Bergeronnette flavéole

Motacilla flava flavissima

Espèce protégée

Nicheur sédentaire peu commun (6 000 couples)

Statut en Europe et en France

La Bergeronnette flavéole est la sous-espèce britannique de la Bergeronnette printanière. Elle niche en Angleterre, et est absente de la plus grande partie de l’Écosse, ainsi que du Pays de Galles et de toute l’Irlande. Elle est également présente sur la frange côtière continentale allant du Finistère aux Pays-Bas, puis dans le sud-ouest de la Norvège. La Bergeronnette flavéole a globalement décliné à partir de la première moitié du XXe siècle, en particulier en Grande-Bretagne. Le déclin s’est accentué à partir de la fin des années 1960 en s’accompagnant d’une contraction de près de 10 % de son aire de répartition.

En France, elle niche sur toute la bordure maritime, depuis la frontière belge jusqu’au sud du Finistère. Elle s’enfonce parfois de plusieurs dizaines de kilomètres dans les terres, en particulier dans le nord de la France où elle cohabite sur une large bande, et s’hydride, semble-t-il assez souvent, avec la sous-espèce type (Motacilla flava flava). Sur les secteurs plus proches du littoral, et en allant vers l’ouest, elle devient pratiquement exclusive par rapport à la sous-espèce type. Il a été mis en évidence une avancée de la Bergeronnette flavéole vers l’intérieur des terres, sans que semble en souffrir l’autre sous-espèce, habituellement plus continentale. Elle est notée en fort déclin dans la partie nord de sa distribution française ainsi qu’en Bretagne, semblant se concentrer en Normandie.

Statut en Normandie

La Bergeronnette flavéole domine sa cousine printanière dans les secteurs proches du littoral de toute la région. Elle peut s’installer à l’intérieur des terres, singulièrement en Seine-Maritime, alors qu’elle reste rare dans l’Eure et dans l’Orne. Ce sont au moins 50 % de la population française (voire plus si le déclin de l’espèce noté dans le Nord, en Picardie et en Bretagne se confirme) qui sont concentrés à l’heure actuelle en Normandie, qui constitue donc le principal bastion français de ce taxon.

Pour la Haute-Normandie, Olivier en 1938 indiquait : « Séjourne en Haute-Normandie du début d’avril à la fin de septembre. Elle est ici la forme la plus commune et se reproduit dans toute la région, mais en plus grand nombre toutefois sur le littoral et dans la Basse-Seine ».

Écologie et habitat

Elle a les mêmes caractéristiques biologiques que la sous-espèce type. Toutefois, elle occupe des zones où persistent des prairies humides de fauche gérées traditionnellement, et surtout, des pâtures occupées de façon extensive (basse vallée et estuaire de la Seine), où elle fait son nid sous une touffe d’herbe. Comme sa cousine printanière, elle a une tendance (récente ?) à s’installer dans les grandes cultures, au moins en Haute-Normandie et dans la plaine de Caen, tandis qu’elle occupe plutôt les milieux prairiaux et les herbus côtiers dans le reste de la Basse-Normandie.

Conservation

Le retour à un élevage extensif et la mise en place de mesure agri-environnementales favorisant un fauchage tardif des prairies humides, avec une gestion hydraulique adaptée, permettront à la Bergeronnette flavéole, à l’instar d’autres espèces fragiles comme le Tarier des prés et le Râle des genêts, de se maintenir avec bonheur dans leur milieu d’origine. Si l’adaptation des bergeronnettes printanières type et flavéole aux champs de céréales peut nous réjouir, un changement total d’habitat pour cette espèce signifierait l’appauvrissement d’un écosystème déjà très fortement marginalisé.

Répartition en période de nidification (2005-2012)

Bergeronnette flavéole chanteur
Bergeronnette flavéole © LPO Normandie

Nidification

Haute-NormandieCotentin / BessinNormandie
NA2 7006 000
Estimation du nombre de couples d’oiseaux nicheurs

L’estimation indique que la Normandie regroupe aujourd’hui l’essentiel des effectifs français, dans le contexte de la diminution des populations bretonnes et de celles du nord de la France.

Carte des densités par zones biogéographiques

On constate que dans la zone échantillonnée, la Bergeronnette flavéole a ses bastions dans les prairies de l’estuaire de la Seine et celles des marais du Cotentin. Elle est bien présente sur le plateau du Neubourg (Eure) et le Pays-de-Caux (Seine-Maritime) où elle côtoie la Bergeronnette printanière. Ailleurs, elle est rare ou absente.

Comparaison des densités par grandes zones

Haute-NormandieCotentin / BessinNormandie
NA0,70,2 (63ème rang)
Densité (couples / km²)

Au 63ème rang en termes d’abondance (sur 187 espèces d’oiseaux nicheuses en Normandie), la Bergeronnette flavéole est une espèce peu commune en Normandie. Elle est plus abondante dans les marais du Cotentin et du Bessin.

Fréquence sur les échantillons prospectés

Haute-Normandie en 2017Haute-Normandie en 2019Normandie
251416 (68ème rang)
Fréquences (%)

En termes de fréquence sur les échantillons, on note une baisse importante de fréquence (-42 %) entre l’enquête 2007 et l’enquête 2019 en Haute-Normandie. La fréquence de 16 % sur les échantillons sur l’ensemble de la zone étudiée montre bien que l’espèce est peu commune.

Densité par type d’habitat

BâtiCulturesForêtMosaïquePrairies
0,80,40,5
Couples / km²

Elle montre des densités plus fortes dans les échantillons de cultures, puis dans ceux de mosaïque et de prairies, ce qui est bien conforme à la littérature sur l’espèce.

Période internuptiale

Les bergeronnettes flavéoles sont migratrices ; elles partent pour hiverner en Afrique sub-saharienne en fin d’été.

Fréquences sur les échantillons en période internuptiale en Normandie

SeptembreOctobreNovembreDécembreJanvierFévrier
3NANANANANA
Fréquence (%) par mois sur les échantillons prospectés

On constate dans ce travail d’échantillonnage une présence avec une faible fréquence, uniquement en septembre.

SeptembreOctobreNovembreDécembreJanvierFévrier
3NANANANANA
Fréquences par mois d’après les fiches de relevés

La situation est similaire sur nos fiches de relevés.

Densités et effectifs en période internuptiale en Normandie

La faible présence de l’espèce pendant cette période ne permet pas de calculer des densités et des effectifs.

Suivre le lien pour regarder la carte de l’atlas national de la Bergeronnette flavéole, période de reproduction ou d’hivernage.