’accueil de la Normandie pour ce héron rare tient à la tranquillité des lieux et certainement aussi au maintien de la protection intégrale de tous les hérons.
Répartition en période de nidification (2005-2012)


Nidification
La Grande Aigrette s’est installée en 2013 comme nicheuse, en deux colonies (tourbière de Baupte dans la Manche et dans l’estuaire de la Seine) puis des indices de reproduction sont connus sur deux ou trois autres sites concernant 20 à 30 couples au total.
Fréquence sur les échantillons prospectés (%)
| Normandie 1 (117ème rang) |
Elle n’a été notée que sur un seul échantillon en Haute-Normandie (estuaire de la Seine).
Période internuptiale
La Grande Aigrette est notée sur toutes les zones humides du littoral ou de l’intérieur. Les observations sont en augmentation permanente.
Fréquences sur les échantillons en période internuptiale en Normandie
| Septembre | Octobre | Novembre | Décembre | Janvier | Février |
| 7 | 11 | 7 | 12 | 11 | 8 |
Lors de l’enquête, les plus fortes fréquences de l’espèce se trouvent entre octobre et janvier.
| Septembre | Octobre | Novembre | Décembre | Janvier | Février |
| 5 | 9 | 9 | 7 | 8 | 8 |
Notre base de données montre de la même façon les fréquences les plus élevées d’octobre à février.
| Haute-Normandie en 2007 | Haute-Normandie en 2019 |
| NA | 9 |
La Grande Aigrette n’a été contactée que lors de la dernière campagne d’échantillonnage en Haute-Normandie. Cette différence est liée à son expansion récente dans la région.
Densités et effectifs en période internuptiale en Normandie
Les fréquences trop faibles de l’espèce ne permettent pas d’estimer ses densités ni ses effectifs en période internuptiale par notre méthode d’échantillonnage. Il y a certainement plusieurs centaines d’hivernants dans la région.
Suivre le lien pour regarder la carte de l’atlas national de la Grande Aigrette, période de reproduction et d’hivernage.
