Pica pica
Espèce chassable
Nicheur sédentaire commun (80 000 couples)
Statut en Europe et en France
La Pie bavarde est répandue dans toute l’Europe, du nord de la Scandinavie aux régions méditerranéennes, à l’exception des îles du sud de l’Europe et du nord de l’Ecosse. Son bastion européen est l’Espagne (un quart des effectifs).
Elle est présente partout en France, hormis en Corse. Elle connaît un fort déclin dans les zones rurales de France, à peine compensée par une augmentation dans les secteurs urbains.
Statut en Normandie
La Pie bavarde est présente et commune dans toute la Normandie. Elle était considérée par Olivier en 1938 pour la Haute-Normandie comme « très commune partout et sédentaire ».
Écologie et habitat
La Pie est l’oiseau de la plaine cultivée parsemée d’arbres. Elle habite aussi bien le bocage avec les prairies que les cultures tant que l’arbre où elle installe son nid est présent. Elle s’est installée assez récemment dans les villes et y est devenue très commune.
La ponte des 4 à 8 œufs est déposée en mars-avril. Elle est très éclectique quant à son régime alimentaire : déchets, petits vertébrés dont jeunes des autres espèces de passereaux, mais aussi insectes, graines, fruits…
Conservation
Espèce considérée trop souvent comme « nuisible », il convient de relativiser les dégâts causés par les pies. Sauf exception (espèce rare installée à proximité), l’éventuel déclin de celles-ci est à rechercher ailleurs, la plupart du temps dans la dégradation des milieux par l’homme. Les mesures de destruction de la Pie sont donc en général injustifiées.
Au vu du fort déclin de ces dernières décennies en France, rien ne justifie que la Pie ne soit pas inscrite sur la liste des espèces protégées.
Répartition en période de nidification (2005-2012)


Nidification
| Haute-Normandie | Cotentin / Bessin | Normandie |
| 24 000 | 10 000 | 80 000 |
La population normande estimée sur nos échantillons représente environ 13 % des effectifs nicheurs français, densité supérieure à la moyenne nationale.
Carte des densités par zones biogéographiques

Curieusement, les plus fortes densités pour cette espèce se concentrent sur le littoral du Cotentin et l’estuaire de la Seine. Puis sans surprise, elle est à plus de 2,7 couples / km² dans les zones de bocage (Bessin, y compris le littoral, Pays-de-Bray et Lieuvin). Son abondance est plus faible mais notable dans le reste de la Normandie, à l’exception du Roumois, du Pays d’Ouche et de la Côte d’Albâtre qui ont moins sa faveur.
Comparaison des densités par grandes zones
| Haute-Normandie | Cotentin / Bessin | Normandie |
| 1,9 | 2,8 | 2,2 (25ème rang) |
Espèce commune, la Pie bavarde est au 25ème rang en termes d’abondance (sur 187 espèces d’oiseaux nicheuses en Normandie), avec globalement 2,2 couples / km². Toutefois, le Cotentin / Bessin lui sont très favorables avec presque 3 couples / km².
Fréquence sur les échantillons prospectés
| Haute-Normandie en 2017 | Haute-Normandie en 2019 | Normandie |
| 74 | 78 | 84 (17ème rang) |
En termes de fréquence sur les échantillons, l’espèce est au 17ème rang avec plus de 80 % de fréquence. Elle a gagné 4 % entre les deux enquêtes menées entre 2007 et 2019 en Haute-Normandie.
Densité par type d’habitat
| Bâti | Cultures | Forêt | Mosaïque | Prairies |
| 5,5 | 1,2 | 0,6 | 2,8 | 2,8 |
La Pie a une nette préférence pour les milieux bâtis (plus de 5 couples / km²). Plus classiquement, on la trouve avec de fortes densités dans les habitats variés (mosaïques, prairies) et moins dans les cultures. Elle est quasiment absente des forêts, d’où sa faible fréquence en Roumois et Pays d’Ouche.
Période internuptiale
La Pie bavarde est une espèce sédentaire, que l’on rencontre toute l’année.
Fréquences sur les échantillons en période internuptiale en Normandie
| Septembre | Octobre | Novembre | Décembre | Janvier | Février |
| 70 | 72 | 75 | 75 | 65 | 75 |
Notre travail d’échantillonnage montre une nette stabilité de la fréquence de l’espèce au long de la période internuptiale, stabilité que l’on retrouve, pour le même intervalle de temps, dans les fiches de relevés (voir ci-dessous).
| Septembre | Octobre | Novembre | Décembre | Janvier | Février |
| 58 | 63 | 64 | 65 | 65 | 63 |
| Haute-Normandie en 2007 | Haute-Normandie en 2019 |
| 63 | 70 |
Même constat que pendant la période de nidification : la fréquence de la Pie bavarde a augmenté (+ 11 %) entre les deux enquêtes en Haute-Normandie pour la période internuptiale.
Densités et effectifs en période internuptiale en Normandie
| Septembre | Octobre | Novembre | Décembre | Janvier | Février | |
| Densité (individus / km²) | 3,4 | 3,1 | 2,7 | 3,0 | 2,7 | 3,4 |
| Effectifs (nombre d’individus) | 100 300 | 93 600 | 80 600 | 91 200 | 80 500 | 100 800 |
Comme pour les fréquences, on constate une stabilité de l’abondance de la Pie bavarde au cours de la saison internuptiale. La population hivernante est estimée à près de 100 000 oiseaux sur les zones prospectées dans la région.
Suivre le lien pour regarder la carte de l’atlas national de la Pie bavarde, période de reproduction ou d’hivernage.
