Fulmar glacialis
Espèce protégée
Nicheur (350 couples) et hivernant rare ; migrateur assez rare
Statut en Europe et en France
Le Fulmar boréal niche en Islande et en Grande-Bretagne où se concentrent 95 % des effectifs. La France se situe sur la marge sud de la distribution. Ce n’est que dans la première moitié du XXe siècle que l’espèce, en forte expansion, a colonisé la Grande-Bretagne, puis progressivement la France à partir de 1960.
La Bretagne est d’abord colonisée, puis la Normandie. Depuis, la population européenne a amorcé un déclin marqué, et plus récemment la population française a aussi décliné. Elle comprend moins de 1000 couples aujourd’hui.
Le Fulmar boréal est considéré comme En Danger dans la liste rouge des oiseaux nicheurs d’Europe et comme Vulnérable dans celle de l’Union européenne (UICN).
Statut en Normandie
Dès le début des années 70, le Fulmar boréal s’installe sur les falaises de la côte d’Albâtre (400 couples répartis sur l’ensemble du littoral) et sur les falaises du Bessin (300 couples sur sa partie occidentale). La population normande représente alors 70 % de l’effectif national. La progression est stoppée aujourd’hui.
Pour la Haute-Normandie, l’espèce n’était connue par Olivier en 1938 que comme « accidentelle sur les côtes ».
Écologie et habitat
Le Fulmar boréal recherche pour nicher des corniches dans les falaises maritimes. En Grande-Bretagne, il peut occuper les trous dans les bâtiments. Il pond en mai son œuf unique. Le poussin quitte le nid en août.
Le Fulmar est souvent nécrophage mais se nourrit aussi de zooplancton et de céphalopodes. Les oiseaux s’installent très tôt sur les falaises, dès décembre, et quittent la colonie en septembre pour passer l’automne en mer.
Conservation
Bastion de l’espèce en France avec la Bretagne, le Fulmar a donc une grande importance pour notre région. Il semble que l’espèce soit soumise à de fortes contraintes naturelles qui la conduisent à une reproduction très irrégulière. En revanche, il n’a pas été identifié de contraintes liées à l’homme, les colonies, inaccessibles, étant peu dérangées. Par contre, il est certainement affecté par la pollution ou les activités de pêche et le réchauffement climatique qui repousse les poissons-proies vers le nord. L’espèce est alors contrainte d’aller de plus en plus loin pour se nourrir, conduisant à l’abandon des colonies situées en bordure méridionale de sa distribution.
Répartition en période de nidification (2005-2012)


Nidification
Les effectifs du Fulmar boréal sont maintenant en chute marquée, réduits à probablement moins de 350 couples au total, ce qui constitue toutefois encore un tiers des effectifs français.
Fréquence sur les échantillons prospectés (%)
| Normandie 4 (100ème rang) |
La rareté de l’espèce et sa localisation explique logiquement la faible fréquence sur nos échantillons.
Période internuptiale
Les oiseaux s’installent très tôt sur les falaises, dès décembre, et quittent les colonies en septembre pour passer l’automne en mer.
Fréquences sur les échantillons en période internuptiale en Normandie
| Septembre | Octobre | Novembre | Décembre | Janvier | Février |
| NA | NA | 1 | 1 | 3 | 3 |
La fréquence est plus marquée au fur et à mesure de l’avancée de la saison, correspondant au retour précoce des nicheurs.
| Septembre | Octobre | Novembre | Décembre | Janvier | Février |
| 2 | NA | 1 | 2 | 3 | 4 |
Notre base de données indique le même pattern de présence que lors de l’enquête.
Densités et effectifs en période internuptiale en Normandie
La rareté et la localisation de l’espèce n’ont pas permis de calculer des densités et des effectifs.
Suivre le lien pour regarder la carte de l’atlas national du Fulmar boréal, période de reproduction et d’hivernage.
