Charadrius hiaticula
Espèce protégée
Nicheur rare (40 couples) ; migrateur et hivernant peu commun
Statut en Europe et en France
Le Grand Gravelot est un oiseau du Nord, dont l’essentiel de la population européenne est concentré en Islande, en Scandinavie et dans les Iles Britanniques. La population de l’Union européenne est en déclin.
Les nicheurs français sont récents (milieu du XXe siècle) et constituent une population marginale, presque uniquement localisée en Bretagne, dans le Nord-Pas-de-Calais et la côte nord-ouest du Cotentin. Quelques dizaines de couples se reproduisent dans chacun de ces trois bastions français. C’est un migrateur et un hivernant répandu sur les côtes de la Manche et de l’Atlantique. La moitié des hivernants est concentrée en Bretagne.
Le Grand Gravelot est considéré comme Vulnérable dans la liste rouge des oiseaux nicheurs de France (UICN).
Statut en Normandie
La Normandie est, avec la Bretagne et le département du Nord, une des seules régions de reproduction du Grand Gravelot en France. Il s’y est implanté récemment (fin des années 70). Cette population est très localisée à la côte nord-ouest du Cotentin. Il faudra attendre la fin des années 1980 pour constater de nouveau la reproduction d’un couple dans l’estuaire de la Seine. Des cas de reproduction irréguliers suivront sur le même site jusqu’à la fin des années 1990.
Pour la Haute-Normandie, le Grand Gravelot était considéré par Olivier en 1938 comme « de double passage sur nos côtes, surtout l’estuaire de Seine », et comme nicheur irrégulier (« quelques couples se sont reproduits »), noté comme « sédentaire et nicheur dans la Seine-Inférieure » par Pennetier en 1898.
Le Grand Gravelot est un migrateur et un hivernant peu commun, mais répandu sur tout le littoral, de la baie de la Seine à la baie du Mont-Saint-Michel, présent surtout sur la côte du Pays d’Auge (Calvados), la baie des Veys et les côtes est et ouest du Cotentin.
Notre base de données indique des mentions tous les mois de l’année, mais essentiellement lors du passage postnuptial (les mois d’août et septembre concentrent la majorité des observations).
Écologie et habitat
En période de nidification, le Grand Gravelot privilégie les plages sableuses riches en galets ou en coquillages, mais peut s’installer sur tout type de bancs herbeux, voire des milieux artificiels. En Normandie, il privilégie les secteurs présentant un faciès de galets en haut de plage.
La ponte de 3 à 4 œufs a lieu de mi-avril à juin. Une seconde ponte en juin-juillet semble régulière. En migration (mi-août à mi-octobre et mars à juin), ou en hivernage, c’est un oiseau des côtes sableuses et des vasières. Il se nourrit d’insectes, de mollusques, de vers marins ou de crustacés.
Conservation
Le Grand Gravelot, espèce nordique, peut à terme être impactée par le réchauffement climatique, d’autant que la population d’Europe de l’ouest (dont celle des Iles Britanniques) est en phase de déclin. Le dérangement par le tourisme peut aussi mettre en danger l’espèce. Comme pour son cousin le Gravelot à collier interrompu et d’autres espèces inféodées aux côtes basses, il serait urgent de mettre en réserve certaines portions du littoral.
Pour la Haute-Normandie, le dérangement touristique, la chasse en été (dérangement et destructions par erreur), les modifications des milieux sont autant d’éléments limitatifs qui n’ont pas permis au Grand Gravelot de s’installer de façon stable dans l’estuaire de la Seine.
Répartition en période de nidification (2005-2012)


Nidification
La Normandie constitue un bastion français pour cette espèce (environ 40 couples, soit 20 % de la population française).
Fréquence sur les échantillons prospectés (%)
| Normandie 1 (117ème rang) |
Le Grand Gravelot a été contacté sur un seul échantillon lors des prospections, dans le Cotentin.
Période internuptiale
Plus d’un millier d’individus hivernent sur les côtes normandes (comptages Wetlands des oiseaux d’eau), ce qui représente à peu près 10 % du total national. Il est aussi observé régulièrement, en petit nombre, sur les plans d’eau de l’intérieur.
Fréquences sur les échantillons en période internuptiale en Normandie
| Septembre | Octobre | Novembre | Décembre | Janvier | Février |
| 2 | 1 | 1 | 1 | 1 | NA |
Après un maximum en septembre, on note une stabilité dans les fréquences lors de l’ensemble de la saison internuptiale lors de l’enquête.
| Septembre | Octobre | Novembre | Décembre | Janvier | Février |
| 8 | 3 | 3 | 3 | 3 | 3 |
Cette stabilité se retrouve dans notre base de données d’octobre à février, après la fréquence la plus forte de septembre, lors du passage postnuptial.
| Haute-Normandie en 2007 | Haute-Normandie en 2019 |
| 11 | 11 |
La fréquence est identique entre les deux enquêtes en Haute-Normandie.
Densités et effectifs en période internuptiale en Normandie
L’approche par échantillonnage ne permet pas d’estimer les densités et effectifs de cette espèce localisée au littoral en Normandie.
Suivre le lien pour regarder la carte de l’atlas national du Grand Gravelot, période de reproduction et d’hivernage.
