Sturnus vulgaris
Nicheur sédentaire très commun (187 000 couples)
Statut en Europe et en France
L’homme ayant introduit l’Étourneau en Océanie et en Amérique, ce dernier est actuellement une des espèces les plus répandues de la planète, et en Europe, il ne manque que dans le sud du continent. La population nicheuse européenne a crû du xixe siècle aux années 1950, puis un déclin s’est amorcé dans certains pays comme dans les Iles Britanniques ou l’Allemagne, en premier lieu du fait de l’agriculture intensive (remembrement, diminution du pâturage, destruction des haies et usage immodéré des pesticides).
En France, la situation est moins claire. Dans notre pays, l’effectif hivernant est estimé à au moins huit fois l’effectif reproducteur, du fait de l’hivernage d’un grand nombre d’individus issus du nord et de l’est de l’Europe.
Statut en Normandie
L’Étourneau est présent partout, c’est un des oiseaux les plus communs de la région. Il se reproduit sur l’ensemble de la Normandie. Le passage post-migratoire et l’arrivée des hivernants a lieu entre septembre et novembre, passage particulièrement sensible près du littoral, et entre mi-octobre et début novembre. L’ouest de la France est concerné au premier chef par l’hivernage de l’espèce, surtout en cas de coup de froid dans les régions moins clémentes, et singulièrement les secteurs de prairies du Cotentin.
Pour la Haute-Normandie, Olivier notait en 1938 : « Migrateur. De gros effectifs sont de passage de fin septembre à la mi-novembre et de février à avril. Une partie est sédentaire. Un nombre toujours plus élevé arrive en février-mars pour se reproduire et repart en octobre-novembre. Niche dans toutes sortes d’emplacements, s’installe partout et menace sérieusement certaines espèces de ce fait ».
Écologie et habitat
Espèce cavernicole, l’Étourneau adopte parfois les constructions humaines, y compris en ville. Se nourrissant essentiellement dans les milieux prairiaux, il utilise aussi les cultures et les pelouses urbaines. Les retours s’échelonnent de février à début mai, tandis que la nidification proprement dite commence dès mars avec la construction du nid. Les œufs sont déposés en avril avec, parfois, une deuxième ponte.
En hiver, les étourneaux se rassemblent le soir en dortoirs ruraux et urbains parfois numériquement considérables. Les individus qui nichent en France sont sédentaires, et les migrateurs qui passent en Normandie (contactés en nombre sur les sites de comptage du littoral) se rendent au plus loin jusqu’en Afrique du Nord. Son régime, d’insectivore au printemps, devient nettement moins spécialisé en dehors de la période de reproduction. Ainsi, il se nourrit également de fruits à cette époque.
Conservation
L’Étourneau est souvent considéré comme un nuisible, sans doute en grande partie à cause du dérangement que causent les dortoirs hivernaux urbains, bruyants et salissants. La perception négative et irrationnelle engendrée par les grands rassemblements de ces oiseaux sombres aux cris grinçants n’est sans doute pas étrangère à cette perception. De même, leur peu de discrétion en nidification donnent parfois l’impression qu’ils « prennent la place » des autres oiseaux cavernicoles, ce qui reste à démontrer.
Le déclin actuel marqué de l’espèce en Europe justifierait son classement au titre des espèces protégées.
Répartition en période de nidification (2005-2012)


Nidification
| Haute-Normandie | Cotentin / Bessin | Normandie |
| 90 000 | 15 000 | 187 000 |
L’estimation indique que la Normandie regroupe une part non négligeable des effectifs nicheurs français (environ 10 %).
Carte des densités par zones biogéographiques

L’Étourneau sansonnet présente une forte densité dans le Roumois et l’estuaire de la Seine. Il est aussi très présent dans plusieurs régions naturelles de la zone traitée : le Pays-de-Bray, le plateau de Rouen, le Lieuvin, le plateau du Neubourg, la plaine de-Saint-André et le Bessin.
Comparaison des densités par grandes zones
| Haute-Normandie | Cotentin / Bessin | Normandie |
| 7,2 | 4 | 6,2 (11ème rang) |
Au 11ème rang en termes d’abondance (sur 187 espèces d’oiseaux nicheuses en Normandie), l’Étourneau sansonnet est une espèce commune en Normandie. Ses densités sont nettement plus importantes dans la partie orientale de la région normande.
Fréquence sur les échantillons prospectés
| Haute-Normandie en 2017 | Haute-Normandie en 2019 | Normandie |
| 92 | 88 | 89 (14ème rang) |
En termes de fréquence sur les échantillons, on trouve une situation assez voisine (14ème rang) de celle notée pour les densités (11ème rang). On note une baisse sensible de fréquence (- 4 %) entre l’enquête 2007 et l’enquête 2019 en Haute-Normandie.
Densité par type d’habitat
| Bâti | Cultures | Forêt | Mosaïque | Prairies |
| 13,8 | 7,1 | 0,6 | 6,1 | 5,1 |
Espèce cavernicole et ubiquiste, l’Etourneau sansonnet niche majoritairement en milieu bâti urbain ou rural. Il affectionne les mosaïques de paysages bocagers et de prairies d’élevages qui lui procurent la subsistance. Pour cette même raison et comme il est opportuniste et fréquente occasionnellement les zones de cultures.
Période internuptiale
La période migratoire voit arriver un contingent important d’oiseaux venant du nord et de l’est, qui vient gonfler les effectifs de la population locale de Normandie majoritairement sédentaire.
Fréquences sur les échantillons en période internuptiale en Normandie
| Septembre | Octobre | Novembre | Décembre | Janvier | Février |
| 75 | 83 | 87 | 89 | 84 | 89 |
On constate, dans ce travail d’échantillonnage, une fréquence élevée et stable de l’espèce pendant la saison internuptiale, à partir d’octobre lorsque les hivernants nordiques ou orientaux arrivent.
| Septembre | Octobre | Novembre | Décembre | Janvier | Février |
| 68 | 80 | 80 | 76 | 74 | 72 |
La situation détectée par nos fiches de relevés est similaire à celle constatée lors de l’enquête.
| Haute-Normandie en 2007 | Haute-Normandie en 2019 |
| 84 | 83 |
La fréquence entre les deux périodes d’enquêtes (soit 12 ans) en Haute-Normandie en période internuptiale est restée identique pour l’Étourneau sansonnet.
Densités et effectifs en période internuptiale en Normandie
| Septembre | Octobre | Novembre | Décembre | Janvier | Février | |
| Densité (individus / km²) | 38 | 61 | 94 | 77 | 88 | 82 |
| Effectifs (nombre d’individus) | 1 000 000 | 1 800 000 | 2 800 000 | 2 300 000 | 2 600 000 | 2 500 000 |
Nous constatons la remontée des effectifs avec l’arrivée des hivernants à partir d’octobre. Sur l’essentiel de la période, entre 2 et 3 millions d’étourneaux fréquentent la région.
Suivre le lien pour regarder la carte de l’atlas national de l’Étourneau sansonnet, période de reproduction ou d’hivernage.
