Columba livia
Espèce chassable
Nicheur sédentaire commun (127 000 couples) pour l’ensemble de la population (colonies de falaises et oiseaux urbains)
Statut en Europe et en France
Le Pigeon biset est présent en Europe sous deux formes : une forme sauvage habitant les falaises intérieures ou maritimes et une forme urbaine installée sur les bâtiments. Il est souvent impossible de faire la différence entre la forme sauvage de falaises et la forme urbaine semi-domestique tant les croisements sont fréquents. Des individus des colonies de falaises ont ainsi tous les caractères de la forme semi-domestique. La situation européenne est rendue confuse par la prise en compte différente suivant les pays de la forme semi-domestique dans l’évaluation des effectifs. Historiquement, on peut supposer que tous les oiseaux du nord de l’Europe sont issus de populations introduites par l’homme, la forme sauvage habitant la région méditerranéenne et peut-être les falaises de l’Ouest, de la Bretagne aux Iles Britanniques.
En France, la forme sauvage pure n’existe peut-être qu’à l’intérieur de la Corse et sur des falaises bretonnes dont Belle-Ile (quelques centaines à quelques milliers de couples).
Cette forme dite sauvage est considérée comme En danger dans la liste rouge des oiseaux nicheurs de France (UICN).
Statut en Normandie
On peut supposer qu’il y a bien longtemps que les pigeons bisets normands sont de souche semi-domestique, même ceux habitant les falaises. On trouve ces derniers sur l’ensemble des falaises de la vallée de la Seine, puis sur celles du littoral de la côte d’Albâtre, du Cotentin ou du Bessin. Ces oiseaux de falaises représentent une partie très faible de l’ensemble des effectifs de ce pigeon.
En milieu urbain, les pigeons bisets sont particulièrement abondants dans les ports, particulièrement sur les silos du Port de Rouen. Ils sont répartis sur l’ensemble des agglomérations de la région. L’estimation des effectifs reste aléatoire, tant cette espèce intéresse peu les ornithologues. Pour la Haute-Normandie, Olivier en 1938 notait que le Pigeon biset était « en tout cas une espèce très rare en Haute-Normandie à l’état sauvage, si elle s’y trouve ».
Écologie et habitat
Niche sur les falaises ou les bâtiments urbains ou industriels, les silos. Le Pigeon biset pond ses 2 œufs dans une cavité entre avril et juin, mais souvent sur une période beaucoup plus étalée (plusieurs pontes annuelles) en ville. L’espèce est très sédentaire.
Conservation
Le Pigeon biset peut se montrer envahissant en milieu urbain et être considéré comme nuisible par l’homme. A l’inverse, les colonies littorales ou celles des falaises de la vallée de la Seine semblent en fort déclin. Peut-être ont-elles été affectées par la prédation récente due à la colonisation du littoral par le Faucon pèlerin.
Répartition en période de nidification (2005-2012)


Nidification
| Haute-Normandie | Cotentin / Bessin | Normandie |
| 66 000 | 6 000 | 127 000 |
L’estimation des effectifs reste aléatoire, tant cette espèce intéresse peu les ornithologues. De ce fait, la comparaison de nos oiseaux nicheurs à l’échelle de la France est difficile suivant la prise en compte ou pas des oiseaux semi domestiques.
Carte des densités par zones biogéographiques

Le Pigeon biset est nettement plus abondant dans la partie orientale de la région, avec un bastion dans le Pays-de-Bray et le plateau de Rouen (9-10 couples / km²). On constate une très faible densité de l’espèce sur les falaises crayeuses de la côte d’Albâtre (dû au retour récent du Faucon pèlerin ?), dans les zones de cultures (plaine de Saint-André), en Pays-de-Lyons, vallée de la Seine-amont et sur la presqu’ile du Cotentin (à peine 1 couple / km² en moyenne).
Comparaison des densités par grandes zones
| Haute-Normandie | Cotentin / Bessin | Normandie |
| 5,3 | 1,5 | 4,3 (17ème rang) |
Le Pigeon biset est une espèce commune, au 17ème rang en termes d’abondance (sur 187 espèces d’espèces nicheuses en Normandie). C’est en Haute-Normandie que sa densité est la plus forte.
Fréquence sur les échantillons prospectés
| Haute-Normandie en 2017 | Haute-Normandie en 2019 | Normandie |
| 58 | 50 | 51 (40ème rang) |
On note une baisse notable de la fréquence de l’espèce entre les deux enquêtes de 2007 et 2019 (- 14 %). Faut-il y voir un effet de certaines campagnes dites de « régulation » visant à faire baisser les effectifs en ville ?
Densité par type d’habitat
| Bâti | Cultures | Forêt | Mosaïque | Prairies |
| 12,5 | 5,2 | NA | 6,5 | 1,7 |
C’est dans les milieux bâtis que la densité de ce pigeon est la plus forte, attiré notamment par les silos à céréales des ports (Rouen). Habitats en mosaïque et cultures lui restent favorables où il peut se concentrer près des bâtiments agricoles.
Période internuptiale
Le Pigeon biset est un oiseau sédentaire.
Fréquences sur les échantillons en période internuptiale en Normandie
| Septembre | Octobre | Novembre | Décembre | Janvier | Février |
| 40 | 35 | 37 | 38 | 34 | 33 |
La fréquence de cette espèce est stable au cours de la période internuptiale, ce qui se retrouve dans les relevés de notre base de données comme l’illustre le tableau ci-dessous.
| Septembre | Octobre | Novembre | Décembre | Janvier | Février |
| 34 | 32 | 30 | 31 | 31 | 27 |
| Haute-Normandie en 2007 | Haute-Normandie en 2019 |
| 37 | 34 |
Comme en période nuptiale, on remarque une baisse de la fréquence (- 8 %) sur les zones échantillonnées des enquêtes faites entre 2007 et 2019.
Densités et effectifs en période internuptiale en Normandie
| Septembre | Octobre | Novembre | Décembre | Janvier | Février | |
| Densité (individus / km²) | 10,2 | 8,7 | 10,2 | 9,8 | 7,5 | 8,3 |
| Effectifs (nombre d’individus) | 305 500 | 260 000 | 304 000 | 293 000 | 223 000 | 249 000 |
Comme pour les fréquences, les densités sont assez stables au cours de la mauvaise saison. Des effectifs planchers d’environ 250 000 à 300 000 oiseaux occupent la région en hiver.
Suivre le lien pour regarder la carte de l’atlas national du Pigeon biset, période de reproduction ou d’hivernage.
