Épervier d’Europe

Accipiter nisus

Espèce protégée

Nicheur sédentaire assez rare (1 700 couples)

Statut en Europe et en France

Nicheur du Paléarctique, de l’ouest de l’Europe au Japon, l’Épervier a ses bastions européens dans le nord de notre continent, où après une augmentation très notable, tant en répartition qu’en effectif, entre 1970 et 1990, l’espèce subit une nouvelle phase de déclin.

En France, l’Épervier niche presque partout (il est nettement plus fréquent dans l’est du pays), et l’hivernage concerne les oiseaux autochtones auxquels s’ajoutent des individus issus du nord et de l’est de l’Europe. En période migratoire, de nombreux oiseaux transitent par notre pays.

Statut en Normandie

L’Épervier d’Europe est aujourd’hui répandu dans toute la Normandie, avec une abondance nettement plus élevée en zone bocagère, donc au cœur de la Normandie armoricaine (Manche, Orne). Il semble en diminution dans la région depuis ces dernières années, mais nous manquons de recul ; il pourrait s’agir de fluctuation d’effectifs. Au regard des considérations des ornithologues normands du XIXe siècle et du début du XXe siècle, il est cependant certain que l’Épervier est loin d’avoir retrouvé ses effectifs d’antan.

Ainsi, pour la Haute-Normandie, Olivier notait en 1938 : « Migrateur à son double passage. L’Épervier est également résident d’hiver en partie. Nidificateur commun dans toute la Haute-Normandie ».

Écologie et habitat

Nichant de préférence dans les résineux, l’Épervier s’installe aussi dans les bois de feuillus ou les haies de grands arbres. Un chêne est souvent choisi pour abriter le nid, placé contre le tronc et à l’insertion d’une grosse branche. L’Épervier évite généralement le voisinage des habitations. Il se nourrit avant tout de passereaux qu’il attrape par surprise, mais des oiseaux de la taille du pigeon ramier sont assez souvent consommés, en particulier par la femelle, nettement plus grosse que le mâle.

Conservation

Si l’Épervier était, avant la seconde guerre mondiale, un oiseau commun, il n’a pas retrouvé actuellement son statut d’alors, malgré sa protection légale, l’interdiction des organochlorés les plus néfastes et la diminution des préjugés négatifs à son égard. La structure du paysage normand a entre-temps beaucoup changé, et même si la forêt a gagné du terrain (et singulièrement les forêts de résineux), la disparition du bocage dense et des grandes haies caractéristiques de la Normandie traditionnelle est rédhibitoire. D’autres causes possibles sont à ajouter à ces facteurs limitants : d’une part une intoxication chronique par des pesticides toxiques, entre autres pour la reproduction, qu’il s’agisse d’anciens produits rémanents ou de produits encore utilisés, et d’autre part la raréfaction de certains passereaux, au premier rang desquels se trouve le moineau domestique. Les mesures qui seraient aujourd’hui les plus faciles à prendre pour favoriser l’espèce seraient une réhabilitation effective des haies et la poursuite de la sensibilisation du public – et avant tout des chasseurs et des forestiers – à cet oiseau emblématique.

Répartition en période de nidification (2005-2012)

Epervier aux aguêts sur une branche
Épervier © Jean-Pierre AUMONT

Nidification

La population normande doit se situer autour d’un peu plus d’un millier de couples.

Fréquence sur les échantillons prospectés (%)

Normandie
30 (55ème rang)

C’est une espèce notée assez fréquemment sur nos échantillons, mais l’étendue des territoires n’a pas permis de calculer des densités.

Période internuptiale

Les éperviers normands sont sédentaires pour l’essentiel, tandis que la région abrite, en dehors de la reproduction, un assez fort contingent d’oiseaux nordiques et orientaux, qui transitent ou hivernent chez nous. Ils peuvent ainsi être observés dans des sites où ils ne nichent pas, comme les secteurs arborés des villes.

Fréquences sur les échantillons en période internuptiale en Normandie

SeptembreOctobreNovembreDécembreJanvierFévrier
15181818156
Fréquence (%) par mois sur les échantillons prospectés

On note une stabilité dans les fréquences lors de l’ensemble de la saison internuptiale lors de l’enquête jusqu’en janvier et une baisse en février, due peut-être au départ d’une partie des hivernants nordiques.

SeptembreOctobreNovembreDécembreJanvierFévrier
171816161210
Fréquences par mois d’après les fiches de relevés

Notre base de données indique le même pattern de présence avec une baisse de fréquence à partir de janvier.

Haute-Normandie en 2007Haute-Normandie en 2019
1915
Fréquence sur les échantillons prospectés (%) au cours des enquêtes précédentes

La différence de fréquence entre les deux enquêtes en Haute-Normandie (- 21 %) semble corroborer la tendance au déclin de l’espèce.

Densités et effectifs en période internuptiale en Normandie

L’étendue des territoires n’a pas permis, comme pour la population nicheuse, de calculer des densités et des effectifs.

Suivre le lien pour regarder la carte de l’atlas national de l’Épervier d’Europe, période de reproduction et d’hivernage.