Buse variable

Buteo buteo

Espèce protégée

Nicheur peu commun (7 000 couples), hivernant commun

Statut en Europe et en France

Répandue partout en Europe à l’exception des zones les plus nordiques, la Buse variable a ses principaux bastions en France et en Allemagne. Elle y est cependant considérée comme en déclin sur les dix dernières années. C’est le rapace le plus commun de France avec le Faucon crécerelle. Après avoir connu une importante baisse d’effectifs (comme tous les rapaces) en France, la Buse variable a vu s’amorcer une phase d’expansion depuis le début des années 70, suite à la protection de l’espèce. Elle est aujourd’hui présente sur l’ensemble du territoire, y compris en zone méditerranéenne.

Statut en Normandie

La Buse variable est, à l’instar de la situation en France, présente sur tout le territoire normand. Si elle est régulièrement répartie dans tous les départements normands, c’est en densité très variables suivant les secteurs, nettement plus abondante dans les zones bocagères. Elle est certainement sédentaire dans notre région avec certainement un  apport d’hivernants nordiques ou orientaux. Pour la Haute-Normandie, Olivier notait en 1938 : « un grand nombre de ces oiseaux est sédentaire et se reproduit dans toutes les forêts et les bois d’une certaine importance ».

Écologie et habitat

La Buse variable est un oiseau caractéristique des zones boisées avec lisières. Elle est donc particulièrement abondante dans les bocages et secteurs où alternent petits bois et pâtures où elle niche. Elle y cherche les petits rongeurs qui composent son alimentation. Les secteurs d’agriculture intensive lui sont peu favorables, ce qui explique sa faible abondance dans les grandes plaines.

La nidification (de 1 à 4 œufs) a lieu de mars à juin. Les jeunes restent longtemps sous la dépendance des adultes, avant une période d’erratisme en automne.

Conservation

Parmi les menaces pesant sur l’espèce, vient, en premier lieu, l’agriculture qui conduit souvent à des habitats trop ouverts, avec trop de produits chimiques et trop peu de zones en herbe. Mais la Buse variable est certainement victime aussi de destructions directes illégales. Elle est en effet souvent considérée à tort comme un concurrent potentiel du chasseur. Agriculture plus respectueuse de l’environnement et activités de chasse respectant la protection légale sont certainement les clés d’une bonne santé des populations de Buse variable en Normandie.

Répartition en période de nidification (2005-2012)

Buse variable posée sur un poteau
Buse variable © Michel Ménanteau

Nidification

Haute-NormandieCotentin / BessinNormandie
2 9001 5007 000
Estimation du nombre de couples d’oiseaux nicheurs

L’estimation des effectifs montre que la densité de la Buse variable en Normandie est similaire à la densité moyenne en France (environ 5 % des effectifs).

Carte des densités par zones biogéographiques

On constate que dans la zone échantillonnée, la Buse variable montre ses densités les plus élevées sur le bocage du Cotentin, le Bessin, sur la côte d’Albâtre, le Pays-de-Lyons, ce qui correspond aux milieux qu’elle privilégie. A l’inverse, le plateau du Neubourg, zone agricole sans haies, est très peu recherché par l’espèce.

Comparaison des densités par grandes zones

Haute-NormandieCotentin / BessinNormandie
0,20,40,3 (59ème rang)
Densité (couples / km²)

Au 59ème rang en termes d’abondance (sur 187 espèces d’oiseaux nicheuses en Normandie), la Buse variable est une espèce peu commune en Normandie. Ses densités sont plus élevées dans la partie occidentale de la région.

Fréquence sur les échantillons prospectés

Haute-Normandie en 2017Haute-Normandie en 2019Normandie
828991 (13ème rang)
Fréquences (%)

En termes de fréquence sur les échantillons, on constate que l’espèce est bien plus fréquente que ce qui est noté pour les densités (13ème rang). On note une augmentation de 7 % entre l’enquête 2007 et l’enquête 2019 en Haute-Normandie.

Densité par type d’habitat

BâtiCulturesForêtMosaïquePrairies
0,10,20,20,30,4
Couples / km²

C’est dans l’habitat de prairies et mosaïque que la Buse variable montre ses densités les plus élevées, ce qui est bien conforme avec la littérature. Viennent ensuite les habitats de forêt et cultures où elle trouve les buissons et les milieux ouverts qui lui sont nécessaires. Elle est très peu présente dans les habitats bâtis.

Période internuptiale

La Buse variable est certainement sédentaire dans notre région avec probablement un apport d’hivernants nordiques ou orientaux.

Fréquences sur les échantillons en période internuptiale en Normandie

SeptembreOctobreNovembreDécembreJanvierFévrier
777266777578
Fréquence (%) par mois sur les échantillons prospectés

La fréquence de contact en période internuptiale est relativement stable, ce qui est logique au vu du caractère sédentaire de l’espèce. Notre base de données indique bien des fréquences stables sur la période de septembre à février, comme pour l’enquête sur les échantillons.

SeptembreOctobreNovembreDécembreJanvierFévrier
534847504954
Fréquences par mois d’après les fiches de relevés
Haute-Normandie en 2007Haute-Normandie en 2019
6171
Fréquence sur les échantillons prospectés (%) au cours des enquêtes précédentes

La Buse variable montre une augmentation de fréquence entre les deux enquêtes en Haute-Normandie sur cette période (+ 16 %).

Densités et effectifs en période internuptiale en Normandie

SeptembreOctobreNovembreDécembreJanvierFévrier
Densité (individus / km²)0,40,30,30,30,30,4
Effectifs (nombre d’individus)11 5009 3007 5008 0008 00012 000
Densités et effectifs par mois en Normandie

On peut estimer à une dizaine de milliers d’individus de Buse variable présents en Normandie en hiver.

Suivre le lien pour regarder la carte de l’atlas national de la Buse variable, période de reproduction ou d’hivernage.