Sitta europaea
Espèce protégée
Nicheur sédentaire commun (63 000 couples)
Statut en Europe et en France
Oiseau des latitudes moyennes de tout le Paléarctique, la Sittelle torchepot n’évite en Europe que le nord de la Fennoscandie, l’Écosse, l’Irlande et les îles de la Méditerranée.
En France, après un déclin, l’espèce est en augmentation modérée depuis le début du vingt-et-unième siècle.
Statut en Normandie
L’espèce est répandue dans toute la région, son abondance étant liée à la présence de forêts et de bocage arboré pas trop ouvert. Elle est moins commune dans le département de la Manche, peu boisé. Elle y est localisée aux secteurs de bocage où subsistent des vieux arbres.
Pour la Haute-Normandie, En 1938, Olivier connaissait la Sittelle comme « commune et sédentaire ; en partie erratique durant l’hiver ».
Écologie et habitat
Quoique présente dans le bocage et même les parcs urbains, la Sittelle torchepot est avant tout une espèce forestière. Elle se nourrit d’insectes, qu’elle va souvent déloger de l’écorce des arbres. Elle y ajoute des graines en hiver et fréquente volontiers les mangeoires. Son nid est construit dans une cavité d’arbre, parfois un nichoir. Elle effectue une seule nichée par an.
Conservation
Dépendante des arbres âgés et des bois morts, la Sittelle, à l’instar d’autres espèces comme le Pic mar, est un bon indicateur de la capacité des exploitants forestiers (privés et publics) à concilier l’intérêt économique avec le maintien de la biodiversité. C’est donc une espèce à surveiller de près. Par ailleurs, la réduction drastique des haies arborées bocagères et la disparition des arbres âgés ne peuvent que lui être défavorables.
Répartition en période de nidification (2005-2012)


Nidification
| Haute-Normandie | Cotentin / Bessin | Normandie |
| 35 000 | 5 000 | 63 000 |
L’estimation des effectifs indique que la densité en Normandie est similaire à la densité moyenne en France (environ 5 % des effectifs).
Carte des densités par zones biogéographiques

On constate que dans la zone échantillonnée, la Sittelle torchepot montre ses densités les plus élevées dans le Pays-de-Lyons, zone forestière, puis dans le Pays d’Ouche, qui est assez boisé aussi. A l’inverse, elle est peu dense dans la Manche et le Bessin, sur tout le littoral, en Pays-de-Bray, sur les plateaux de Rouen et le Vexin, le Plateau du Neubourg, sur des zones qui correspondent peu à ses exigences forestières ou de bocage arboré.
Comparaison des densités par grandes zones
| Haute-Normandie | Cotentin / Bessin | Normandie |
| 2,8 | 1,3 | 2,4 (24ème rang) |
Au 24ème rang en termes d’abondance (sur 187 espèces d’oiseaux nicheuses en Normandie), la Sittelle torchepot est une espèce commune en Normandie. Ses densités sont plus élevées en Haute-Normandie sur la zone échantillonnée.
Fréquence sur les échantillons prospectés
| Haute-Normandie en 2017 | Haute-Normandie en 2019 | Normandie |
| 65 | 72 | 65 (35ème rang) |
On note une nette hausse entre l’enquête 2007 et l’enquête 2019 en Haute-Normandie (+ 11 %).
Densité par type d’habitat
| Bâti | Cultures | Forêt | Mosaïque | Prairies |
| 3,5 | 0,7 | 9,4 | 1,3 | 2,3 |
Sans surprise, c’est dans l’habitat forestier que la Sittelle torchepot montre sa densité la plus élevée. Viennent ensuite les habitats bâtis et de prairies où elle trouve des zones arborées qui lui sont nécessaires. Elle est logiquement quasi absente des zones de culture qu’elle occupe marginalement à la faveur de gros bosquets d’arbres par exemple.
Période internuptiale
L’espèce est considérée comme sédentaire en Normandie.
Fréquences sur les échantillons en période internuptiale en Normandie
| Septembre | Octobre | Novembre | Décembre | Janvier | Février |
| 48 | 43 | 41 | 48 | 43 | 49 |
La fréquence de contact est assez stable sur la période hivernale, ce qui est logique pour un oiseau très sédentaire.
| Septembre | Octobre | Novembre | Décembre | Janvier | Février |
| 32 | 28 | 31 | 36 | 38 | 37 |
| Haute-Normandie en 2007 | Haute-Normandie en 2019 |
| 46 | 53 |
Nous constatons une nette hausse (+ 15 %) entre les enquêtes 2007 et 2019, comme lors de la période de reproduction.
Densités et effectifs en période internuptiale en Normandie
| Septembre | Octobre | Novembre | Décembre | Janvier | Février | |
| Densité (individus / km²) | 2,0 | 1,7 | 1,4 | 2,0 | 1,8 | 1,8 |
| Effectifs (nombre d’individus) | 59 200 | 50 000 | 41 300 | 60 000 | 54 500 | 53 500 |
On peut estimer à plusieurs dizaines de milliers d’individus (entre 40 000 et 60 000) le nombre de sittelles torchepot présentes en Normandie période internuptiale.
Suivre le lien pour regarder la carte de l’atlas national de la Sittelle torchepot, période de reproduction ou d’hivernage.
