Carduelis carduelis
Espèce protégée
Nicheur sédentaire commun (43 000 couples)
Statut en Europe et en France
Nicheur dans toute l’Europe moyenne et méridionale, en Afrique du Nord et en Asie de l’Ouest, le Chardonneret a ses bastions en Italie et surtout en Espagne où se concentre près de la moitié de la population européenne. Il est présent partout en France. Le Chardonneret montre en France un déclin marqué, à l’instar de tous les passereaux granivores.
Statut en Normandie
Le Chardonneret élégant est un nicheur commun, réparti dans toute la région. Pour la Haute-Normandie, Olivier indiquait en 1938 : « (Carduelis carduelis carduelis) Ce sont vraisemblablement les oiseaux de cette race qui viennent chez nous durant l’hiver en bandes, tandis que les oiseaux nicheurs appartiendraient à la race suivante ». « (Carduelis carduelis celtica) Assez régulièrement distribué dans toute la Haute-Normandie, tandis que l’on rencontre plus souvent les autres sur le littoral ».
Des mouvements migratoires sont détectables dès fin août, et jusqu’en novembre, un certain nombre de nicheurs allant en effet passer la mauvaise saison plus au sud, en particulier en Espagne. En hiver, le Chardonneret est beaucoup moins abondant ; nombre d’individus nous quittant en automne (passage marqué en octobre-novembre), alors que des oiseaux nordiques, en nombre moindre cependant, viennent hiverner chez nous. Les retours s’échelonnent de février à avril.
Écologie et habitat
Pour se reproduire, il lui faut simplement des milieux relativement ouverts, comportant des arbres et des buissons ; c’est ainsi un habitant fréquent des jardins. L’espèce est peu territoriale, et plusieurs couples peuvent nicher à proximité les uns des autres. Le nid est construit à la fourche d’une branche et deux, voire trois, nichées sont effectuées annuellement. La période internuptiale est celle où l’on peut voir des bandes (souvent avec d’autres passereaux granivores) explorer les campagnes, les friches et les jardins à la recherche de graines issues de plantes sauvages ou ornementales, particulièrement les chardons et cardères.
Conservation
Le Chardonneret a étendu son aire de reproduction vers la Bretagne et le nord de l’Europe dans le courant du XXe siècle, tandis que diminuaient les captures par les amateurs d’oiseaux en cage, qui avaient entraîné un déclin de l’espèce dans le courant du XIXe siècle. Cependant, depuis le dernier quart du XXe siècle, l’avènement de l’agriculture intensive a été néfaste au Chardonneret, puisqu’il a diminué la ressource en graines de « mauvaises herbes » et en insectes qui sont la base de son alimentation en période de reproduction. Le braconnage, dont les petits passereaux font encore les frais dans le sud de l’Europe, y compris en France, n’est sûrement pas exempt d’effets sur les populations du Chardonneret. Il semble ainsi accuser un déclin récent en France, rejoignant ainsi les autres passereaux granivores qui ont une dynamique de population négative. Comme pour ces autres passereaux granivores, la présence de friches herbeuses dans le paysage agricole est indispensable.
Répartition en période de nidification (2005-2012)


Nidification
| Haute-Normandie | Cotentin / Bessin | Normandie |
| 30 000 | 11 000 | 43 000 |
L’estimation des effectifs indique que la densité en Normandie est similaire à la densité moyenne en France (environ 5 % des effectifs).
Carte des densités par zones biogéographiques

On constate que dans la zone échantillonnée, le Chardonneret montre ses densités les plus élevées sur la côte d’Albâtre, puis sur le plateau du Neubourg et le Bessin. C’est une situation qui n’est pas très différente de celle de la Linotte mélodieuse, une espèce proche en termes d’habitats et d’exigences alimentaires.
Comparaison des densités par grandes zones
| Haute-Normandie | Cotentin / Bessin | Normandie |
| 2,4 | 3,1 | 2,5 (23ème rang) |
Au 23ème rang en termes d’abondance (sur 187 espèces d’oiseaux nicheuses en Normandie), le Chardonneret élégant est une espèce commune en Normandie. Ses densités sont plus élevées dans la partie occidentale de la région.
Fréquence sur les échantillons prospectés
| Haute-Normandie en 2017 | Haute-Normandie en 2019 | Normandie |
| 75 | 75 | 78 (25ème rang) |
En termes de fréquence sur les échantillons, on retrouve la même situation de l’espèce que celle notée pour les densités (25ème rang). On note une stabilité (75 %) entre l’enquête 2007 et l’enquête 2019 en Haute-Normandie.
Densité par type d’habitat
| Bâti | Cultures | Forêt | Mosaïque | Prairies |
| 4,8 | 2,3 | 0,1 | 3,9 | 3,1 |
C’est dans l’habitat bâti que le Chardonneret montre sa densité la plus élevée, ce qui est bien conforme avec la littérature. Viennent ensuite les habitats de prairies et de mosaïque où il trouve les buissons et les milieux ouverts qui lui sont nécessaires. Il est logiquement quasi absent du milieu forestier qu’il occupe marginalement à la faveur des jardins des maisons forestières par exemple.
Période internuptiale
Des mouvements migratoires sont détectables dès fin août, et jusqu’en novembre, un certain nombre de nicheurs allant en effet passer la mauvaise saison plus au sud, en particulier en Espagne. En hiver, le Chardonneret est beaucoup moins abondant ; nombre d’individus nous quittant en automne (passage marqué en octobre-novembre), alors que des oiseaux nordiques, en nombre moindre cependant, viennent hiverner chez nous. Les retours s’échelonnent de février à avril.
Fréquences sur les échantillons en période internuptiale en Normandie
| Septembre | Octobre | Novembre | Décembre | Janvier | Février |
| 41 | 40 | 55 | 44 | 32 | 32 |
Si les fréquences notées sur nos échantillons montrent bien le passage de novembre, on peut penser que la baisse constatée en janvier et février peut correspondre à la tendance qu’ont les granivores de se concentrer en hiver en troupes (souvent d’espèces différentes), ce qui fait baisser la fréquence de contact mécaniquement.
| Septembre | Octobre | Novembre | Décembre | Janvier | Février |
| 44 | 45 | 44 | 37 | 33 | 26 |
Notre base de données indique bien des fréquences plus faibles sur les mois d’hiver (décembre à mars, époque de concentration des oiseaux).
| Haute-Normandie en 2007 | Haute-Normandie en 2019 |
| 33 | 41 |
A la différence de ce qui est constaté en période de reproduction, le Chardonneret montre une différence assez nette de fréquence entre les deux enquêtes en Haute-Normandie (+ 24 %), ce qui peut s’expliquer par des fluctuations interannuelles ou un apport d’oiseaux d’autres régions.
Densités et effectifs en période internuptiale en Normandie
| Septembre | Octobre | Novembre | Décembre | Janvier | Février | |
| Densité (individus / km²) | 3,6 | 1,9 | 2,3 | 2,2 | 1,5 | 2,3 |
| Effectifs (nombre d’individus) | 107 000 | 58 000 | 69 000 | 65 000 | 46 000 | 69 000 |
Comme on pouvait le soupçonner, les densités notées sur les échantillons lors de la période d’étude montrent des différences nettes avec les fréquences ; on peut estimer à plusieurs dizaines de milliers d’individus (entre 45 000 et 70 000) le nombre moyen de chardonnerets présents en Normandie. Septembre ressort assez nettement (passage de migrateurs plus marqué ?).
Suivre le lien pour regarder la carte de l’atlas national du Chardonneret élégant, période de reproduction ou d’hivernage.
