Faucon pèlerin

Falco peregrinus

Espèce protégée

Nicheur rare (75 couples) ; hivernant assez rare

Statut en Europe et en France

Actuellement, le Faucon pèlerin, s’il est réparti sur l’ensemble du territoire européen, reste encore rare. S’il possédait des zones de distribution disjointes en Europe jusqu’au début du xxe siècle, l’expansion récente tend à uniformiser sa répartition. Les principaux bastions sont au Groenland, en France, Espagne, Italie, Allemagne, Turquie, Royaume-Uni, Norvège et Russie.

En France, il a connu, comme dans le reste de l’Europe, un fort déclin entre 1940 et 1970, passant de 10 00 à 200 couples. Aujourd’hui, la population française est revenue à ses effectifs anciens et a même dépassé ceux-ci (1 600 à 1 800 couples en 2020). L’espèce est présente dans les montagnes, le littoral de la Manche incluant la vallée de la Seine et la façade Est du pays.

Statut en Normandie

Après avoir disparu de Normandie dans les années 60, le Faucon pèlerin a fait un grand retour dans le début des années 90 dans la région. Il s’est installé simultanément sur les falaises du Cotentin et sur les falaises de la côte d’Albâtre (Pays-de-Caux – Seine-Maritime). Depuis la population a progressé et s’est stabilisée. Les adultes nicheurs sont sédentaires.

Son histoire est bien connue. Olivier en 1938 le notait « assez commun dans toute la Haute-Normandie », et indiquait qu’ « il se reproduit régulièrement dans les falaises maritimes du Pays-de-Caux, où on peut compter en moyenne un couple par 10 kilomètres ». Le Faucon pèlerin nichait aussi en basse vallée de la Seine jusqu’aux Andelys. C’est, pour la première partie du XXe siècle, peut-être une population d’une centaine de couples qui habitait la Normandie.

Après avoir connu des hivernages prolongés pendant plusieurs années dans les baies et sur les côtes normandes, le Faucon pèlerin s’est réinstallé comme nicheur en 1994. Il commence à s’installer dans des carrières à l’intérieur des terres comme dans le département de la Manche et même loin de la mer sur des sites artificiels et en milieu urbain. Ainsi, un couple s’est installé sur un château d’eau au cœur du Pays-de-Caux ! Plus remarquable encore est l’installation de couples dans l’Orne et le sud de la Manche dans des carrières.

Écologie et habitat

Le Faucon pèlerin est dans nos latitudes une espèce rupestre ; il peut s’accommoder de bâtiments urbains pour se reproduire, surtout si on lui installe des aires artificielles.

L’espèce peut habiter toutes sortes d’habitats ouverts, du moment qu’elle trouve des falaises et une nourriture abondante. Il est dépendant de l’abondance des proies, particulièrement les laridés, corvidés et pigeons. La ponte (3 ou 4 œufs) débute tôt dans l’année, vers la fin de février, les familles se dissocient en juillet.

Conservation

Le déclin spectaculaire de l’espèce entre 1940 et 1970 est essentiellement dû à l’emploi d’un insecticide, le DDT, qui rendait stériles les oiseaux, mais aussi aux persécutions par l’homme.

Un des premiers facteurs limitant le retour de l’espèce est le dérangement par l’homme, particulièrement en février-mars, époque de l’installation des couples. Or, nombre de falaises anciennement occupées en vallée de la Seine sont aujourd’hui fortement fréquentées par les promeneurs, varappeurs, etc.

Si l’on veut stabiliser la population et lui permettre de se développer, il sera nécessaire d’organiser un plan de préservation régional, incluant un partage de l’espace des falaises avec les « usagers humains », voire des aides directes dans l’aménagement des falaises favorables (creusement de replats).

Si la situation sur les falaises côtières est différente, il faut avoir en tête le dérangement par les promeneurs, mais aussi les risques d’effondrements naturels des falaises, qui peuvent, lors de printemps particulièrement humides comme en 2001, fortement affecter cette espèce.

Enfin, il faut mentionner malheureusement les risques de destruction directe, particulièrement le « désairage » illégal pour la fauconnerie et aussi les risques de collision près des aires avec des pylônes électriques. Un plan de préservation régional devra prendre tous ces éléments en compte et certainement intégrer des protections réglementaires des sites.

Répartition en période de nidification (2005-2012)

Faucon pèlerin en vol de face
Faucon pèlerin © Photothèque LPO Normandie

Nidification

Aujourd’hui, il est présent dans trois bastions : la côte d’Albâtre (30 à 40 couples), la vallée de la Seine (15 à 20 couples) et les côtes du Bessin et du Cotentin (10 à 15 couples). Il continue à progresser comme en atteste son installation sur les falaises de Barneville-Carteret (50) au printemps 2020 ou à l’intérieur des terres jusque dans le département de l’Orne. La population se situe probablement un peu au dessus des 70 couples.

Fréquence sur les échantillons prospectés

Haute-Normandie en 2017Haute-Normandie en 2019Normandie
434 (100ème rang)
Fréquences (%)

C’est une espèce rarement notée sur nos échantillons, ce qui est logique au vu de sa localisation de ses populations. Il n’y a pas d’évolution notable entre les deux enquêtes en Haute-Normandie.

Période internuptiale

des hivernants du Nord où des jeunes erratiques peuvent effectuer de longs séjours, quelquefois préludes à une nidification. L’augmentation des observations hivernales est marquante, y compris sur les plateaux cultivés, mais il reste nettement plus rare au fur et à mesure que l’on s’éloigne de la mer.

Fréquences sur les échantillons en période internuptiale en Normandie

SeptembreOctobreNovembreDécembreJanvierFévrier
143114
Fréquence (%) par mois sur les échantillons prospectés

On note une présence tous les mois sur les échantillons, avec une fréquence plus forte en octobre et février, ce qui peut indiquer des périodes de passage (pour octobre) et d’installation des nicheurs (pour février).

SeptembreOctobreNovembreDécembreJanvierFévrier
686446
Fréquences par mois d’après les fiches de relevés

Notre base de données indique le même pattern de présence que lors de l’enquête.

Haute-Normandie en 2007Haute-Normandie en 2019
41
Fréquence sur les échantillons prospectés (%) au cours des enquêtes précédentes

De manière assez surprenante, on note une baisse de fréquence sur les échantillons haut-normands entre les deux enquêtes, alors que c’est franchement l’inverse dans notre base de données (5,5 % en 2007 et 6,6 % en 2019). Cela pourrait s’expliquer par le fait que les faucons pèlerins hivernants sont certainement très concentrés près des côtes, mais aussi par le fait que les nombres sont trop bas pour que les écarts soient significatifs.

Densités et effectifs en période internuptiale en Normandie

L’étendue des territoires n’a pas permis, comme pour la population nicheuse, de calculer des densités et des effectifs.

Suivre le lien pour regarder la carte de l’atlas national du Faucon pèlerin, période de reproduction et d’hivernage.